À en croire Zuaneto, elle posséderait un talent inné, fort étrange chez une tête vide de cette espèce, puisqu'il est bien connu que les esclaves n'ont pas d'âme : elle est capable d'exécut er de splendides dessins d'ornement, des plantes, des fleurs, des animaux fantastiques, des nœuds et autre entrelacs en tout genre. Elle pourrait dessiner les modèles sur lesquels fabriquer des tissus inédits à Venise, ce qui serait une bonne chose maintenant que les dames se sont lassées des motifs syriens et des arabesques.
Je ne veux pas la perdre.
Le cheval apparaît et disparaît parmi les bouleaux.
Je ne peux la suivre que du regard.
Mes yeux sont des mains, des mains tendues, s'efforçant d'attraper ce qui s'enfuit à jamais.
La vie, un éclair de lumière, une trouble intermittence de souvenirs et d'images, ce rien que nous avons vécu ensemble.
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Après la Joconde et son sourire énigmatique, Léonard de Vinci nous offre une autre énigme : la vie de sa mère.
De princesse circassienne, Caterina deviendra esclave.
Un fabuleux roman historique, un grand voyage de la Circassie jusqu’à l’Italie.
Considérée comme un bien, invisible, elle sera protégée par certains.
Un homme tuera pour la sauver, un autre l’affranchira.
La partie historique est dense, certains passages sont longs, mais petit-à-petit, Caterine devient omniprésente et l’on a envie de savoir ce qu’il adviendra d’elle.
Carlo Vecce a découvert Caterina dans des actes notariés et nous offre une œuvre romancée de qualité. Une vision de la société italienne et de l’esclavage au quinzième siècle très détaillée.
Laissez-vous séduire par la mère de Leonard de Vinci.
« Elle est simple, pure, solaire. Son âme est libre comme le vent. »
Merci aux éditions du Seuil et à Babelio pour cette masse critique privilégiée.
Surtout, disait maître Zorzi, le monde des nombres nous rapproche de Dieu, qui a créé l'univers pondere et mensura. Mieux, la Création entière est une sorte de livre, rédigé au moyen de termes mathématiques, que nous avons pour devoir de déchiffrer pour le lire et le comprendre. Les nombres sont le langage de Dieu, ainsi que du bon et honnête gain. Mais si l'on n'y prend pas garde, ils se changent en langage du diable, parce qu'ils constituent le langage de l'argent acquis par la tromperie, la méchanceté, l'usure, la fraude, la cupidité ; alors ils nous conduisent tout droit dans les flammes de l'enfer.
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