La chaleur avait été effroyable : à 500 mètres les visages étaient si abîmés qu’on ne pouvait les reconnaître. A un kilomètre, les brûlures atomiques avaient lacéré la peau qui pendait en lambeaux, la colorant en brun-rouge. La première impression n’avait pas été semble-t-il, celle de chaleur, mais la douleur intense suivie d’un froid extrême. La peau soulevée était fragile et s’enlevait facilement. La plupart des victimes mouraient rapidement.
À une distance de un à trois kilomètres, on ne sentait pas tous la chaleur dès l’abord ; la sensation d’extrême chaleur et de douleur ne venait que plus tard, quand après une heure ou plus tard, quand après une heure ou plus, la peau rougissait et se couvrait d’ampoules. Mais les effets ultérieurs de ces brûlures restaient au moment même impossible à prévoir.
Les fragments de bombe variaient en volume : d’une bille à une tête d’enfant. Ils répandaient une lumière d’un blanc verdâtre et tombaient en sifflant, causant des blessures extrêmement sérieuses.
Quant aux cas d’écrasement sous les ruines, de blessures par des débris, de mort par le feu, ils ressemblaient aux cas similaires des raids habituels.
Les radiations produisaient outre une faiblesse générale, la diminution des sécrétions, salivaire, urinaire, etc…
Dans l’abri étroit, morts et blessés étaient étendus côte à côte. Les survivants ne pouvaient faire un mouvement. Quand un patient cessait de gémir, c’est qu’il avait trépassé…
Parce que certains évènements ne doivent pas être oubliés.
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Notes de Hiroshima Kenzaburo Oé
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