La médecine de fine pointe, la sollicitude des infirmières, l'amour de mes proches, la lecture de Villon-le-punk, tout cela m'avait soigné. Il y avait surtout eu la sainteté d'un être venu chaque jour à mon chevet, comme si les hommes de mon espèce méritaient des fidélités de bête. Un arbre par la fenêtre m'avait insufflé sa joie vibrante.
Perdre du poids en marche, c'est laisser un peu de soi à la route
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Sur les chemins noirs est devenu une évidence. Séquestrée par de fortes pluies, l'asphyxie me guettait, lire Sur les chemin noirs est devenu une évidence.
Après un très grave accident et des mois d’hospitalisations, Sylvain reprend ses déambulations et ses réflexions pour notre plus grand plaisir. Et voilà notre infatigable voyageur reparti. Ce sera aussi l’occasion de faire le deuil d’une maman partie quelques mois plus tôt.
Et la promenade commence sur ces chemins qui nous font découvrir la faune, la flore, le paysage, les sites historiques et les villages. Espérons qu’ils ne deviennent pas les vestiges de notre pays.
Les amis de Sylvain Tesson et sa sœur le rejoindront, ce qui donnera lieu à une incroyable anecdote sur le charme des nuits sous la tente.
Et puis tout est prétexte à des réflexions, des questions et il en est une à laquelle j’ai été particulièrement sensible.
« Oh ! comme il eût été salvateur d’opposer une « théorie politique du bocage » aux convulsions du monde. On se serait inspiré du génie de la haie. Elle séparait sans emmurer, délimitait sans opacifier, protégeait sans repousser. L’air y passait, l’oiseau y nichait, le fruit y poussait. On pouvait la franchir mais elle arrêtait le glissement de terrain. À son ombre fleurissait la vie, dans ses entrelacs prospéraient des mondes, derrière sa dentelle se déployaient les parcelles. La méduse du récent globalisme absorbait les bocages. Ce remembrement du théâtre mondial annonçait des temps nouveaux. Ils seraient peut-être heureux mais n’en donnaient pas l’impression. Qui savait si les nouvelles savanes planétaires allaient produire d’heureux forums ou des champs de bataille ? »
Et là, je pense à mon village, la faucheuse y passe régulièrement, une magnifique haie de thuyas a été décapitée, ne reste que les racines et un bout de tronc, cet automne, laissant les oiseaux fort désemparés et pour célébrer la nouvelle année, une haie de lauriers a subi le même sort ses joyeux gazouillis ont cédé la place au ronchonnement des moteurs. Cette curieuse manie qu’ont les français de raccourcir à tout va.
Sur les chemins noirs est un hommage à ce pays que j’aime tant et à sa beauté qui tend à se réduire à une peau de chagrin de nos jours.
Ce récit nous incite à ouvrir les yeux sur ce qui est à portée de main et que nous ne regardons même plus.
Sylvain Tesson est un auteur que j’admire pour son courage, son esprit, son humour. J’ai beaucoup d’admiration pour cette force de caractère qui le pousse à repartir et à faire fi des difficultés.
Une lecture que je vous recommande si ce n’est déjà fait.
Cinq étoiles.
J'avais encore attendu la libération du jour. Chaque aube est pour l'insomniaque un 6 juin personnel.
Entre moi et le monde, il n'y avait que l'air tiède, quelques rafales, des herbes échevelées, l'ombre d'une bête. Et pas d'écran ! Aucune information, pas d'amertume, pas de colère. Ma stratégie du retrait distillait sa jouvence dans mes fibres.
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