C'est peut-être cela la fêlure dans le visage de Duras : ce qui était offert sans raison se trouve d'compté, pesé, exposé et vendu. La beauté devient une offrande, un marchandage sordide. La beauté d'un visage peut donner lieu à une honte plus qu'à une fierté. La beauté peut-être une malédiction plus qu'un privilège. Elle peut dévorer, hypnotiser, et conduire au ravissement. Il suffit d'un regard. Son histoire avec l'amant chinois, Huynh Thuy Lê, commence vers ses quinze ans et demi. [...] La mère accepte tacitement cette liaison transgressive dans l'espoir qu'il aide financièrement la famille.
De quoi ou de quelle image de toi étais-tu ivre pour oublier ta verticalité dans la chute ? Quel vide cherchais-tu à éviter pour que le réel te cogne en retour ?
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« Comme la lune en cristal, les êtres se brisent, tombent, se cassent, se recollent un peu, ou ne se recollent pas du tout et deviennent fragiles, infirmes en morceaux. On ne peut presque plus les tenir et ils supportent mal la moindre variation de température ou de mouvement. Certains apprennent à faire avec ce qui est cassé en eux et d’autres ne s’en accommodent jamais. »
Très belle écriture sensible, empathique. L’émotion est palpable chez Charlotte Casiraghi et ça me plaît.
À travers la vie de nombreux auteurs connus et d’autres un peu moins mais que j’ai très envie de lire notamment Anne Dufourmantelle. L’auteure passe à la loupe leurs blessures, les analyse, les dissèque.
Cet essai nous ramène à nos fragilités mais aussi à celles de nos proches et apporte une autre vision, une autre compréhension. Ce texte a une grande résonnance en nous si nous prenons le temps de réfléchir, de méditer, il mérite d’être relu de temps à autre.
Charlotte Casiraghi nous offre un récit d’une grande profondeur, j’ai été particulièrement touchée en tant que maman par un passage :
« Je voudrais t’épargner la cassure, que tu ne sois jamais blessé, meurtri. Que tu traverses le monde sans heurt. Tu me déstabilises car je sais que c’est vain. Je te regarde comme un cristal fragile que je tiendrais entre mes mains. Je voudrais empêcher les chocs, arrêter le temps, éviter le moindre éclat. Ce qu’on voudrait éviter, c’est peut-être ce qui lui permettra d’aimer, de penser, de créer, de comprendre. »
Et c’est certainement ce qui a servi de terreau aux œuvres de Georges Sand, d’Honoré de Balzac, de Maya Angelou, de Pascal et de bien d’autres.
Ce livre est un coup de cœur et je remercie les éditions Julliard de leur confiance.
#LaFêlure # NetGalleyFrance
Cette attente démesurée de l'amour est en partie liée à l'histoire transgressive et passionnée de ses parents, achevée dans le fracas et la douleur. Son père meurt d'une chute de cheval alors qu'elle n'a que quatre ans. Ce n'est pas seulement un drame personnel, mais un basculement de son monde : le père, figure d'aventure et de liberté, disparaît brusquement en laissant place à une forme d'idéalisation dans le cœur d'Aurore Dupin.
En réalité Pascal cherche à appuyer sur la fêlure pour qu'ele ne puisse plus se refermer. Elle n'est plus une simple cassure légère ou un avertissement devant notre fragilité, mais une entaille au fond de laquelle se creuse un gouffre d'où peut filtrer la grâce.
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