Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Archives

2026-04-07T20:04:27+02:00

Musiques en acrostiches

Publié par Althéa

Si vous aimez la poésie ce recueil est gratuit en dématérialisé sur un site bien connu. Merci à son auteur Alexandre Majorczyk pour cette offre.

Je viens juste de l'ouvrir et voici un extrait :

 

BRISES BORÉALES

Au nord, il dort plein de tourments

Nacré de neige en blanc linceul.

Gare aux colères du roi Borée...

Les derniers étés par ses vents,

Allument comme un mauvais œil.

Gèlent de froids rayons carminés

À l'heure tombante, les chants,

Rites d'automne entre les feuilles

De la clarté à la clarté.

 

Amateurs de poésie ou poètes en devenir laissez-vous tenter.








 

Voir les commentaires

2026-04-07T12:23:27+02:00

L'impossible retour

Publié par Althéa

Plus le temps passe et plus j'ai l'impression que nous sommes nombreux dans la confrérie. Nous sommes appelés, je crois, à peupler de plus en plus le monde, nous qui avons perdu un lieu aimé, à quelque titre que ce soit, et qui avons tenté de le retrouver, pour découvrir l'impossibilité du retour.

Le japonais est ma langue fantôme. Jusqu'à l'âge de cinq ans, je l'ai parlé couramment. Ensuite j'ai quitté le pays et oublié la langue.

L'impossible retour : rien que le titre était une invitation.

Qui n'a pas eu envie de retrouver une sensation, une émotion éprouvée, retrouver cette plénitude, cette joie d'un moment précis.

La nostalgie est là, on est de retour sur ces lieux, mais ce n'est plus tout ni nous, ni le lieu, ni le moment. 

Heureusement, Amélie Nothomb est partie avec une amie photographe, l'inénarrable Pep, grande amie des lagomorphes et que les acariens font fuir. La jeune femme la sortira de ses regrets et la mettra quelquefois dans l'embarras, les us et coutumes étant fort différent.

Finalement, Alice qui hébergera Pep, incapable de rester dans sa chambre d'hôtel, leur fera visiter Tokyo.

Amélie Nothomb profitera de ce voyage pour entreprendre la relecture de Karl-Joris Huysmans. Et là aussi ...

Un court roman réussi qui m'a amusée parfois et surtout m'a confirmé être membre de sa confrérie à travers son récit et ses réflexions.

Mais surtout une bien agréable façon de découvrir le Japon.

 

Bien plus que lire, relire est un acte d'amour. Prendre le risque de réexpérimenter un coup de foudre, s'agissant d'un acte aussi intime que la possession littéraire, c'est insensé.

Tandis qu'elle photographie des dizaines de statues de lagomorphes, je me laisse envelopper par des rouleaux de nostalgie. Il fait noir, désormais, il n'y a plus que les lanternes du sanctuaire pour nous éclairer et le temps n'existe plus. J'ai quatre ans.
Personne ne vient nous dire qu'il faut s'en aller. Y a-t-il une heure de fermeture ? Il semblerait qu'il soit possible de passer la nuit au temple des lapins et Pep ne demanderait pas mieux. Les japonais sont des gens si respectueux qu'ils n'imaginent pas les plans tordus qui s'installent dans les cervelles européennes. Ce qui finit par nous en dissuader est la présence d'autres Occidentaux.

Voir les commentaires

2026-04-04T13:36:51+02:00

Taras Boulba

Publié par Althéa

Nous ne troublerons pas l'âme du lecteur par le tableau de tortures infernales dont la seule pensée ferait dresser les cheveux sur la tête. C'était le produit de temps grossiers et barbares, alors que l'homme menait encore une vie sanglante, consacrée aux exploits guerriers, et qu'il y avait endurci toute son âme sans nulle idée d'humanité. En vain quelques hommes isolés, faisant exception à leur siècle, se montraient les adversaires de ces horribles coutumes ; en vain le roi et plusieurs chevaliers d'intelligence et de cœur représentaient qu'une semblable cruauté dans les châtiments ne servait qu'à enflammer la vengeance de la nation cosaque.

Pour poursuivre ma découverte de la littérature Russe, je me suis plongée dans la lecture de Taras Boulba de Nicolaï Gogol. C'est un texte violent et sans états d'âmes, les cosaques sont avant tout des guerriers, l'esprit de corps règne.
 

J'y ai découvert toute une organisation et une façon de penser qu'il m'a été difficile d'admettre mais autre temps, autres mœurs. J'ai été sidérée par cet homme qui fier de ses fils part avec eux rejoindre les troupes cosaques. Voir la malice qu'il met à créer une opportunité pour ses fils de combattre, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. L'un d'eux commettra une faute et mourra de bien triste façon. Quand à l'autre, son triste destin ne provoquera qu'un surplus de haine des polonais, une envie d'en découdre et un désir de vengeance qui mènera Tarass à sa propre perte, jamais il ne se sentira coupable de tout ce gâchis.
 

J'ai bien aimé la plume de Gogol et ses descriptions, par contre je ne me suis pas attachée à ses personnages, j'ai tendance à penser que par son style l'auteur voulait surtout nous montrer des guerriers purs et durs qui font ce qu'ils ont à faire : se battre sans se poser de questions.

 

À cette heure, Balaban inclina sa tête, sentant les poignantes approches de la mort, et dit d'une voix faible :
"Il me semble, seigneurs frères, que je meurs, d'une bonne mort. J'en ai sabré sept, j'en ai traversé neufs de ma lance, j'en ai suffisamment écrasé sous les pieds de mon cheval, et je ne sais combien j'en ai atteint de mes balles. Fleurisse donc éternellement la terre russe !"
Et son âme s'envola.

Voir les commentaires

2026-04-01T10:10:01+02:00

De le dignité des pauvres et des devoirs des riches

Publié par Althéa

Vous raconterai-je ici tous les maux que ce maudit désir des richesses a apportés au genre humain ? les fraudes, les voleries, les usures, les injustices, les oppressions, les inimitiés, les parjures, les perfidies, c'est le désir des richesses qui les a ordinairement amenés sur la terre. Aussi l'Apôtre a-t-il raison de dire, que « le désir des richesses est la racine de tous les maux :» Radix omnium malorum est cupiditas.

Les mauvais riches sont des « pauvres intérieurs (...) toujours avides, toujours affamés dans la profusion et dans l'excès même ». Dans leur âme et dans celle de leurs imitateurs, « où la raison a perdu l'empire, où les lois n'ont plus de vigueur, l'ambition, l'avarice, la délicatesse, toutes les passions, troupe mutine et emportée, font repartir de toutes parts un cri séditieux, où l'on n'entend que ces mots : "Apporte, apporte"». Toute sa vie, l'homme cupide a dit en son cœur : «Je suis : il n'y a que moi ; toute cette multitude, ce des têtes de nul prix, et, comme on parle, des gens de néant.«À l'approche de la mort, il sera seul et sans secours face à son propre néant.

Attention petit bijou, madeleine de Proust.

Jacques Bégnine Bossuet met beaucoup  de malice dans ses sermons. Il interpelle :

Ô pauvres ! que vous êtes riches ! mais ô riches ! que vous êtes pauvres !

Il intrigue, il inquiète :

Voici, messieurs, un grand spectacle : venez considérer les saints anges dans la chambre d’un mauvais riche mourant.

Bien sûr, ce texte date d’une époque, le dix-septième siècle, où l’homme croyait en Dieu et en la justice divine mais où, déjà, certains cherchaient à s’en émanciper.

Bossuet a écrit de nombreux sermons et prêchait à la cour. C’était la conscience des grands, il les ramenait sur terre leur montrant la vacuité de la richesse utilisée à mauvais escient au fil de ses deux sermons et de son panégyrique sur Saint François d’Assise.

Il se sert de textes de Tertullien, d’arguments tirés de la bible pour que les riches aident les pauvres.

Il (Dieu) a voulu que vous eussiez l’honneur de faire vivre vos semblables.

Eloquence, effet de manche, argumentation, ses sermons ont tout de plaidoyers. C’est du grand art. Le texte est très agréable à lire mais je n’en attendais pas moins après avoir lu « Les oraisons funèbres » qui remet les hommes même les plus grands à leur juste place.

Avant le texte, une préface d’une soixantaine de pages, d’Alain Supiot de connaître les différentes théories sur la pauvreté à travers les âges.

 Las, les siècles ont passé, ce qui est dit sur les pauvres et les riches est toujours d’actualité même si la loi divine et la mort sont de plus en plus rejetées de nos jours, à de rares exceptions.

Un texte à lire absolument, tant pour le fond que pour la forme.



 

L'orgueil, comme vous savez, chrétiens, a cela de propre, qu'il prend son accroissement de lui-même, si petits que puissent être ses commencements, parce qu'il enchérit toujours sur ces premières complaisances par ses flatteuses réflexions.

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog