Jouer était un art et comédienne, une vocation. Quand on montait sur scène, on glissait ses pas dans ceux d’Edwige Feuillère ou de Sarah Bernhardt, pour mériter cette place, il fallait à tout le moins mourir sur scène. Autant dire que les blagues salaces de Shaynna et les mimiques grotesques de Marguerite n’avaient pas reçu le succès escompté.
– Mesdemoiselles, les avait sermonnées la directrice, si vous voulez rire ou faire rire, allez sur les boulevards jouer Mon cul sur la commode, mais laissez les vrais âââârtistes travailler.
Euphorique, elle avait accepté une première invitation de ses collègues égyptologues pour modéliser le sous-sol de la Vallée des Rois : trente-trois cavités inconnues étaient apparues sur l’écran. Les types étaient devenus hystériques, des diabétiques lâchés dans un magasin de bonbon. Les perspectives offertes par cette invention étaient sidérantes.
/image%2F7035123%2F20260602%2Fob_84702a_31acej74-gl-sx195.jpg)
Mon deuxième recueil de nouvelles d’Axel Sénéquier, après « Le bruit du rêve contre la vitre », j’ai lu « Le reflet du soleil dans un morceau d’enfance ».
Ma préférée est : La forêt des suicidés qui mêle une bonne dose d’humour noir et un suspense soutenu. Un petit bijou.
Mais il y a des nouvelles sur des situations bien plus délicates avec Carnet de grossesse quand l’enfance brisée, détruite bien trop tôt remonte soudainement à la surface ou Le Prince de Guilvinec quand l’innocence et la candeur d’un enfant vous laisse entrevoir le pire par une envie de faire plaisir. J’étais tellement stupéfaite que j’ai du relire la ligne. Toute l’horreur traitée avec sobriété, presque banale et par conséquent très dérangeante.
Dans Capacités divinatoires, nous assistons à une joute verbale entre une serveuse qui tient le premier rôle et son client, et d’un coup les rôles s’inversent. Elle est redevenue cette jeune fille qui rêvait d’être actrice.
Arbitrage vidéo, la non-communication et l’incompréhension entre père et fils, c’est touchant !
Je me suis bien amusée avec Conservation du littoral, assez inattendu là aussi.
Un recueil qui laisse place à la fragilité de l’adulte, lorsqu’un morceau d’enfance l’assaille et que diverses émotions prennent le dessus.
De très bonnes nouvelles, écrites avec soin qui mettent en scène des personnages et des situations actuelles. De la poésie, de belles expressions.
Un recueil à lire absolument !
La mélancolie est un répulsif naturel puissant.
Face à l’apocalypse culturelle, alors que le monde s’ensevelissait sous des monceaux de bêtises et de renoncements, seule, juchée sur une montagne d’écrivains, de philosophes et de poétesses, Aliénor brandissait les livres comme les tables des commandements et prétendait repousser la vague d’imbécilité crasse qui déferlait sur ce siècle.
/image%2F7035123%2F20240725%2Fob_2e021f_images.jpg)
/image%2F7035123%2F20250828%2Fob_1ff1e7_cvt-le-bruit-du-reve-contre-la-vitre-1.jpg)