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voyage

2026-01-15T10:20:13+01:00

Sur les chemins noirs

Publié par Althéa

La médecine de fine pointe, la sollicitude des infirmières, l'amour de mes proches, la lecture de Villon-le-punk, tout cela m'avait soigné. Il y avait surtout eu la sainteté d'un être venu chaque jour à mon chevet, comme si les hommes de mon espèce méritaient des fidélités de bête. Un arbre par la fenêtre m'avait insufflé sa joie vibrante.

Perdre du poids en marche, c'est laisser un peu de soi à la route

Sur les chemins noirs est devenu une évidence. Séquestrée par de fortes pluies, l'asphyxie me guettait, lire Sur les chemin noirs est devenu une évidence.

Après un très grave accident et des mois d’hospitalisations, Sylvain reprend ses déambulations et ses réflexions  pour notre plus grand plaisir. Et voilà notre infatigable voyageur reparti. Ce sera  aussi l’occasion de faire le deuil d’une maman partie quelques mois plus tôt.

Et la promenade commence sur ces chemins qui nous font découvrir  la faune, la flore, le paysage, les sites historiques et les villages. Espérons qu’ils ne deviennent pas les vestiges de notre pays.

Les amis de Sylvain Tesson et sa sœur le rejoindront, ce qui donnera lieu à une incroyable anecdote sur le charme des nuits sous la tente.

Et puis tout est prétexte à des réflexions, des questions et il en est une à laquelle j’ai été particulièrement sensible.

« Oh ! comme il eût été salvateur d’opposer une « théorie politique du bocage » aux convulsions du monde. On se serait inspiré du génie de la haie. Elle séparait sans emmurer, délimitait sans opacifier, protégeait sans repousser. L’air y passait, l’oiseau y nichait, le fruit y poussait. On pouvait la franchir mais elle arrêtait le glissement de terrain. À son ombre fleurissait la vie, dans ses entrelacs prospéraient des mondes, derrière sa dentelle se déployaient les parcelles. La méduse du récent globalisme absorbait les bocages. Ce remembrement du théâtre mondial annonçait des temps nouveaux. Ils seraient peut-être heureux mais n’en donnaient pas l’impression. Qui savait si les nouvelles savanes planétaires allaient produire d’heureux forums ou des champs de bataille ? »

Et là, je pense à mon village, la faucheuse y passe régulièrement, une magnifique haie de thuyas a été décapitée, ne reste que les racines et un bout de tronc, cet automne, laissant les oiseaux fort désemparés et pour célébrer la nouvelle année, une haie de lauriers a subi le même sort ses joyeux gazouillis ont cédé la place au ronchonnement des moteurs. Cette curieuse manie qu’ont les français de raccourcir à tout va.

Sur les chemins noirs est un hommage à ce pays que j’aime tant et à sa beauté qui tend à se réduire à une peau de chagrin de nos jours.

Ce récit nous incite à ouvrir les yeux sur ce qui est à portée de main et que nous ne regardons même plus.

Sylvain Tesson est un auteur que j’admire pour son courage, son esprit, son humour.  J’ai beaucoup d’admiration pour cette force de caractère qui le pousse à repartir et à faire fi des difficultés.

Une lecture que je vous recommande si ce n’est déjà fait.

Cinq étoiles.

J'avais encore attendu la libération du jour. Chaque aube est pour l'insomniaque un 6 juin personnel.

Entre moi et le monde, il n'y avait que l'air tiède, quelques rafales, des herbes échevelées, l'ombre d'une bête. Et pas d'écran ! Aucune information, pas d'amertume, pas de colère. Ma stratégie du retrait distillait sa jouvence dans mes fibres.

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2025-11-03T13:55:47+01:00

Une voix sortie des profondeurs

Publié par Althéa

En Sicile, il existait des gens de gauche, même s'il croyaient à la magie et manifestaient le crucifix au poing, chose que les gens du Nord ne concevaient même pas.
Comme si cela ne suffisait pas, Turi avait neuf filles à marier, auxquelles il fallait fournir une dot. Mais il ne se plaignait pas. Il émanait de lui une supériorité morale que la gauche embourgeoisée d'aujourd'hui a définitivement perdue. Il souriait en fumant noblement, un courant d'admiration et de respect. Pour ne pas dire d'amour.

Le séisme de 1570 bouleverse tout, jusque dans les hiérarchies les plus élevées. Trois habitants sur dix prennent la fuite, les prisonniers se sauvent des galères, les nobles, les gens du peuple et les riches se mélangent sur les places le duc Alphonse II d'Este part s'installer dans un carrosse au milieu des champs et la cour bivouaque à ciel ouvert autour de grands feux, sous la pluie.

«  Depuis mon petit coin, en haut à droite de la carte, il m’est plus facile d’imaginer la péninsule taillée sur toute sa longueur par une faille. Une fissure qui sépare et en même temps nourrit l’identité des Italiens. »

Quand la terre mène la danse au gré de ses colères et impose sa loi aux hommes.

Découvrons les légendes et les histoires des peuples qui ont créé l’Italie.

« La rage calabraise remonte à l’Antiquité. Peut-être y sentait-on bouillir le sang des Bruzi, ce peuple ancien qui avait donné du fil à retordre aux Romains. »

Un grand vagabondage au gré des volcans et de leurs éruptions.

« J’étais le fils d’une terre qui tremble. Je lui appartenais et je voulais voir à l’intérieur. Y pénétrer avec la lampe d’Aladdin. »

Une découverte du monde souterrain.

« Les grottes n’étaient pas seulement des cachettes mais un espace  où le sacré devenait une perception sensorielle complète. »

Un livre où j’ai pris une carte afin de suivre les pérégrinations de l’auteur du sud au nord  puis la curiosité aidant je suis allée sur la toile visiter certaines villes que je ne connaissais pas notamment Matera.

« Matera comme mater, Pietro comme pietra, la pierre. Ou peut-être comme Petra, la ville dans les rochers, avec l’obscure fente qui y donne accès, passage initiatique vers la caverne d’Ali Baba. Tout cadrait dans le dialogue rupestre. »

J’ai embarqué pour un long périple dans le temps ou toute la saveur de l’Italie s’exhale à travers de magnifiques pages.

Un texte intelligent, passionnant et poétique. C’est avec un grand plaisir que je suivrai le sillage de Paolo Rumiz à travers ses romans.

Nous étions dans un monde à part, où les femmes « sont capables de voler dans les airs », peut-être parce que, pendant les incursions turques, les jeunes filles menacées d'enlèvement étaient descendues à l'aide de cordes dans une caverne naturelle de la falaise qu'on appelait «'u Timpune d'i fimmini » ( le ravin des femmes).
Dans la région, la légende des sorcières dites « mahare » était encore bien vivante et concernait les mégères spécialisées dans l'enchantement et le mauvais œil, capables de se transformer en animaux, de traverser la mer et de faciliter (ou d'empêcher) le retour des pêcheurs. Il s'agissait, m'a-t-on dit, d'étrangères qui avait connu le Grand Sabbat sous le célèbre noyer de Bénévent.
« Fimmini di fora », femmes d'ailleurs, assurait-on.

Les énergies du cosmos - la terre, la mer et le vent - avaient joué cette nuit-là un concerto si mémorable que Giuseppe a eu l'idée de fêter l'événement chez Mimmo, avec une ventrée de pâtes fraîches, des taglioni, sur un lit de homard et d'asperges de l'Aspromonte, qu'unissait une nage à base d'huile d'olive, d'ail, de têtes de homard et de quelques autres ingrédients magiques que je ne connais pas.

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2025-06-30T19:13:40+02:00

Berezina

Publié par Althéa

Fous de souffrance, décharnés, gelés, mangés de vermine, ils allaient devant eux, des champs couverts de morts vers d'autres champs de linceuls. Chaque pas arraché constituait le salut en même temps que la perte. Ils marchaient et ils étaient maudits;

...

Fallait-il que Napoléon irradiât d'une force galvanique pour que ces hommes ne lui tiennent pas rancune de leur infortune et , mieux ! perdent toute amertume à son apparition !

Ils furent les grands martyrs de la Retraite. On les creva sous les charges, on les écorcha vifs, ... Personne n'a célébré la souffrance des chevaux de 1812 à la juste hauteur de leurs souffrance.
...S'il y a une innocence fauchée par la guerre, c'est bien celle des animaux : ils se seraient passés de la violence des hommes.
...Pourquoi m'avez-vous conduit ici ? Vous autres, Hommes, avez failli, car aucune de vos guerres n'est celle des bêtes. Les français possédaient près de cent cinquante mille bêtes en commençant la guerre : cent mille chevaux de trait et quarante-cinq milles montures. Les Russes en disposaient d'à peu près autant . Sur ces trois cent mille bêtes, deux cent mille moururent pendant les six mois de campagne.

Il y a ceux qui reconstituent les batailles de l'Empereur avec des soldats de plomb. Et puis il y a Sylvain Tesson qui à bord d'une Oural, aux mêmes dates, nous fait suivre la route empruntée par la grande armée.
L'auteur nous emmène sur son side-car et nous fait découvrir à l'aide de nombreux documents, le trajet suivi pour revenir en France, la description des lieux et les réflexions qu'imposent le retour sur ces hauts lieux chargés d'histoire sont émouvants, tant de détresse, de souffrances humaines et animales. Sylvain Tesson cherche d'une certaine façon des raisons pour cette guerre, ces hommes qui suivaient l'Empereur de campagnes en campagnes. A la page 203, il nous dit : " L'Empereur avait réussi une entreprise de propagande exceptionnelle. Il avait imposé son rêve par le verbe. Sa vision s'était incarnée. La France, l'Empire et lui-même étaient devenus l'objet d'un désir, d'un fantasme. Il avait réussi à étourdir les hommes, à les enthousiasmer, puis à les associer tous à son projet : du plus modeste des conscrits au mieux né des aristocrates." Les français avaient fait un rêve qui s'achevait avec la Bérézina.
C'est un livre que j'ai énormément apprécié pour les connaissances qu'il m'a apporté et puis qui n'aurait pas envie de faire la route sur une Oural, cheveux aux vents, sur les traces de l'auteur. Je me dois aussi de remercier une e amie, sans ses critiques de Sylvain Tesson, je n'aurais peut-être pas rencontré cet auteur auquel je laisse le mot de la fin :
"Qui était Napoléon ? Un rêveur éveillé qui avait cru que la vie ne suffisait pas. Qu'était l'histoire ? Un rêve effacé, d'aucune utilité pour notre présent trop petit."

_ Nous nous contenterons de répéter l'itinéraire de la Retraite.
_ En mesurant au plus profond de nous..
_ ... la charge de malheur...
_ ... la somme de souffrances...
_ ... ce que coûte en chagrin un songe de grandeur.
_ ... et ce qu'il faut de larmes pour réformer le monde.

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2025-06-05T11:31:10+02:00

L'arbre et la tempête

Publié par Althéa

l'islam n'a jamais nié l'existence de jinns (fantômes ou êtres surnaturels), mais sa pratique contemporaine exclut tout recours en des pratiques traditionnelles pour les chasser. Les populations bédouines des montagnes et de l'arrière-pays faisaient massivement appel aux makole, des sorciers, pour écarter les êtres maléfiques, responsables selon eux de la mort de bêtes ou de drames personnels.

Parfois il suffit de quelques mots à la lecture d'un extrait pour que j'éprouve le besoin de lire un roman.

Ici il s'agit du sang des frères (dham al-Ikkhwan) , qu'était ce donc ? Aussitôt je suis partie à la recherche de photos subissant le charme de cette île étrange et vous conseille d'en faire autant.

Bien que la géopolitique ne soit pas mon fort Quentin Muller s'est immergé dans ce pays pour nous apprendre ce que nous ignorons pour la plupart.

Il a pris d'énormes risques en y entrant par plusieurs fois sous différents prétextes. Pour ceux qui ne connaissent pas Socotra est une île de l'archipel du même nom qui se situe à l'extrémité nord-est de la Somalie et appartient au Yémen.

De tous temps cette île a subi le flux et le reflux des civilisations et de nos jours sa position géostratégique donne lieu à des luttes de pouvoirs fort complexes dont l'île et ses habitants subissent les conséquences.

Malgré tout Socotra est riche d'une culture, de croyances, de légendes et d'une sagesse ancestrale que beaucoup devraient considérer en outre elle nous offre la beauté du sang des frères.

De par sa biodiversité, Socotra a été déclarée réserve de biosphère en 2003 par l'Unesco.

Je ne peux que remercier Quentin Muller pour ce magnifique voyage où j'ai partagé émerveillement mais aussi crainte pour notre auteur car la justice semble bien arbitraire dans ces lieux. 

Un grand merci aux éditions Marchialy. Cet avis n'engage que moi.

#LArbreetLaTempête # NetGalleyFrance

 

« Nous n'avions besoin d'aucun visapour voyager au Proche-Orient care nous avions bonne réputation. Mon royaume était une terre de paix. Ma lignée y régnait depuis six cents ans tout en prenant soin de son peuple, en le traitant bien en s'assurant d'apporter à tout le monde une aide sociale. Les gens étaient heureux... »

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2025-03-21T15:36:02+01:00

L'Italie buissonnière

Publié par Althéa

Un escalier dans une distribution rationnelle des parties d'un immeuble, ne sert qu'à monter d'un étage à l'autre ; on en réduit au maximum la place, pour qu'il n'empiète pas sur les espaces habitables. À Naples, où la fantaisie, le goût de l'excès, la passion de l'inutile font fi de la raison, se trouvent des escaliers de palais qui occupent un tiers des lieux utilisables. Le côté droit et le côté gauche de la cour sont aménagés en logements, mais le corps central au fond est réservé à l'usage exclusif d'un escalier monumental déployé avec ostentation.

Vous aimez l'Italie ? Vous y partez bientôt. Vous êtes amateur d'art ? Alors prenez ce livre avec vous.

Je l'ai feuilleté en long, en large et en travers m'impreignant des photographies puis lisant les textes de celles qui m'interpellaient pour en finir par suivre le trajet donné par l'auteur du sud au nord.

Sicile, Calabre, Apulie, Naples, Rome, Ombrie et Toscane du Sud, Florence, Toscane du Nord, Bologne, Venise toutes ces destinations nous invitent à découvrir des trésors.

Des endroits isolés loin de la foule et des queues des grands musées, prendre le temps d'admirer une sculpture, une peinture ou un lieu particulier. Quelle aubaine !

Au final, j'ai tout aimé, j'ai été surprise et je repartirais volontiers en Italie.

De nombreux détails sur ces chefs d'œuvres ainsi que de nombreuses anecdotes sont données.

C'est superbement écrit et commenté par Dominique Fernandez, n'est pas académicien qui veut.

Merci à Babelio et aux éditions Le livre de poche pour ces heures de rêveries.

 

 

Il ne suffisait pas d'être beau pour les Grecs, il fallait aussi être bon. Les deux statues reflètent exactement le complexe de kalos kagathos qui résume l'idéal du siècle de Périclès : union de la splendeur physique et de la hauteur morale.
Le mystère de leur origine ajoute à leur prestige.

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