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autobiographie

2025-08-11T08:46:37+02:00

Troublantes racines

Publié par Althéa

Francine Romero a vécu quelques années en Afrique. Elle nous confie ses souvenirs. La suite Sur les rives du Djoliba vient de paraître.

La nuit nous tombe dessus, sans prévenir, nous enroule dans sa douceur, puisque nuit ne veut pas dire froid. Les nuits sont chaudes ici. Je prie à la vue de cette splendeur, prière spontanée, sans autre but que de dire merci. Le matin, j'assiste, aussi minuscule qu'une fourmi, à la création du monde dont l'immensité se déploie, se multiplie, se colore en une incroyable variété de tons roses, bleus et violets, en un sans fin de nuances se mariant entre elles. Devant l'infini de l'univers, ou dans ce qu'il a de plus monumental, oui, je me sens petite. Et là où je dois être. Comment ne pas se sentir grain de sable, infiniment petit, comment ne pas participer à l'harmonie, à ce que Freud appelle le sentiment océanique ?

17. Histoire contemporaine

Pour beaucoup d'observateurs et au dire même des négriers, l'abolition de l'esclavage n'est pas due à des raisons humanitaires. Elle est due à une banale logique économique selon laquelle la traite désormais coûte trop cher par rapport aux bénéfices que l'on en tire.
Et la colonisation commence.
Gaston Kelman

« La rencontre que j’ai faite en Afrique d’une race essentiellement différente de la mienne a contribué puissamment à l’heureuse expansion de mon univers. La tendresse est née entre nous au premier regard.»

Karen Blixen

Ce livre est une bouffée de fraîcheur presque un appel au large dans ma petite vie de tous les jours.

Que ce soit cette citation de Karen Blixen où des extraits de ce roman je suis rentée chez moi le temps de la lecture. J’ai partagé le ressenti de Francine, il y a bien des années, presque une autre vie. Ce n’était pas le même pays mais les mots et les impressions ont résonnés en moi.

Ce texte se présente en deux parties :

La première sous forme de journal de bord avec sa famille, le tout agrémenté de textes et d’une analyse de cette expérience.

La vie au jour le jour, l’accueil de sa famille, leurs coutumes et puis aussi la sorcellerie (tout ce qui y touche ou presque m’était plus ou moins connu avec quelques variantes).

La seconde tient plus du témoignage est n’en est pas moins intéressante.

Nous voici revenus à la dure réalité de ces pays où la colonisation a semé les graines du pouvoir, de la corruption, de l’envie. Des pays qui ont souvent recours à la dictature et aux guerres ethniques.

Mais Francine Romero sait nous raconter sa vie, ses mésaventures en bateau, elle va rencontrer l’homme de sa vie et nous conter la magie d’un bracelet.

Après le Gabon et la Guinée Équatoriale, notre amie partira pour Niamey et Zinder à la découverte d’une autre culture.

Une approche complète, toute une culture abordée. Une très fine analyse étayées par des citations d’auteurs africains ou concernant l’Afrique qui font parfaitement écho à chaque chapitre.

J’ai adoré ce premier roman et attend le prochain avec impatience.

J’ai mis beaucoup de citation mais j’ai particulièrement aimé celle du fils de l’auteur à propos du travail :

« Ces enfants aussi travaillent, vont chercher du petit bois, portent les plats, aident à la préparation du manioc. Mon fils commente doctement : nous, on cravaille. »

Bon voyage...

 

Ce n'est pas la mort en elle-même qui est crainte, puisqu'elle représente souvent en Afrique Noire un état transitoire qui peut déboucher sur une renaissance, et ne signifie pas la fin ; la chose primordiale à éviter ; c'est de faillir aux rituels funéraires, omettre un acte, négliger un sacrifice un peu comme chez les Grecs, rappelons-nous Antigone. Ces pleurs, ces cérémonies ont pour but de faciliter l'insertion dans l'au-delà de l'âme du mort, et aussi de rassurer les vivants en leur donnant bonne conscience, en contribuant à les apaiser.

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2024-08-13T20:58:46+02:00

Hillbilly Elégie

Publié par Althéa

Les opinions de Mamaw balayaient tout le spectre politique. Suivant son humeur, elle passait de conservatrice fanatique à sociale-démocrate à l'européenne. C'est pourquoi, au début, je pensais qu'elle avait des idées irrémédiablement simplistes et que, dès qu'elle ouvrait la bouche pour parler politique et des politiciens, je ferais mieux de me boucher les oreilles. Mais je finis bientôt par comprendre qu'il y avait beaucoup de sagesse dans les contradictions de Mamaw. Si pendant de longues années, j'avais uniquement tenté de survivre au monde qui m'entourait, à présent que j'avais un peu d'espace pour l'observer, je commençais à voir les choses comme elle.

Pourquoi ai-je lu ce livre ? Pas par amour des hommes politiques, j’ai tendance à être comme Mamaw (la grand-mère de l'auteur) mais par curiosité.

Je dois aussi dire que le titre m’a rappelé une série américaine vue il y a pas mal de temps : The Beverly Hillbillies.

Il y a quelques jours sur le net si ce n’est pas une fake-news, J.D.Vance « disait » être contre la guerre malheureusement je suis restée sur ma faim.

 J.D. nous raconte son enfance, ses quatre ans chez les marines et ses études de droit.

Une enfance difficile avec une maman droguée, de nombreux beaux-pères mais des grands-parents Mamaw et Papaw, qui ont pris le relais quand la maman était défaillante. Il leur doit beaucoup.

C’est une peinture sociétale d’une partie des États-Unis.

Les Hillbillies ont une expression pour décrire les gens qui se croient devenus supérieurs à ceux qu’ils ont quittés : « Too big for your britches. » Trop grand pour ses propres bottes.Je pense que l’auteur ne l’est pas. Après les politiques étant ce qu’ils sont je me montre peut être encore une fois trop naïve.

Ce que j’ai énormément apprécié c’est que J.D. a évolué mais essayer de paraître, de renier ce qu’il est. Il est resté un hillbilly même si il est conscient que les schémas sont des obstacles d’envergure. Puis il y a une certaine culpabilité à s’en être sorti, une impression de trahison.

Par contre, il fait preuve de bon sens, il s’en est sorti parce qu’il a eu de l’aide et son regard sur les hillbillies est parfois sévère : allocations mal dépensées, familles dysfonctionnelles, instabilité, alcoolisme, drogue, misère, violence (souvent par incapacité à s’exprimer, par le fait qu’ils sont sur la défensive…)

Ce fut une bonne lecture.

Parfois j'observais des choses étranges et, au début, je croyais à des règles un peu strictes auxquelles je pouvais me plier ou dont jepouvais me dispenser. Mais j'étais un enfant curieux et plus je me plongeais dans la théologie évangéliste, plus ma méfiance s'accrut à l'égard à l'égard de pans entiers de la société. L'évoultion et le big bang devinrent des idéologies à combattre , pas des théories à étudier. Nombre des sermons auxquels j'assistais passaient plus de temps à critiquer les autres chrétiens qu'à parler d'autre chose. De grandes lignes de partage théologique étaient tracées et ceux qui se trouvaient de l'autre côté n'avaient pas simplement tort dans leur interprétation de la Bible, ils étaient de mauvais chrétiens.

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