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litterature francaise

2026-05-05T19:04:08+02:00

La Terre des Ombres, tome 1 : Cycle des Tempêtes

Publié par Althéa

— Mon enfant, les peuplades du Nord m’ont surnommée la Semeuse de Rêves. Dans notre famille, les femmes naissent avec des dons. Pour certaines, comme moi, c’est la télépathie. J’ai pu communiquer avec toi durant tes songes. Je ne pouvais révéler mon existence sans te mettre en danger. Mais toi… tu possèdes tous les dons.

Trois hommes surgissent de derrière les fourrés alors que ses compagnons brandissent leurs armes, mais le batelier et le chef de bande s’immobilisent, déconcertés par la vision des inconnus : leur peau brille dans la pénombre, pareille à un feu intérieur. La Semeuse réagit en premier ; elle caresse la tête de Shania qui gronde, puis s’avance sans crainte vers les étrangers :
— Bienvenue aux Veilleurs ! C’est un honneur de rencontrer les hôtes de la nuit.

Trois romans, trois genres différents et toujours le même plaisir de lecture. Cette fois-ci, Brice Milan nous entraîne dans un univers de fantasy.

Erina  pressent des menaces ou un danger concernant son frère, le roi Éric, ce dernier trahi par un de ses proches est fait prisonnier mais il est trop tard et cette dernière doit échapper à l’ennemi. Face à l’adversité, tout deux feront preuve d’une grande force de caractère et se feront de nombreux alliés fidèles.

Une histoire où les personnages, sont pléthore, se rencontrent, se perdent et parfois se retrouvent, ce qui donne une impression de lenteur au récit un peu long à certains moments, mais maintient le suspense et apporte de belles surprises car certains sont attachants.

Une histoire où les éléments, la magie, les rebondissements, les complots, les trahisons, l’ambition font bouger le monde.

Brice Milan est un auteur qui ne ménage pas ses effets et tout en nous amenant à une fin prévisible, je l’avais vu venir… mais attention une chute peut en cacher une autre !

Merci à Brice Milan pour ce SP via Simplementpro.

Presque aussitôt, des grondements sourds, suivis de craquements sinistres font écho à l’onde de choc. Le duc Dambre comprend enfin : dans un geste désespéré, les défenseurs ont volontairement déclenché des avalanches. De sa position privilégiée, l’impitoyable conquérant assiste, impuissant, à la débandade de ses troupes face aux coulées dévastatrices de neige. Dans un chaos indescriptible, ses hommes aguerris fuient, affolés par la terreur de l’ensevelissement. D’énormes plaques se détachent, écrasent tout sur leur passage et entraînent matériel et soldats postés sur les hauteurs. Refluant dans un désordre indescriptible, l’armée d’invasion tente de s’arracher au piège montagneux dans une retraite éperdue.

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2026-04-01T10:10:01+02:00

De le dignité des pauvres et des devoirs des riches

Publié par Althéa

Vous raconterai-je ici tous les maux que ce maudit désir des richesses a apportés au genre humain ? les fraudes, les voleries, les usures, les injustices, les oppressions, les inimitiés, les parjures, les perfidies, c'est le désir des richesses qui les a ordinairement amenés sur la terre. Aussi l'Apôtre a-t-il raison de dire, que « le désir des richesses est la racine de tous les maux :» Radix omnium malorum est cupiditas.

Les mauvais riches sont des « pauvres intérieurs (...) toujours avides, toujours affamés dans la profusion et dans l'excès même ». Dans leur âme et dans celle de leurs imitateurs, « où la raison a perdu l'empire, où les lois n'ont plus de vigueur, l'ambition, l'avarice, la délicatesse, toutes les passions, troupe mutine et emportée, font repartir de toutes parts un cri séditieux, où l'on n'entend que ces mots : "Apporte, apporte"». Toute sa vie, l'homme cupide a dit en son cœur : «Je suis : il n'y a que moi ; toute cette multitude, ce des têtes de nul prix, et, comme on parle, des gens de néant.«À l'approche de la mort, il sera seul et sans secours face à son propre néant.

Attention petit bijou, madeleine de Proust.

Jacques Bégnine Bossuet met beaucoup  de malice dans ses sermons. Il interpelle :

Ô pauvres ! que vous êtes riches ! mais ô riches ! que vous êtes pauvres !

Il intrigue, il inquiète :

Voici, messieurs, un grand spectacle : venez considérer les saints anges dans la chambre d’un mauvais riche mourant.

Bien sûr, ce texte date d’une époque, le dix-septième siècle, où l’homme croyait en Dieu et en la justice divine mais où, déjà, certains cherchaient à s’en émanciper.

Bossuet a écrit de nombreux sermons et prêchait à la cour. C’était la conscience des grands, il les ramenait sur terre leur montrant la vacuité de la richesse utilisée à mauvais escient au fil de ses deux sermons et de son panégyrique sur Saint François d’Assise.

Il se sert de textes de Tertullien, d’arguments tirés de la bible pour que les riches aident les pauvres.

Il (Dieu) a voulu que vous eussiez l’honneur de faire vivre vos semblables.

Eloquence, effet de manche, argumentation, ses sermons ont tout de plaidoyers. C’est du grand art. Le texte est très agréable à lire mais je n’en attendais pas moins après avoir lu « Les oraisons funèbres » qui remet les hommes même les plus grands à leur juste place.

Avant le texte, une préface d’une soixantaine de pages, d’Alain Supiot de connaître les différentes théories sur la pauvreté à travers les âges.

 Las, les siècles ont passé, ce qui est dit sur les pauvres et les riches est toujours d’actualité même si la loi divine et la mort sont de plus en plus rejetées de nos jours, à de rares exceptions.

Un texte à lire absolument, tant pour le fond que pour la forme.



 

L'orgueil, comme vous savez, chrétiens, a cela de propre, qu'il prend son accroissement de lui-même, si petits que puissent être ses commencements, parce qu'il enchérit toujours sur ces premières complaisances par ses flatteuses réflexions.

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2026-03-30T11:35:33+02:00

L'Odyssée du Veneur : Le Chant de l'Eveil

Publié par Althéa

Quand les ingénieurs de la flotte et l'amirauté découvrirent ce changement majeur à la structure technologique de l'armature, ils restèrent circonspects. La présence du dragon, alimentant le vaisseau avec son énergie onirique, était bien au-delà de tout ce qu’ils n’avaient jamais rencontré. Plutôt que de mettre le navire en cale sèche, et constatant qu'aucun des experts dépêchés pour résoudre l'énigme qui permettrait de transformer cette situation grotesque en une arme secrète exploitable pour l'ensemble de la flotte, l'amirauté décida d'une solution radicale.

François Vanhille introduit une nouvelle approche de la locomotion et une alternative à la guerre.

Fan de science-fiction, de Star Trek (une de mes séries culte) ou juste curieux voici une façon originale de résoudre de nombreux problèmes  grâce à un dragon endormi. La rêveuse impénitente que je suis à beaucoup aimé cet usage de l’énergie onirique dégagée.

Face aux Scarsses, la situation est compliquée mais ce n’est pas pour décourager un équipage plein d’astuces et de créativité.

C’est une bien jolie façon d’inciter un peuple opprimé à prendre en main sa destinée et de lui adjoindre un personnage hors du commun : rien moins que Don Quichotte.

Le texte est court et rythmé, chaque chapitre commence avec une carte du tarot qui ne manquent pas d’importance. Un bon space opéra, des personnages bien campés, on en redemande. Faites-vous plaisir.

Merci pour ce SP via Simplementpro.

Nous étions capables de littéralement voir où naissaient les inspirations artistiques et scientifiques, simultanément à plusieurs endroits du globe terrestre. C'est fascinant ! Un individu saisi d'une soudaine inspiration pour une invention technologique ou une œuvre susceptible de toucher l'âme de tout un pays a souvent cette inspiration au même moment qu'un ou plusieurs autres, à différents lieux de la planète. C'est ainsi que nous est venue l'idée que plutôt qu'agir et intervenir physiquement, il nous était possible d'inspirer les bons choix à cette civilisation, de manière à ce qu'elle s'extirpe des manigances des Scarsses."

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2026-03-14T10:20:01+01:00

Partir, c'est mourir un peu

Publié par Althéa

Il n'y a que deux genres de souverains, dit-on, qui s'exposent aux révolutions et aux coups d'État : les trop gentils et les trop cruels. Il se trouve toujours des mauvais pour renverser les premiers, et des oppressés pour renverser les seconds. L'indulgence et le pardon, voilà les deux vertus qui causèrent d'abord la perte de Nicolas II.

Elle désirait que les enfants apprissent eux-mêmes à se modérer, à comprendre la limite à ne pas franchir et le meilleur moyen pour cela était encore de ne rien leur proscrire formellement. Cela me surprit tout de même la première fois que j'entendis les grandes duchesses jouer au tennis dans leur salle de classe et faire de la bicyclette dans les couloirs du palais et je compris mieux pourquoi il n'y avait ni antiquités ni objets inestimables dans les appartements de la famille impériale !

Ils n'ont pas été jugés, ils n'ont pas été éxécutés, ils ont été livrés à des monstres sanguinaires !

C'est une histoire bouleversante et émouvante car je me suis facilement retrouvée à la place d'Igor Kleinenberg, le narrateur.

De 1910 à 1918, il enseignera l'allemand aux archiduchesses : Olga, Tatiana, Maria et Anastasia. Ce poste lui permettra de partager l'intimité de la famille impériale russe et de ses proches.

Nous découvrons des anecdotes très amusantes, les suivons dans les déplacements officiels, les œuvres de charité et réalisons les problèmes qui assaillent Nicolas II quant à gouverner cet immense pays.

Ce sont des personnes profondément humaines, trop  humaines pour le siècle à venir et son changement de mentalité.

L'impératrice Alexandre est au prises avec la germanophobie ambiante, on lui reproche son amitié pour Raspoutine, en fait elle est bien plus lucide et pragmatique que le tsar ce qui lui vaut  quelques inimitiés. 

Le tsar se débat avec les étudiants, l'intelligentsia, les bourgeois, sa famille, tous veulent le pouvoir. Satisfaire l'un c'est se faire un ennemi de l'autre. La presse fera courir des rumeurs, des ragots, des témoignages fallacieux mais le peuple leur reste fidèle.

À l'arrivée de la guerre, la famille se sépare. Nicolas et le tsétsarévitch, Alexeï s'occupent de l'armée. L'impératrice et ses filles soigneront les blessés, tous se dévoueront pour leur pays et son peuple jusqu'à l'abdication du tsar et leur emprisonnement.

Une œuvre aussi dense (1047 pages) que la Russie est immense. Alexandre Page nous livre une fresque historique touchante sur la Sainte Russie à l'heure de la Grande Guerre et de la révolution. Un auteur doté d'une jolie plume et de beaucoup d'empathie.

Beaucoup de photographies des protagonistes nous permettent de leur donner un visage.

Un livre à lire pour en savoir plus et se forger une opinion.

" Lorsque les mensonges auront été dissipés, que les impostures auront été démasquées, que le chagrin aura passé, l'humanité se souviendra".

Un grand merci à Alexandre Page pour cette lecture inoubliable des années plus tard.

 

Nicolas II a toujours cru qu'il suffisait d'aimer les autres pour l'être en retour ; d'être bienveillant pour recevoir cette bienveillance. Il avait peut-être le défaut le plus rédhibitoire pour un dirigeant : la naïveté. Le tsar n'envisageait jamais le triomphe du mal, ne croyait pas au mal incurable et il imaginait qu'à la fin du combat, le bien grandissant un peu plus de sa victoire entraînait inexorablement l'humanité vers des lendemains meilleurs que la veille.

Comme l'écrivit un jour très justement un historien russe, tout ce qui comptait pour ces individus était de prouver au peuple qu'il ne possédait qu'un quart du cheval, plutôt que de l'aider à devenir propriétaire du cheval entier. La difficile condition des petites gens servait de propagande et ils la nourrirent même, entretenant sciemment leur misère pour accélérer la chute de l'Empire et leur permettre de récupérer le pouvoir tombé des mains impériales. Tous ces comploteurs ignoraient bien sûr que leur révolution d'intellectuels ouvrirait la porte à une révolution populaire qui les balayerait à leur tour, puisqu'aucun d'entre eux n'avait réalisé qu'ils n'existaient que par la seule présence de l'Empereur sur le trône.

Le rondel de l'adieu

Partir, c'est mourir un peu,
C'est mourir à ce qu'on aime
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.

C'est toujours le deuil d'un vœu,
Le dernier vers d'un poème ;
Partir, c'est mourir un peu,
C'est mourir à ceux qu'on aime.

Et l'on part, et c'est un jeu,
Et jusqu'à l'adieu suprême
C'est son âme que l'on sème,
Que l'on sème à chaque adieu :
Partir, c'est mourir un peu.

Edmond Haraucourt.

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2026-03-04T21:07:06+01:00

Un violent désir de chaleur humaine

Publié par Althéa

Ce que l'on sait aussi, c'est que les deux tiers des messages haineux qui circulent sur les réseaux sociaux sont postés en dehors des heures de travail, entre dix-huit heures et neuf heures du matin. Avec des pics identifiés entre vingt-trois heures et sept heures. La violence pour tromper l'ennui. La haine comme hobby.

Chaque pouce, chaque cœur dit que je suis intéressante.
Je trouve d'autres gens pour être d'accord avec moi.
Ils likent.
Je me sens validée.
J'en veux toujours plus.
J'aime être intéressante.

« La meute est un être collectif qui permet à chaque membre de se sentir individuellement irresponsable de ses actes. »

C’est un état des lieux de nos chers réseaux sociaux  dressé en courts chapitres, au style fluide et ironique dont le contenu manque de profondeur. À vous de juger.

Voir le nombre de vies dépendant de ce business m’a sidérée.

L’ utilisateur :

« Tu vas mourir »

« Je vais te violer » et autres banalités…

Le modérateur :

« Il deviendra sujet à l’anxiété, à l’insomnie, à l’épuisement, aux attaques de panique, aux troubles alimentaires, à l’addiction, à la dépression. »

Les influenceurs :

« Les réseaux sociaux n’ont fait qu’agrandir ma faille, mon besoin insatiable de reconnaissance… »

 Ceux qui nous fournissent ce Graal :

Le coltan matériau utile à la fabrication de notre jouet préféré « alimente trafics, rackets, conflits armés, prolifération de milices, travail des enfants, esclavage, déplacement de population, massacres, viols systématiques des femmes et des enfants. »

Jeu des apparences, haine et culpabilité car en fin de texte il est dit que nous cherchons ce qui nous arrive.

« Mais qu’as-tu fait ? »

Et là je ne suis pas du tout d’accord. Si la haine est le fait de quelques personnes j’ai bien l’impression qu’elles se regroupent sur ces dits réseaux pour se conforter sur leur « normalité ». Me vient en tête, un certain dicton : « Qui se ressemble, s’assemble ».

Et puis avec cynisme, ironie, humour, Tanya de Montaigne ajoute et là, je m’insurge :

« De tout temps, quand le monde vacille, ça n’est pas vers l’amour, la paix, la gentillesse, la justice, la démocratie que regardons. Non, d’ailleurs toutes ces valeurs nous les plaçons naturellement du côté de l’utopie, du vœu pieux, de l’aspiration sympathique et un peu niaise ».  Et c’est bien pour ça que certains ne perdent pas leur temps sur les réseaux sociaux.

Pour finir l’auteure qui ne manque définitivement pas d’humour, nous propose sa solution qui vaut ce qu’elle vaut :

« Alors il est temps de solder ces fantasmes d’exceptionnel, de spectaculaire, d’en finir avec la tyrannie de la merveille, d’assumer d’être résolument

Ordinaire,

profondément banal,… » encore un jeu des apparences du moins je l’espère !

Ce livre est tout à la fois un avertissement à fuir les réseaux sociaux et une histoire de ces dits réseaux dont j’ignorais presque tout.

Personnellement il me faut admirer une culture, un savoir, un style, des valeurs  pour que je like. Et vous ?

Merci aux éditions Grasset

#Unviolentdésirdechaleurhumaine # NetGalleyFrance

Toujours préférer « Je sais tout » à « Je ne sais pas ». L'essentiel est de prononcer vite, le plus vite possible pour ne pas rester à la traîne de la calvacade numérique, pour ne pas perdre sa place.

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