Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

19eme siecle

2026-06-13T15:52:54+02:00

La Mare au diable

Publié par Althéa

Si vous ne l'avez jamais lu, n'hésitez pas. À ce prix, il serait ridicule de se priver d'une excellente lecture.

C'est durant ces nuits-là, nuits voilées et grisâtres, que le chanvreur raconte ses étranges aventures de follets et de lièvres blancs, d'âmes en peine et de sorciers transformés en loup, de sabbat au carrefour et de chouettes prophétesses au cimetière. Je me souviens d'avoir passé ainsi les premières heures de la nuit autour des broyes* en mouvement, dont la percussion impitoyable, interrompant le récit du chanvreur à l'endroit le plus terrible, nous faisait passer un frisson dans les veines.

Il se disait vaguement que l'amour eût pu le consoler, en venant le surprendre, car l'amour ne console pas autrement. On ne le trouve pas quand on le cherche ; il vient à nous quand nous ne l'attendons pas.

 

 

La mare au diable, un endroit empreint de mystère où Germain et Marie, deux coeurs simples, tomberont amoureux.

C'est une fenêtre ouverte sur la campagne berrichonne, ses paysans et leurs croyances au dix-neuvième siècle. George Sand nous offre un témoignage de cet univers qui lui est cher et dont elle pressent la fin. Une lecture que je conseille, savoir comment nous vivions autrefois ne peut que nous enrichir.

Avec un emploi de la langue française de toute beauté, George Sand était un grand écrivain et je comprends pourquoi l'étude de ses textes nous était imposée en classe : c'est notre patrimoine qu'elle nous transmet à travers ses romans.

L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver.

Notice

Je l'ai dit, et je dois le répéter ici, le rêve de la vie champêtre a été de tout temps l'idéal des villes et même celui de cours. Je n'ai rien fait de neuf en suivant la pente qui ramène l'homme civilisé aux charmes de la vie primitive. Je n'ai voulu ni faire une nouvelle langue, ni me chercher une nouvelle manière. [...] J'ai bien vu, j'ai bien senti le beau dans le simple, mais voir et peindre sont deux ! Tout ce que l'artiste peut espérer de mieux, c'est d'engager ceux qui ont des yeux à regarder aussi. Voyez donc la simplicité, vous autres, voyez le ciel et les champs, et les arbres, et les paysans surtout dans ce qu'ils ont de bon et de vrai : vous les verrez beaucoup mieux dans la nature.
George Sand.
Nohant, 12 avril 1851.

Voir les commentaires

2026-04-04T13:36:51+02:00

Taras Boulba

Publié par Althéa

Nous ne troublerons pas l'âme du lecteur par le tableau de tortures infernales dont la seule pensée ferait dresser les cheveux sur la tête. C'était le produit de temps grossiers et barbares, alors que l'homme menait encore une vie sanglante, consacrée aux exploits guerriers, et qu'il y avait endurci toute son âme sans nulle idée d'humanité. En vain quelques hommes isolés, faisant exception à leur siècle, se montraient les adversaires de ces horribles coutumes ; en vain le roi et plusieurs chevaliers d'intelligence et de cœur représentaient qu'une semblable cruauté dans les châtiments ne servait qu'à enflammer la vengeance de la nation cosaque.

Pour poursuivre ma découverte de la littérature Russe, je me suis plongée dans la lecture de Taras Boulba de Nicolaï Gogol. C'est un texte violent et sans états d'âmes, les cosaques sont avant tout des guerriers, l'esprit de corps règne.
 

J'y ai découvert toute une organisation et une façon de penser qu'il m'a été difficile d'admettre mais autre temps, autres mœurs. J'ai été sidérée par cet homme qui fier de ses fils part avec eux rejoindre les troupes cosaques. Voir la malice qu'il met à créer une opportunité pour ses fils de combattre, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. L'un d'eux commettra une faute et mourra de bien triste façon. Quand à l'autre, son triste destin ne provoquera qu'un surplus de haine des polonais, une envie d'en découdre et un désir de vengeance qui mènera Tarass à sa propre perte, jamais il ne se sentira coupable de tout ce gâchis.
 

J'ai bien aimé la plume de Gogol et ses descriptions, par contre je ne me suis pas attachée à ses personnages, j'ai tendance à penser que par son style l'auteur voulait surtout nous montrer des guerriers purs et durs qui font ce qu'ils ont à faire : se battre sans se poser de questions.

 

À cette heure, Balaban inclina sa tête, sentant les poignantes approches de la mort, et dit d'une voix faible :
"Il me semble, seigneurs frères, que je meurs, d'une bonne mort. J'en ai sabré sept, j'en ai traversé neufs de ma lance, j'en ai suffisamment écrasé sous les pieds de mon cheval, et je ne sais combien j'en ai atteint de mes balles. Fleurisse donc éternellement la terre russe !"
Et son âme s'envola.

Voir les commentaires

2026-02-09T19:09:24+01:00

La boîte en os

Publié par Althéa

Ce petit cimetière était si calme, si naïvement simple, que je me demandais comment mes deux morts pourraient s'y adapter.

« Un livre étrange qui ne ressemble à aucun autre » tel est le commentaire de Jean Cocteau . Ma curiosité attisée, je me suis lancée dans cette lecture

 Antoinette Peské, par le biais subtil de la narration nous conte une histoire d’amour fou par delà la mort.

Atmosphère qui rappelle « Les hauts de Hurlevent » et qui pourrait avoir inspiré « L’éternel  retour » se passe dans les Higlands à Goldloch, dans un petit village entre landes, lacs et ciels changeants : toute la magie de l’Écosse.

Deux adolescents s’étaient liés d’amitié, bien des années plus tard, le narrateur, Norbert, apprenant que son ami  est interné ;  va lui rendre visite, sa vie en sera bouleversée pour toujours.

John  Mac Corjeac aime sa femme Margaret O’Don d’un amour fou. Cette dernière est fascinée par lui depuis qu’ils étaient camarades de jeux.

John l’aime d’un amour obsessionnel, voudrait connaître ses moindres pensées, ressentir ses émotions, la posséder pour l’éternité. De l’amour fou à la folie, il n’y a qu’un pas.

C’est une histoire singulière écrite d’une très jolie plume, à la fin du dix-neuvième siècle, toute à la fois gothique et romantique, pourtant ! Nous sommes loin de toute morale car cette passion conduit John et Margaret à d’incroyables extrémités où la mort semble abolie.

Une histoire qui fait se demander pourquoi nous l’aimons car en fait peut-être serait-il plus normal d’être horrifié mais ce roman fait  ressortir notre dualité.

Un petit bijou à lire absolument.

Merci aux éditions Libretto

#Laboîteenos#NetGalleyFrance

À vrai dire, j'ai éprouvé dans l'Écosse des Highlands ce que je n'ai éprouvé nulle part au cour de mes nombreux voyages à travers l'Europe. Ces monts, dont les sommets presque toujours perdus dans la brume font croire qu'ils touchent le ciel, ces lacs de plomb fondu, dont les eaux sont si profondes qu'elles semblent être les ouvertures de l'enfer, font subir tour à tour aux passions humaines des envolées et des descentes incroyables. L'Écosse du Nord est je crois, par excellence, le lieu du rêve , de la contemplation intérieure et de l'amour.

Voir les commentaires

2025-12-03T13:29:32+01:00

Le capitaine fantôme

Publié par Althéa

Le personnage principal de ce récit mouvementé est le capitaine Höök. C'est la première fois que je lis son nom. Voici comment l'auteur le présente : «Le Finlandais Fabian Fritiof (Fridolf) Höök, 43 ans, capitaine réputé, chasseur de baleines et explorateur, qui a conduit une première colonie d'émigrés finlandais depuis son pays jusqu'en Amour.»
Mon cœur s'emballe, comme toujours quand il est question de voyage ou d'exploration en mer. Ce patronyme et cette courte description exhalent un parfum entêtant d'aventure.

Ma première expérience de navigation a été courte, moins de quarante-huit heures. Nick m'a appris à hisser la grand-voile, à ouvrir et à enrouler le génois, cette voile triangulaire située à la proue. Il m'a montré comment en serrant ou en relâchant les cordages on fait prendre aux focs la forme la plus propice pour que le vent nous porte au mieux.

 

Leurs empreintes se sont croisées dans l’océan à plus d’un siècle d’intervalle. Est-ce la raison pour laquelle Katariina s’est amourachée de Fridolf Höök ?

Où ne veut-il pas sombrer dans l’oubli ?

« Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font si lourds les morts dans leur cercueils », disait Montherlant.

Et nous voici partis en peine introspection car tout en poursuivant ses recherches sur Fridolf,  Katariina va revivre sa vie avec Nick, le regretté Kisu sur le Zest of Hong Kong.

En parallèle, elle se questionne sur les utopies, ce qui les motivent et les raisons de leur échec pour la plupart.

C’est un livre au rythme lent, où l’on découvre de belles pages sur la mer.

L’histoire du capitaine pose beaucoup de questions et ne trouve que peu de réponses finalement.

L’auteure  a passé beaucoup de temps à chercher.

« Je ne veux pas qu’un archiviste me livre mon Fridolf dans un paquet joliment emballé, avec des dates, des noms et tout. J’ai choisi de le chercher et de le retrouver en amoureuse et en voyageuse : lentement, en chérissant les touts premiers moments. »

Une lecture qui m’a laissée sur ma faim.

Merci aux éditions Marchialy.

# LeCapitainefantôme # NetGalleyFrance

La famine dure depuis bientôt dix ans, et le pire est à venir. En mai 1867, la température ne dépasse pas deux degrés, y compris dans le sud de la Finlande, et en juin, les lacs sont encore gelés et les champs couverts de neige. L'hiver suivant est terrible, les maladies s'ajoutant à la faim et à la malnutrition.
La situation ne fait qu'empirer au printemps 1868. En janvier, 8 000 meurent de faim et de maladies. En février, ils sont 9400, en mars 14 500, en avril 20 600 et en mai 25 200. Cette année d'horreur, on enregistre en Finlande 137 700 décès - la famine fait plus de victimes que la guerre civile de 1918, la guerre d'Hiver en 1939 ou la guerre de Continuation entre 1941 et 1944.

Voir les commentaires

2025-08-04T18:48:39+02:00

L'homme qui rit

Publié par Althéa

Être aveugle et amoureux, c'est être deux fois aveugle.

C'était cette minute d'anxiété préalable où il semble que les éléments vont devenir des personnes, et qu'on va assister à la transfiguration mystérieuse du vent en aquilon. La mer va être Océan, les forces vont révéler volontés, ce qu'on prend pour une chose est une âme. On va le voir. De là l'horreur. L'âme de l'homme redoute cette confrontation avec l'âme de la nature.

Éblouie, émerveillée mais aussi touchée car ayant lu quelques biographies de l'auteur, j’y ai vu plus qu’un roman.

Le 31 août 1881, Victor Hugo rédigea d’une main ferme son testament :

« Dieu. L’âme. La responsabilité. Cette triple notion suffit à l’homme. Elle m’a suffi. C’est la religion vraie. J’ai vécu en elle. Je meurs en elle. Vérité, lumière, justice, conscience, c’est Dieu. Deus, dies. »

Olympio ou La vie de Victor Hugo André Maurois

J’ai lu ce roman et du début à la fin, j’ai vu l’accord entre l’homme et l’écrivain. Sa vie, ses pensées, ses idéaux politiques mais aussi sa dualité, les deuils ainsi qu’un formidable témoignage.

Tout commence avec l’incroyable histoire des comprachicos, de la tempête et de cet enfant de dix ans Gwynplaine abandonné, perdu dans la neige en pleine nuit et je n’ai pu m’empêcher de penser à Cosette apeurée allant chercher l’eau du puits.

C’est une œuvre de maturité où nous découvrons les aristocrates, le parlement, les lois, le peuple anglais, la misère, l’injustice juste un aperçu sans commentaire sans jugement.

« Accuser est inutile. Constater suffit. »

C’est aussi la vie d’Ursus et d’Homo (clin d’œil de l’auteur) qui se sont exilés de Londres et de la folie des hommes. Ursus serait un Gwynplaine âgé, désillusionné, sage et pourtant il commettra une erreur fatale.

Gwynplaine parce qu’il n’avait rien à perdre a sauvé un bébé Déa dont la mère est morte dans la tempête. Pureté des sentiments, innocence, Déa, aveugle, ne sent que l’âme des autres. Tous deux s’aiment tendrement.

«Ils se suffisaient, ils n’imaginaient rien au-delà d’eux-mêmes ; se parler était un délice, s’approcher était une béatitude ; à force d’intuition réciproque, ils en étaient venus à l’unité de rêverie ; ils pensaient à deux la même pensée. »

Gwynplaine connaîtra la richesse, le pouvoir mais sa seule ambition sera d’aider les plus faibles, il y voit sa destinée.

« Je suis prédestiné ! J’ai une mission. Je serai le lord des pauvres. Je parlerai pour tous les taciturnes désespérés. Je traduirai les bégaiements. Je traduirai les grondements, les hurlements, les murmures, la rumeur des foules, les plaintes mal prononcées, les voix inintelligibles, et tous ces cris de bêtes qu’à force d’ignorance et de souffrance on fait pousser aux hommes. Le bruit des hommes est inarticulé comme le bruit du vent ; ils crient. Mais on ne les comprend pas, crier ainsi équivaut à se taire est leur désarmement. Désarmement forcé qui réclame le secours. Moi, je serai le Verbe du Peuple. Grâce à moi, on comprendra. Je serai la bouche sanglante dont le bâillon est arraché. Je dirai tout. Ce sera grand. »

De très beaux passages : n’est pas Victor Hugo qui veut. L’auteur s'est énormément documenté.

La fin de ce livre m’a laissé sans voix, sans mots, tant ce livre est mêlé à sa vie. Je percevais Victor Hugo et sa vie, son œuvre derrière chaque mot. J’y ai vu ses doutes quant à son engagement politique qui lui a couté l’exil et une vie familiale perturbée. Et par-dessus tout j’y ai vu cet hommage à Léopoldine, son ange, et à son gendre partis trop tôt.

_ Le roucoulement est pour les jeunes et le gémissement pour les vieux. Hélas ! Je gémis.
Éaque répliqua :
_ Soyez averti de ceci : si un malade est soigné par vous, et s'il meurt, vous serez puni de mort.
Ursus hasarda une question.
_ Et s'il guérit ?
_ En ce cas là, répondit le docteur, adoucissant sa voix, vous serez puni de mort.
_ C'est peu varié, dit Ursus.
Le docteur reprit :
_ S'il y a mort, on punit l'ânerie. S'il y a guérison, on punit l'outrecuidance. La potence dans les deux cas.
_ J'ignorais ce détail, murmura Ursus. Je vous remercie de me renseigner. On ne connaît pas toutes les beautés de la législation.

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog