Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

racisme

2025-12-28T10:51:34+01:00

Vers le paradis

Publié par Althéa

Un énorme coup de cœur pour ce roman qui mérite plus de lecteurs par ses thèmes, ses différentes temporalité en un même lieu et surtout la réflexion proposée sur une telle société et ses dérives.

Ils n’avaient pas d’argent, et nul ne savait combien de temps il leur restait à vivre. Se préparer à avoir trente ans, sans songer encore à quarante et moins encore à cinquante, c’était comme acheter des meubles pour décorer une maison de sable – qui pouvait dire quand elle serait emportée par la mer, et qu’elle commencerait à se détruire toute seule, à se désagréger peu à peu ? Il valait bien mieux utiliser l’argent gagné à la sueur de votre front à vous convaincre que vous étiez encore en vie.

«Un homme qui passe son temps à se lamenter sur son sort n'a rien de séduisant », répétait souvent sa grand-mère.
Et une femme, alors ?
« Tout aussi peu séduisant, mais compréhensible, répondait-elle. Une femme a largement de quoi se plaindre. »

Vers le paradis, quel titre ! En trois parties nous assistons à la déliquessence d’une société idéale.

Où est le paradis ? Certainement pas dans cet état vendeur d’espoir et de misère.

Hanya Yanagihara met des mots, décrypte des émotions qui nous laissent sans voix. Elle a tout d’un grand auteur !

Dix-neuvième siècle : une romance qui deviendra une légende. Dans une société homosexuelle où les mariages sont arrangés pour conserver le patrimoine. Un homme devra choisir entre la sécurité financière ou l’amour et l’exil.

Vingtième siècle : un père, un fils et leur besoin de protection. Là où l’un va se perdre, le deuxième réussira tout en s’en voulant d’être dépendant.

Vingt-et-unième siècle : Un univers effrayant avec des épidémies, une absence de liberté, des êtres désincarnés sans la moindre émotion, la déchéance totale de l’humanité, une répression sans limite, l’horreur complète.

Le passé est découvert grâce aux lettres envoyées à Peter par le narrateur. La correspondance de Charles avec Peter son vieil amant, ses états d’âme, sa famille qu’il a sacrifié sans s’en rendre compte en essayant de sauver un maximum de personne et puis ce coup du sort avec Charlie, sa petite-fille différente, victime de l’épidémie dont il voudra assurer l’avenir.

C’est  sombre, «  plombant », grandiose, magistral tout va crescendo jusqu’à … Je ne dévoilerai rien.

Mariage arrangé, solitude, pouvoir, identité sexuelle, amour, stérilité, racisme, épidémie, pouvoir, dictature, handicap, trois parties pour démontrer le positif et le négatif. Une dystopie où les personnages portent tous les mêmes prénoms. Seul lien entre les trois époques une demeure dans Washington Square.

Une mis en garde contre l’État, le pouvoir qui donne et reprend selon son bon vouloir. Une invitation à agir avant qu’il ne soit trop tard.

Hanya Yanagihara met des mots, décrypte des émotions qui nous laissent sans voix. Elle a tout d’un grand auteur ! 800 magnifiques pages à lire absolument.

Merci aux éditions Grasset

#Versleparadis #NetGalleyFrance

Mon identité se modifiait en fonction des quartiers que je traversais. À Manhattan, on me pensait noir, mais à Harlem, on savait que je ne l'étais pas. On s'adressait à moi en espagnol, en portugais, en italien et même en hindi, et quand je répondais que j'étais hawaïen, les gens me répondaient invariablement qu'eux-mêmes, un frère ou un cousin, y étaient allés après la guerre, et me demandaient ce que je faisais à New-York, si loin de chez moi, alors que j'aurais pu batifoler sur une plage avec une jolie petite hula.

Voir les commentaires

2025-08-09T16:09:57+02:00

Cet autre Eden

Publié par Althéa

Tant de jours et de nuits tenaillés par le froid et la faim sur l'île. Tant de semaines d'affilée passées dans le noir, à rester blottis les uns contre les autres, à murmurer des prières pour appeler de ses vœux un peu de lumière, un peu de chaleur, un peu de pain.
L'hiver continua de tempêter et de tourbillonner pendant encore une semaine, puis déda la place au printemps. Le printemps triompha, bruyant et brillant, puis céda la place à l'été.

Des résidents sans domiciles d'Apple Island placé sous la tutelle de l'état : les autorités estiment que ces occupants excentriques sont dégénérés et en situation de détresse.

J'ai été happée par cette histoire de la première à la dernière page.

CET AUTRE EDEN offre tout à la fois la puissance d'un texte poétique et la tristesse d'une histoire sordide.

De par la description des insulaires, je n'ai pu m'empêcher de penser au côté de l'œuvre naturaliste d'Emile Zola avec une part de réalisme magique.

Tout au long du récit combien de fois ai-je soupiré "pauvres gens" !

Tout commence par une tempête à couper le souffle. Et des généalogies à n'en plus finir car ils tiennent à se rappeler qui ils sont.

Pour ce roman l'auteur se serait inspiré de l'histoire de l'île de Malaga et aurait crée la polémique. Les critiques ont affirmé qu'il contient des mythes néfastes sur les habitants  de l'île que les historiens ont tenté de corriger.

A mon avis, même si il n'y a qu'une infime part de vérité le tableau de ces notables puritains du Maine et leur prétexte fallacieux pour se débarasser de ces pauvres gens n'est pas du tout flatteur.

Du bétail, songea Matthew Diamond. Non. Moins que ça encore. Il aurait voulu dire : Cette femme connaît Hamlet par cœur, vous savez.

Le médecin continua de prendre les mesures d'Eha, murmurant à l'interne : Mûlatre ; imbécile de haut grade, ou débile ; démence ; probable érotomanie.

Benjamin Honey rêvait d'un verger de son propre Eden mais bien des années plus tard ces descendants vivent dans des conditons difficiles

Les habitants de l'île sont restés dans leur coin, effectuant des tâches pénibles pour assurer leur subsistance malheureusement leurs origines multiples, la promiscuité dans laquelle ils se trouvent vont les stigmatiser à une époque de théories scientifiques fantaisistes.

Rejetés de tous pendant des années, ils ont subis les colères de la nature sans jamais se plaindre, s'entraident, veillent les uns sur les autres et ont même adoptés des enfants. Il suffit que la civilisation arrive par le biais d'un instituteur désireux de les aider pour que leur bien devienne vital et quel bien ? Des théories racistes, eugéniques.

Pourtant tous ces personnages ont des facilités ou des dons dans certains domaines : peinture, latin, mathématiques, charpentes, soins, ... 

L'insouciante Tabitha Honey s'était révélée si douée pour le latin qu'on eût dit qu'elle s'en souvenait plus qu'elle ne l'apprenait. La taciturne Emily Sockalexis s'était prise de passion pour la géométrie ; elle en avait absorbé les règles avec une telle avidité que Matthew Diamond avait dû bientôt en réapprendre lui-même les grands principes afin de l'aider à progresser. Quand à Ethan Honey, il dessinait presque aussi bien que n'importe quel étudiant en art. 

Ce texte est doté d'une magnifique écriture fluide, forte et prenante. Du lyrisme,des métaphores, toutes les conditions sont réunies pour un coup de cœur et un grand moment de lecture.  

L'ouragan rugissait si fort que Patience Honey crut d'abord être sourde, jusqu'au où elle entendit la montagne marine déferler en avalanche vers eux, charriant un chaos de maisons et de bateaux et d'arbres et de gens et de vaches et de chevaux tournoyant dans un grand tumulte de hurlements, de fracassements, de mugissements, de hénissements et de destruction qui se précipitait droit sur l'île.

Dans cette histoire, rien de bien original quant au dénouement, les innocents paient face à la bêtise humaine. C'est pourquoi tant qu'il y aura des Apple Island, des familles Honey, Lark... il faudra des auteurs comme Paul Harding II car l'homme oublie vite où détourne trop souvent le regard pour ne pas avoir à oublier.

Merci aux éditions Buchet Chastel Cet avis n'engage que moi

# CetautreEden # NetGalleyFrance

 

 

 

​​​​

Seigneur Dieu ! C'est pour vous que le Christ a bravé l'enferr ? Je ne le supporte pas ; je ne peux pas le supporter une seconde de plus ! Bande de minables, misérables salopards débarqués de nulle part ! Vous autres, vous avez toujours de belles paroles à la bouche pour prouver qu'on vaut rien, mais c'est toujours les mêmes vieilles fichues foutaises en boucle ! Sans cesse à harceler les pauvres gens jusqu'à ce que vous les ayez massacrés jusqu'au dernier ! Vous êtes qu'une bande d'assassins.

Apple Island repose à la surface de l'Atlantique, ceinturée de nuit. Les tombes où les morts de l'île gisaient autrefois sont ouvertes et vides et elles écoutent comme des oreilles.

CET AUTRE EDEN sort le 28 août 2025 pensez-y.

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog