Depuis le début de cette « fin du monde », jour après jour, je perdais un peu plus de mon humanité. J'avais honte... mais je ne pouvais pas faire autrement... peut-être était-ce là une façon de me protéger.
Un texte d'une très grande noirceur qui donne à penser que seul les nantis préparés et survivalistes échapperont à cet ensauvagement total qui s'est emparé du monde.
Un effondrement économique va provoquer le chaos en Europe (l'auteur nous laissera gamberger sur les suites, à chacun ses hypothèses).
Jean est médecin au Portland hospital. Seul survivant du massacre qui s'y est produit il devra faire de nombreux choix.
Bien entendu Jean n'a rien d'un héros c'est un homme intelligent. Pris de panique face au chaos ambiant il tuera par pur réflexe de survie.
Quand on a prêté le serment d'Hippocrate et jurer de préserver la vie à tout prix. Se parjurer est un sacré dilemme !
Parfois je songe encore à ces mots - « Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. » - et je me dis quelles foutaises.
D'autres fois, j'ai honte de mon incapacité à tenir ce serment contraint par un monde où tout s'achète et se vend.
Partir de Londres traverser la Manche et rejoindre une maison toute équipée par un grand-père survivaliste au milieu de la France profonde est un sacré challenge. Et la maison lui réservera quelques surprises.
En chemin, il aidera quelques personnes mais la méfiance est la clé de la survie et la solution du repli sur soi, loin des autres, semble être la seule solution viable.
J'ai beaucoup aimé ce récit parce que Alex Speri est un de ces auteurs que je suis avec le plus grand des plaisirs. Le style, l'humour, beaucoup de connaissances sur les thèmes traités rendent ces récits passionnants.
Malgré l'horreur, une note d'espoir finale illumine ce roman...
Et encore un coup de cœur !
Merci à Alex Speri pour ce SP via Simplementpro.
Certes, je faisais partie de ces bourgeois, mais mon grand-père avait su m'inculquer le respect des « petites gens » comme on les appelait de son temps. Le respect... voilà ce qui avait disparu... voilà ce qui allait signer la fin de ces profiteurs qui commençaient déjà à se bouffer les uns, les autres, tels une horde de loups affamés.
De l'auteur, je vous conseille par ordre chronologique parce que tout est excellent :
Là où tout commença
Là où tout finira
Frumentarius, tome 1 : Espion au service de Rome
Rubis
Frumentarius, tome 2 : Le trésor d'Arganthonios
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