Il étouffait. Le moindre des gestes qu'il accomplissait sans y penser d'habitude lui coûtait tant il paraissait vide de sens.
Éplucher une pomme de terre, trier les couverts, balayer le sol du réfectoire. Mais à quoi bon ? À quoi bon faire tourner un monde dans lequel son père s'était volatilisé ? Pourquoi fallait-il donc qu'il use ses jeunesmains et l'énergie de ses quinze ans dans cette industrie qui ne faisait que nourrir cette interminable, cette ingrate guerre qui lui enlevait, malgré tous ses efforts, ce qu'il avait de plus précieux ?
Même s'ils n'étaient pas morts pour la patrie, ils étaient devenus les fantômes de leur vie d'avant, et le gouvernement leur accordait parfois de s'en extraire, de ne pas réintégrer une famille, une fratrie, un cercle d'amis pourtant aimés mais dont ils craignaient de faire le malheur en leur imposant leur difformité.
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Pas de héros mais des êtres brisés par ce qu’ils ont vu, vécu où subi.
C’est touchant, émouvant, bouleversant.
Un récit qui se déroule en trois parties :
_ L’approche de la guerre, l’espoir qu’elle n’aura pas lieu. L’attente et l’inquiétude pour les hommes partis au front. Le désarroi des familles et la peur de mauvaises nouvelles.
_ La guerre, la peur, les combats, les blessés, les morts.
_ L’hôpital, les gueules cassées, leur longue convalescence. Et le retour à une vie plus normale mais avec des blessures morales ou physiques.
C’est avec la famille Delannoy que nous allons traverser la première guerre mondiale. Léopold parti, Lucie travaille comme munitionnette avec son fils Armand qui aide au réfectoire. Mais une mauvaise verra partir pour le front et tricher sur âge afin de combattre. Un concours de circonstances réunira le père et le fils.
De Peggy Boudeville, j’avais déjà lu Le réseau Phénix. Là aussi, l’autrice a choisi Amiens, dont elle est native pour une partie de l’action. C’est toujours aussi bien documenté et à la fin le dossier pédagogique et ses explications. On y apprend beaucoup.
Les bonus sont des citations en début de chaque chapitre notamment de Paroles de poilus mais aussi d’hommes célèbres. Ma préférée :
L’humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l’humanité. John Fitzgerald Kennedy
Une bibliographie est transmise.
Un sujet bien grave qui donne à réfléchir. Et un bel hommage aux gueules cassées, et à ces adolescents courageux qui partaient combattre avant d’avoir l’âge.
Merci aux éditions Fleurus
#Disparusurlefront #NetGalleyFrance
La première victime d'une guerre, c'est la vérité.
Rudyard Kipling
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