S'il existe une France repliée sur elle-même, c'est d'abord celle des cités, dont on connaît la communautarisation ethnique et religieuse. Mais aussi celle des grandes métropoles, où la bourgeoisie urbaine s'est regroupée, faisant exploser les prix de l'immobilier et chassant les classes moyennes et populaires des centres-villes. La multiplication des entraves à la voiture au nom de l'écologie n'a fait qu'accroître ce mécanisme de séparatisme. le choix de la banlieue pavillonnaire ou périurbaine est souvent contraint et ceux qui y vivent, pour la plupart, loin d'être des nantis, sont majoritairement des Français modestes issus des classes moyennes et populaires.
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« Le véritable exil n’est pas d’être arraché de son pays, c’est d’y vivre et de n’y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer », écrivait l’historien Edgar Quinet. C’est cet exil-là que vivent nombre de Français ordinaires, souvent issus des catégories populaires ou moyennes.
Une analyse d’une grande finesse, qui reprend de façon chronologique les faits qui nous on mené à la situation actuelle. À cette fracture qui semble insurmontable.
Il est vrai que dans certains lotissements, je voyais placer des grilles aux fenêtres, puis les murs étaient remontés, un cairon, deux cairons… petit à petit le quartier devenait inhospitalier, certains habitants déménageaient, las de l’insécurité. J’ai vu ce changement comme beaucoup de personnes sans trop réaliser ce qui se passait.
Lire Alexandre Devecchio est salutaire on y apprend énormément et on comprend mieux comment on en est arrivé là.
_ Je connaissais les somewhere et les anywhere mais pas les progressistes.
_ On découvre les effets du 11 septembre 2001 sur une certaine tranche de la population et j’avoue avoir été sidérée.
_ 2005 et ses victimes oubliées
_ C’est une approche du métier de journaliste et des différents postes de l’auteur : au Bondy Blog, au journal Le Figaro.
Je ne vais pas tout dévoiler mais j’ai ouvert les yeux sur bien plus que je ne pensais.
Nous vivions côte à côte est un texte qui expose les faits avec clarté, dans un texte simple où sont abordées de nombreuses situations vécues par l’auteur ou sa famille en guise d’exemples.
Et puis parce qu’une partie de ma famille a choisi la France, un extrait apporte une touche d’espoir, quant à une solution :
« Pour gagner nous aurons aussi besoin de Daoud, de Sansal et de tous ceux venus d’ailleurs qui aiment la France. »
Merci aux éditions Fayard
# Nousvivionscôteàcôte # NetGalleyFrance
On aurait pu imaginer que le massacre du 11 Septembre allait conduire « les musulmans », en particulier dans les pays libres, à se démarquer des expressions les plus radicales de leur religion pour ne pas être confondus avec les terroristes islamistes. C'est exactement le contraire qui se produisit. L'effondrement des Tours jumelles avait été vécu par une partie d'entre eux comme une victoire, non seulement contre l'Amérique, mais aussi contre l'Occident et donc, contre la France. Une victoire qui avait galvanisé leur fierté et les avait encouragés à affirmer leur différence d'appartenance. En vérité, le 11 Septembre a dopé la dynamique communautariste en banlieue et accéléré la réislamisation de nombreux jeunes musulmans, appartenant pour certains à la deuxième ou troisième génération.
Lorsqu'il le fallait Daniel Lefeuvre n'hésitait pas à manier l'humour pour désamorcer les incompréhensions ou les tensions. Je me souviens d'un élève lui demandant si la colonisation devait donner lieu à réparation, y compris pour les descendants de colonisés. La réponse de Lefeuvre avait fusé : « Fils d'Auvergnate et de Breton, dois-je demander le repentir de l'Italie et des italiens pour les crimes qui ont accompagné la conquête romaine de la Gaule et pour l'acculturation que les occupants ont imposés à mes ancêtres ? »
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