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19eme siecle

2025-12-03T13:29:32+01:00

Le capitaine fantôme

Publié par Althéa

Le personnage principal de ce récit mouvementé est le capitaine Höök. C'est la première fois que je lis son nom. Voici comment l'auteur le présente : «Le Finlandais Fabian Fritiof (Fridolf) Höök, 43 ans, capitaine réputé, chasseur de baleines et explorateur, qui a conduit une première colonie d'émigrés finlandais depuis son pays jusqu'en Amour.»
Mon cœur s'emballe, comme toujours quand il est question de voyage ou d'exploration en mer. Ce patronyme et cette courte description exhalent un parfum entêtant d'aventure.

Ma première expérience de navigation a été courte, moins de quarante-huit heures. Nick m'a appris à hisser la grand-voile, à ouvrir et à enrouler le génois, cette voile triangulaire située à la proue. Il m'a montré comment en serrant ou en relâchant les cordages on fait prendre aux focs la forme la plus propice pour que le vent nous porte au mieux.

 

Leurs empreintes se sont croisées dans l’océan à plus d’un siècle d’intervalle. Est-ce la raison pour laquelle Katariina s’est amourachée de Fridolf Höök ?

Où ne veut-il pas sombrer dans l’oubli ?

« Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font si lourds les morts dans leur cercueils », disait Montherlant.

Et nous voici partis en peine introspection car tout en poursuivant ses recherches sur Fridolf,  Katariina va revivre sa vie avec Nick, le regretté Kisu sur le Zest of Hong Kong.

En parallèle, elle se questionne sur les utopies, ce qui les motivent et les raisons de leur échec pour la plupart.

C’est un livre au rythme lent, où l’on découvre de belles pages sur la mer.

L’histoire du capitaine pose beaucoup de questions et ne trouve que peu de réponses finalement.

L’auteure  a passé beaucoup de temps à chercher.

« Je ne veux pas qu’un archiviste me livre mon Fridolf dans un paquet joliment emballé, avec des dates, des noms et tout. J’ai choisi de le chercher et de le retrouver en amoureuse et en voyageuse : lentement, en chérissant les touts premiers moments. »

Une lecture qui m’a laissée sur ma faim.

Merci aux éditions Marchialy.

# LeCapitainefantôme # NetGalleyFrance

La famine dure depuis bientôt dix ans, et le pire est à venir. En mai 1867, la température ne dépasse pas deux degrés, y compris dans le sud de la Finlande, et en juin, les lacs sont encore gelés et les champs couverts de neige. L'hiver suivant est terrible, les maladies s'ajoutant à la faim et à la malnutrition.
La situation ne fait qu'empirer au printemps 1868. En janvier, 8 000 meurent de faim et de maladies. En février, ils sont 9400, en mars 14 500, en avril 20 600 et en mai 25 200. Cette année d'horreur, on enregistre en Finlande 137 700 décès - la famine fait plus de victimes que la guerre civile de 1918, la guerre d'Hiver en 1939 ou la guerre de Continuation entre 1941 et 1944.

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2025-08-04T18:48:39+02:00

L'homme qui rit

Publié par Althéa

Être aveugle et amoureux, c'est être deux fois aveugle.

C'était cette minute d'anxiété préalable où il semble que les éléments vont devenir des personnes, et qu'on va assister à la transfiguration mystérieuse du vent en aquilon. La mer va être Océan, les forces vont révéler volontés, ce qu'on prend pour une chose est une âme. On va le voir. De là l'horreur. L'âme de l'homme redoute cette confrontation avec l'âme de la nature.

Éblouie, émerveillée mais aussi touchée car ayant lu quelques biographies de l'auteur, j’y ai vu plus qu’un roman.

Le 31 août 1881, Victor Hugo rédigea d’une main ferme son testament :

« Dieu. L’âme. La responsabilité. Cette triple notion suffit à l’homme. Elle m’a suffi. C’est la religion vraie. J’ai vécu en elle. Je meurs en elle. Vérité, lumière, justice, conscience, c’est Dieu. Deus, dies. »

Olympio ou La vie de Victor Hugo André Maurois

J’ai lu ce roman et du début à la fin, j’ai vu l’accord entre l’homme et l’écrivain. Sa vie, ses pensées, ses idéaux politiques mais aussi sa dualité, les deuils ainsi qu’un formidable témoignage.

Tout commence avec l’incroyable histoire des comprachicos, de la tempête et de cet enfant de dix ans Gwynplaine abandonné, perdu dans la neige en pleine nuit et je n’ai pu m’empêcher de penser à Cosette apeurée allant chercher l’eau du puits.

C’est une œuvre de maturité où nous découvrons les aristocrates, le parlement, les lois, le peuple anglais, la misère, l’injustice juste un aperçu sans commentaire sans jugement.

« Accuser est inutile. Constater suffit. »

C’est aussi la vie d’Ursus et d’Homo (clin d’œil de l’auteur) qui se sont exilés de Londres et de la folie des hommes. Ursus serait un Gwynplaine âgé, désillusionné, sage et pourtant il commettra une erreur fatale.

Gwynplaine parce qu’il n’avait rien à perdre a sauvé un bébé Déa dont la mère est morte dans la tempête. Pureté des sentiments, innocence, Déa, aveugle, ne sent que l’âme des autres. Tous deux s’aiment tendrement.

«Ils se suffisaient, ils n’imaginaient rien au-delà d’eux-mêmes ; se parler était un délice, s’approcher était une béatitude ; à force d’intuition réciproque, ils en étaient venus à l’unité de rêverie ; ils pensaient à deux la même pensée. »

Gwynplaine connaîtra la richesse, le pouvoir mais sa seule ambition sera d’aider les plus faibles, il y voit sa destinée.

« Je suis prédestiné ! J’ai une mission. Je serai le lord des pauvres. Je parlerai pour tous les taciturnes désespérés. Je traduirai les bégaiements. Je traduirai les grondements, les hurlements, les murmures, la rumeur des foules, les plaintes mal prononcées, les voix inintelligibles, et tous ces cris de bêtes qu’à force d’ignorance et de souffrance on fait pousser aux hommes. Le bruit des hommes est inarticulé comme le bruit du vent ; ils crient. Mais on ne les comprend pas, crier ainsi équivaut à se taire est leur désarmement. Désarmement forcé qui réclame le secours. Moi, je serai le Verbe du Peuple. Grâce à moi, on comprendra. Je serai la bouche sanglante dont le bâillon est arraché. Je dirai tout. Ce sera grand. »

De très beaux passages : n’est pas Victor Hugo qui veut. L’auteur s'est énormément documenté.

La fin de ce livre m’a laissé sans voix, sans mots, tant ce livre est mêlé à sa vie. Je percevais Victor Hugo et sa vie, son œuvre derrière chaque mot. J’y ai vu ses doutes quant à son engagement politique qui lui a couté l’exil et une vie familiale perturbée. Et par-dessus tout j’y ai vu cet hommage à Léopoldine, son ange, et à son gendre partis trop tôt.

_ Le roucoulement est pour les jeunes et le gémissement pour les vieux. Hélas ! Je gémis.
Éaque répliqua :
_ Soyez averti de ceci : si un malade est soigné par vous, et s'il meurt, vous serez puni de mort.
Ursus hasarda une question.
_ Et s'il guérit ?
_ En ce cas là, répondit le docteur, adoucissant sa voix, vous serez puni de mort.
_ C'est peu varié, dit Ursus.
Le docteur reprit :
_ S'il y a mort, on punit l'ânerie. S'il y a guérison, on punit l'outrecuidance. La potence dans les deux cas.
_ J'ignorais ce détail, murmura Ursus. Je vous remercie de me renseigner. On ne connaît pas toutes les beautés de la législation.

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2025-07-25T09:23:24+02:00

Maître et serviteur

Publié par Althéa

Une nouvelle rafraîchissante de cent pages d'un de mes auteurs préférés. 

Les traces des patins étaient aussitôt recouvertes par la neige que chassait le vent, et l'on ne pouvait distinguer la route que parce qu'elle était plus élevée que la plaine qu'elle traversait. Des tourbillons de neige couraient sur les champs, et l'on ne discernait plus la ligne où le ciel et la terre se rejoignent. La forêt de Tiliatino, qu'on distingue toujours très bien, ne se faisait entrevoir que par instants comme une tâche noirâtre à travers la neige poussiéreuse. Le vent venait de gauche, chassant obstinément vers la droite la crinière de Bai et sa queue bien fournie, serrée en un gros noeud. Le long col de Nikita, qui était assis sous le vent, se collait à son nez et à sa joue.

Toute la maestria de Tolstoï en cent pages.
Nous voici partis en traîneau, pris dans une violente tempête, la nuit tombe, le chemin est recouvert par la neige, le vent souffle en bourrasque, nous avons froid, nous nous inquiétons mais par chance nous arrivons dans un village.
Seulement, dans cet attelage, Vassili Andréitch n'a qu'une obsession conclure une affaire le plus rapidement possible. Il ne pense qu'à ses futurs profits. Les villageois lui conseillent d'attendre mais rien à faire, les voilà repartis dans la tourmente. Soumis son domestique Nikita l'accompagne et le sert de son mieux grâce à sa connaissance de la nature.
Dans ce récit, Tolstoï nous montre à quel point, l'homme est impuissant face à la nature, Vassili Andréitch l'apprendra à ses dépens et réalisera trop tard qu'il ne maîtrise que peu de choses. C'est aussi une belle leçon de lâcher-prise car Nikita, son serviteur, sait qu'il n'a pas grand-chose à perdre et accepte l'idée de sa mort tout en plaignant son maître, qui lui, à tant à perdre.
Toute la finesse de Tolstoï dans ces deux portraits où finalement le maître finit par réaliser qu'il a une vie à charge.
Une réflexion sur l'importance de la vie, la sienne et celle des autres.

La pensée de mourir cette même nuit ne lui parut ni trop regrettable, ni trop effrayante. Pas trop regrettable, parce que sa vie était loin d'être une fête continuelle, mais une servitude incessante au contraire et dont il commençait à se fatiguer ; pas trop effrayante, parce qu'outre les maîtres, comme Vassili Andréitch, au service desquels il se trouvait ici-bas, il se sentait soumis au Maître des maîtres, à celui qui l'avait envoyé sur cette terre, et il savait qu'en mourant il resterait encore au pouvoir de ce maître qui ne le molesterait pas.

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