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gilles la carbona

2024-12-10T10:57:57+01:00

L'ami perdu

Publié par Althéa

Renoncer à croire qu'il existe mieux ailleurs, se concentrer à changer les éclats de rouille qui piquent nos âmes, en étoile d'or.

Que sont mes rêves, ma jeunesse et ma vie devenus ?
le mistral je crois les a emportés.
Pour Maxime et Henri, l'heure est venue. Après les douces années de l'enfance et de l'adolescence à attendre de vivre, la vie les a finalement emportés et déposés trop vite aux portes de la retraite et de la vieillesse.

Et ce sont les deux amis, ainsi que leur couple qui vont se remettre en question. L'un d'eux est fondé sur des non-dits et l'autre sur le mensonge et la tromperie. Que vont-ils faire ? Doivent-ils tout changer ?

Au cours du roman, ils vont chercher des solutions et tenter de nouvelles expériences. L'un d'eux s'en sortira moins bien et Gilles La Carbona aura ces belles phrases, p. 232 : Son âme flottait, nous traversait de son impertinence, l'absence affichée se délectait de l'impuissance qu'elle créait en nous. J'eus l'impression qu'à un certain moment, il s'amusait de cette situation.
Avec L'ami perdu, Gilles La Carbona nous emmène dans son Midi, bien aimé dont il nous fait découvrir la nature et la beauté. C'est un auteur qui fait preuve d'un grand don d'observation de la nature humaine. de temps à autres ses chapitres sont agrémentés de réflexions bien senties sur notre société et ses travers. Les dernières pages sont magnifiques et pleines de phrases à méditer.
Heureux ceux qui ne se posent pas de question,
Ceux qui prennent la vie comme elle vient
En acceptant ce qu'elle leur offre
Sans rechercher la fortune et la gloire
Car ils y trouvent peut-être le secret du bonheur.

L'ennui est une forme de peur, un rejet de la réalité et une incapacité à communiquer avec soi-même.

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2024-12-08T10:46:55+01:00

Le lys et la cocarde

Publié par Althéa

Cyprien reprit ses esprits.
_ Merci, cette fois c'est vous qui m'avez sauvé la vie.
_ Nous sommes quittes alors.
_ Soit. Mais vous m'avez encore giflé.
_ Désolé, mais il n'y a finalement que ça que vous compreniez !

Un livre en deux parties qui s'adresse à tous les amateurs de romans de cape et d'épée. Une grande aventure vous attend.

Après une enfance, dans le sud de la France, Cyprien, notre héros part pour Montpellier afin de poursuivre ses études, il est féru de mathématiques. De ses parents, le père est médecin, intéressé par les idées des lumières et sa maman très croyante, il a appris la tolérance, la compréhension et une vision de la société. Pour l'instant, dans la campagne provençale, la Révolution semble plus porter à discussion qu'autre chose, malheureusement, il n'en va pas de même dans les villes où choisir son camp est presque une obligation.
Si les premiers mois de Cyprien à Montpellier lui font faire de belles rencontres : Aubin, ancien mousquetaire et maître d'arme, qui l'initiera à l'escrime, Clara et Edmonde, deux femmes mariées, qui l'initieront au libertinage. La Révolution suit son cours et déjà les suspicions, les alliances, les délations font leur chemin et Cyprien se voit contraint de partir, son ami Aubin l'accompagne. Les hasards des routes lui permettront de rencontrer Roxane de Montabert et son frère Léandre.
La Révolution, les idées des Lumières, du libertinage mais point trop, une histoire d'amour, de l'humour, tout y est. L'auteur est un homme orchestre qui joue une très belle partition. Un agréable roman de cape et d'épée qui n'est pas sans me rappeler certains romans d'Alexandre Dumas.
Gilles La Carbona évolue, sa plume se bonifie. Je l'ai senti très à l'aise dans cette époque ce qui rend cette lecture très agréable.
le premier tome de "Le lys et la cocarde" s'achève sur un coup de théâtre magistral qui exige la lecture de la suite.
Je ne peut que remercier Gilles La Carbona pour ce magnifique SP.

Cette fois, je n'avais plus d'alternative, j'appelai au secours.
_ À l'aide ! À l'assassin !
Les deux truands accélèrent le pas. À ce moment-là la fenêtre de l'aubergiste s'ouvrit. On l'entendit hurler.
_ Arrière "éscaneurs" de poules ! Attrape petit !
Il me lança une épée. Je parvins à la saisir en plein vol. Cet exploit me redonna du courage, même si je pensais au fond de moi, que c'était là, la seule prouesse digne de ce nom qu'il m'était possible d'exécuter en de pareilles circonstances.

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2024-12-06T10:57:31+01:00

Mathilde

Publié par Althéa

Dans la fissure ouverte entre notre entendement et nos théories, il n'y a place que pour le doute, l'incrédulité.
Un corps que l'on serre, que l'on aime, voilà la vérité, voilà notre référence. Une âme qui s'envole pour vivre dans un éther insoupçonné, voilà le défi à surmonter.

Mathilde et Hortense.
Deux beaux portraits de femmes.
Elles sont fortes, combattives.
L'une va choisir sa vie et l'autre sa mort.
A travers ses confidences sur la guerre, la résistance, ses idées sur la vie, Hortense a transmis des valeurs à sa petite-fille Mathilde. Cette dernière va les suivre face à la maladie et à la mort. Elle va aussi devoir convaicre Renaud, son marri, depuis quinze ans d'accepter l'innimaginable et de la laisser partir dignement.
Après son départ, nous découvrons Renaud qui tout en étant là pour savait se tenir à l'écart pour la laisser vivre sa mort. Mathilde partie, il se laisse aller à son désespoir :"C'était donc ça la douleur des vivants. Cette griffure au fond du ventre, cette torsion permanente comme si l'on avait soudain essoré l'âme de tous sentiments, de toutes les douceurs." Il lui a fait le cadeau de la liberté de choisir sa mort par amour. Mais maintenant que faire ? Comment réapprendre à vivre à aimer ? Nous allons suivre son cheminement pour se reconstruire.
Gilles La Carbona nous livre une histoire magnifique, avec une grande justesse de ton, de la sensualité mais aussi beaucoup de pudeur pour un roman qui nous concerne tous par ses thèmes et les questions qu'il pose. Devons-nous voir l'autre souffrir jusqu'à en souhaiter la mort où l'aimons-nous assez pour le laisser partir dans la dignité quoiqu'il nous en coûte ?
Encore un grand merci à Gilles La Carbona qui a eut la gentillesse de m'offrir son roman, un auteur que j'apprécie pour son style et ses réflexions, et qui en plus parle avec talent du midi, région chère à mon coeur.

Hortense posait sur les êtres et les choses un regard doux et bon, toujours prête à extirper de chaque personne le meilleur qui sommeillait en elle.

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2024-10-22T09:08:28+02:00

Racines siciliennes

Publié par Althéa

Les temples se dressent défiant le temps et les mémoires éphémères. Ils sont mangés par les mauves et les séneçons cinéraires. Le vent caresse les monuments et apporte au voyageur ou au contemplatif, les impressions mélancoliques d’un illustre passé, construit dans le sang et la douleur pour l’unique gloire de quelques personnages, mortels parmi les mortels, se confondant avec la grandeur des dieux. C’est sans doute ce curieux mélange qui dégage cette sérénité particulière. Quand le temps dort depuis si longtemps au même endroit sans jamais être dérangé, l’éternité s’y installe un peu, enfin visible, palpable.

Comme dans tous les pays méditerranéens, l'enfant est un roi qui possède tous les droits, tous les égards. Il est source de jouvence, lien puissant entre les générations, passerelle nécessaire à la transmission du savoir et des traditions. Il incarne la vie. C'est une force nouvelle, insolente, qui pousse à l'optimisme le plus insensé, le plus insane, face aux pires situations.

« Mieux vaut vivre libre en Afrique, qu’enchaîné en Italie. Cette terre n’apporte plus rien, il n’y a plus d’avenir, il n’y en a jamais eu. Tu ne perds rien en partant. Dis-toi que c’est une chance. Si tu n’avais pas été obligé de fuir à cause de ton évasion, tu aurais probablement quitté la Sicile quand même. »

 Gilles La Carbona s’est attelé à un roman qui retrace la vie de ses ancêtres. Tout commence avec Pietro né en Sicile, un homme d’honneur qui contraint par une grande injustice se verra dans l’obligation de  fuir la Sicile. Il partira en Afrique du Nord laissant derrière lui sa vie, sa famille, son pays pour une terre inconnue.

Ainsi commence cette histoire vécue par de nombreuses personnes, ma famille incluse, certains pauvres car ils l’étaient cherchaient un endroit où travailler et nourrir leur famille et partaient pour l’inconnu dans l’espoir.

Bien entendu, c’est une fiction où à nouveau l’auteur excelle dans les descriptions et la réalité historique.

Pietro, de Tunisie partira en Algérie puis au Maroc où ils s’établiront, auront leur famille, leurs amis, un pays pour lequel ils combattront pendant la première guerre mondiale.

C’est aussi une histoire d’exil et de déracinement car un beau jour toute la famille devra partir pour la France et perdra à tout jamais ses racines. Pietro le sicilien sera enterré au Maroc.

C’est une très belle restitution de cette période, il y est même question d’un certain Marcel boxeur de son état.

« Voilà le terrible moment, le jour du départ. C’est un déchirement pour lui, une blessure qui ne cicatrisera jamais. Il est chassé de l’a vu naître. Il ne pardonnera jamais à personne. Pourtant il faudra vivre dans l’exil permanent. » Quelle justesse de ton avec le départ pour l’inconnu car beaucoup ne connaissaient pas la France.

Août arrive vite. Les moissons finissent d'être rentrées. Une autre récolte s'annonce. Sanglante, inutile, inoubliable. Les États européens entrent en guerre. Ils ont besoin de toutes leurs ressources humaines. L'Afrique du Nord va fournir à la France et à l'Italie son contingent de soldats. Certains crurent que le fait de verser son sang pour elle, suffirait à obtenir une reconnaissance éternelle. Quelle désillusion. La France broiera des vies et des familles entières, en considérant que ce massacre n'était qu'un dû normal envers elle.

Nicolas aime déambuler dans ce Casablanca qui a su conserver ses coins authentiques. Il aime flâner dans Le Mellah. Ancien souvenir des esclaves juifs employés comme paludiers par le Sultan. C'est là qu'on trouve les meilleurs artisans joailliers capables de ciseler à la main et devant le client de larges bracelets en or. Il pourrait passer des heures à les regarder travailler. Le geste est précis, La vitesse d'exécution impressionnante. Ce sont des artistes. Il aime le travail manuel, voir sortir de leurs mains incultes ces bijoux est un miracle dont il ne se lasse pas.

Les couvertures de Une cuillerée de miel et Racines siciliennes ont été crées par sa fille Pauline.

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2024-10-03T15:18:27+02:00

Une cuillerée de miel

Publié par Althéa

Si vous vous sentez une envie d'escapade dans le Lubéron, ce roman est pour vous. Gilles La Carbona excelle dans les descritions du midi.

Ensemble ils allèrent sur le plateau de Valensole, une étendue de calcaire cultivée essentiellement de lavandes. Une marée bleue unique à perte de vue. Un spectacle de carte postale où tous les tons se mélangent du clair pastel à l'indigo, toutes les nuances dansent sous le ciel céruléen. La chevelure hérissée des pieds de lavandes dressant fièrement au ciel leurs épis colorés, embaumant l'atmosphère, régalant les abeilles et les yeux du promeneur nonchalant. Dans le bourdonnement des insectes, à la faveur d'un vent léger balayant les fleurs.

Tout à la fois roman contemporain et roman régional.

Ça pulse les senteurs, les teintes et la douceur de vivre du midi.

Le Mas de Lauzet est un gite tenu par Honorine, une sacrée bonne femme au franc-parler et au lourd secret. Se voyant vieillir celle-ci cherche un gérant qui l'aidera et s'occupera de son trésor, ses abeilles…

Thomas que son amie vient de quitter éprouve le besoin d'un grand changement et répond à l'annonce d'Honorine.

Éva, pianiste de renom, vient au Mas en quête des origines de sa maman. Depuis peu elle a repris sa vie en main.

Le onzième roman de Gilles La Carbona m'a charmé par ses thèmes : changer de vie, choisir sa fin de vie, connaître ses origines. Comme toujours l'auteur fait preuve d'une grande justesse de ton dans les rapports des différents personnages.

Une histoire douce comme une cuillerée de miel, à savourer sans modération.

Et un coup de coeur pour Honorine.

Elle l'entraina sur la terrasse. De ce promontoire ils dominaient toute la plaie de la Durance.
Au fond un timide et scintillant ruban bleu serpentait à travers un lit blanc de galets. Au loin les sommets des Alpes enneigées se détachaient sous un ciel céruléen.
_ Regardez, écoutez. Ça fait plus de 60 ans que mes yeux se posent sur ces paysages, sans jamais se lasser ni trouver de laideur dans ces courbes, ces couleurs, ces impressions. Toute cette solitude me parle, elle en fera autant avec vous.

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