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coup de cœur

2025-11-01T10:57:55+01:00

Inisbofin - 3 La triade irlandaise

Publié par Althéa

_ Ne le bouscule pas de phrases trop longues ni de questions dérangeantes. Il parle peu, mais quand il est lancé, impossible de l'arrêter, et il est lancé, impossible de l'arrêter, et il peut devenir méchant. Reste vague sur le conflit irlandais. Personne n'ose lui dire que l'IRA a rendu les armes. Il avalerait sa pipe s'il apprenait que le Sinn Féin a des élus à la Chambre des communes du Royaume-Uni. À prendre avec des pincettes, l'ancêtre.

Dernier retour en Irlande où nous allons découvrir une CiaraMcMurphy vulnérable sans son Culann.

Cette dernière est impliquée dans une étrange affaire de blanchiment d’argent.

Un témoin protégé, l’a demandé pour tout dévoiler, elle est la seule à laquelle il dira tout.

Les aveux viennent petit à petit et cet homme déstabilise Ciara par ses histoires.

Quand il est question d’argent et de blanchiment, tout le monde s’entend car ce dernier n’a ni sexe, ni race, ni religion, les maffias, Daesh, Al-Quaîda sont évoquées, l’affaire est complexe.

Bien évidemment, la moralité de tout ce petit monde va laisser place à l’avidité. Trahisons, guet-apens, torture, meurtres sont au programme.

Toute cette aventure connaitra un épilogue heureux grâce aux vieux de la vieille de l’île.

Page Coquet donne la part belle aux femmes, à l’Irlande et à ses légendes.

J’ai eu un grand coup de cœur pour La triade irlandaise que je vous recommande chaudement.

Retour à la question initiale : c'est quoi l'embrouille ? Qui a décidé de planter à nouveau le bâton dans la mélasse ? Compte tenu du contexte, les possibilités sont nombreuses : la Garda Soíchnána, MI-6, INTERPOL... toutes les planètes peuvent s'aligner quand il s'agit de déterrer la hache de guerre. Dans ces milieux-là, parmi ces recoins d'histoire où la paranoïa est considéré comme un péché véniel, tout est possible.

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2025-10-25T20:08:43+02:00

Comme des bêtes

Publié par Althéa

On jouait à le terroriser. On devait attraper l'Ours sans se faire attraper par lui. On montait de véritables battues. C'était des conneries de sales gosses. On était atroces

Et encore un coup de cœur !

Comme des bêtes est un roman choral de Violaine Bérot. Tout à la fois banal et surprenant.

Entre légende, ignorance et superstition. C’est l’histoire banale d’un petit village reculé de montagne.

Mariette et son fils l’Ours doivent faire face à l’indifférence, à la méchanceté des habitants ainsi que la cruauté des enfants. Ils vivent seuls en dehors du village là où la différence de l’enfant n’est pas une gêne. Mais une enfant venue d’on ne sais où, va ramener tout ce petit monde à la civilisation et à ses règles car l’Ours bien qu’adulte a des réactions d’enfant alors que certains imaginent le pire.

Tout le monde sera interrogé et donnera sa version. Les taiseux parleront, des secrets seront révélés,  au fur et à mesure du récit, la grotte aux fées prendra de l’importance.

J’ai beaucoup aimé la construction du récit au ton juste alternant une poésie sur la grotte et un habitant du village. À chaque fois, le récit gagne en profondeur et entraîne d’autres révélations.

Se dégagent quelques beaux portraits : cette mère qui protège son enfant, lui donne tout l’amour possible et a changé de vie pour lui. Ensuite, vient ce voisin qui garde secret ce qu’il a  découvert et ce coureur qui leur fait signe en passant.

Une vision de la société qui nous impose ses dictats et malheur à celui qui ne s’y conforme pas. Et une grotte assez symbolique qui a régi la vie des villageois pendant des siècles.

Un court texte émouvant, dérangeant. 

À lire absolument.

Auprès de nous
les fées
disparaît
la peur des géants.

S'envole
La peur des géants
avec nous
les fées.

Alors
les entendons rire
entendons rire les géants
entendons tinter
à nos oreilles les fées
leur rire.

À nos oreilles
comme des chatouilles
le rire des géants.

Leur rire
pour de petits riens
un rayon de soleil sur le nez
trois fourmis soulevant un brin d'herbe
leur rire
aux géants
pour de petits riens.

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2025-10-22T18:59:28+02:00

Sous les arbres L'automne de monsieur Grumpf

Publié par Althéa

_ Avant d'aller hiberner, je me disais que c'était le bon moment pour prendre un petit ver avec mon cher voisin !
_ Hein ? Un dernier ver avant l'hiver ?

Parce qu'aujourd'hui avec le vent, il pleut des feuilles, je me suis métamorphosée en monsieur Grumpf afin de les balayer.

Malgré son air bougon, monsieur Grumpf est un blaireau amical et serviable.

A force d'aider les autres, l'entrée de sa tanière est dissimulée sous les feuilles mortes mais tout le monde lui donnera un coup de main.

Les illustrations sont splendides et l'histoire amusante.

Vous trouverez quelques pages de jeu en fin d'album.

Cette histoire est un coup de cœur de saison pour les plus jeunes.

Peut-être aurez-vous envie de découvrir les trois autres albums de la série.

_ Mon cerf-volant est coincé dans un arbre...
Vous pourriez me prêter votre balai pour que j'essaie de l'attraper ?

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2025-10-12T06:48:23+02:00

J'ai perdu un bédouin dans Paris

Publié par Althéa

Golda Meir a dit :
« Nous pouvons pardonner aux Arabes d'avoir tué nos enfants. Nous ne pourrons jamais leur pardonner de nous avoir forcés à tuer les leurs. La paix viendra quand ils aimeront leurs enfants plus qu'ils ne nous haïssent. »

_ Tu sais... je n'ai pas fait ça pour Israël. Je n'ai pas fait ça non plus contre les Palestiniens.
Son regard se durcit un instant.
_ J'ai fait ça contre la barbarie. Quand tu grandis dans une société où l'on célèbre la mort plus que la vie, où l'on appelle héros ceux qui sacrifient des innocents, une société qui inaugure des rues et des parcs pour enfants au noms de ceux qui tuent des Juifs, arrive un moment où tu dois choisir. Choisir d'être complice. Ou choisir d'être libre. Le Hamas a détruit notre peuple de l'intérieur. Je n'ai pas trahi mon père. J'ai trahi leur mensonge.

 

Des phrases courtes.

Les mots font feu et ça fait mouche. On est touché.

Un homme stupéfait, sidéré, profondément touché en son cœur par le 7 octobre.

Arthur Essebag nous confie quelques souvenirs : ses parents, leur vie, la naissance de son fils et la promesse qu’il s’est faite ainsi que son amour pour son filleul, Noam. Puis on passe à l’essentiel, le 7 octobre et ses suites, son désir d’aider.

On y découvre une belle personne, un homme de cœur qui se sert des moyens dont il dispose pour aider, servir, tenir debout.

Un homme qui malgré la peur, les insultes, les coups bas, les désertions, continue.

Arthur  nous livre ses réflexions qui font appel au bon sens, à l’humanité, à la compassion.

 « Et tant pis pour les morts. Tant pis pour les enfants.

L’essentiel,  c’est que les caméras tournent.

Pendant ce temps, les images continuent de nous arriver.

Et moi, elles me déchirent.

Je ne m’habitue pas. Je refuse de m’y habituer.

Car celui qui les regarde sans trembler a perdu sa raison d’être.

Car celui qui détourne le regard, ou cherche à justifier, a renoncé à la compassion.

Car la souffrance d’un enfant n’a pas de drapeau.

Un enfant israélien tué dans sa maison, un enfant palestinien sous les ruines : ce sont les mêmes larmes.

La même innocence trahie.

La même humanité blessée.

Ils méritent tout autre chose.

Des cerfs-volants, pas des drapeaux en feu.

Des promesses d’avenir, pas des funérailles en martyrs.

Des deux côtés, l’enfance est prise en otage. Volée. »

Merci aux éditions Grasset de leur confiance.

# JaiperduunbédouindansParis # NetGalleyFrance

La vérité et l'empathie ne s'opposent pas.
Elles s'éclairent mutuellement.
Et le monde ?
Que fait-il le monde ?
Il regarde.
Il pleure.
Il débat.
Il scrolle.
Il s'indigne, parfois, à heure fixe.
Puis il passe à autre chose.
Et c'est peut-être, là, li pire.

Ce livre n'en est pas vraiment un.
C'est une blessure ouverte qui ne cicatrise pas.

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2025-09-20T19:15:52+02:00

Anima Une pastorale sauvage

Publié par Althéa

Et enfin, au crépuscule, une masse indistincte se déverse depuis le bosquet de pins nains. Bêêêêêê. Van-van-van. L'énergie change aussitôt, comme si la lave avait envahi la coupelle vide de la vallée. Les moutons reviennent des lacs.

« Bébé Hector deviendra un grand bouc. Mais qu'importe on l'aimera quand même ! »
L'amertume de la mère se dissipait instantanément au contact des animaux. Bébé Hector était trop beau et trop malin pour servir l'humain dans quelque activité pragmatique que ce soit, et j'espérais... J'étais juste emplie d'espoir pour lui.

« Fouler la surface de la Terre hors du temps impérial et industriel revient à résister au système qui emprisonne les corps et les âmes. Je le sens dans mes os, ici, à l’endroit où les ruines de l’entreprise ottomane, sur lesquelles trônent les ruines du projet communiste, surveillées par les montagnes désertes symbolisant l’absence actuelle de tout projet. »

Kapka et les karakachans … là haut dans la montagne…

Anima, ce chant de la vie, de la terre, ce lien entre les hommes et les animaux indestructible, indissoluble chez certains

Un chant choral pour une seule voix : l’âme du monde.

« Les grands pâtres d’antan nourrissaient et habillaient tout le monde en s’assurant que la montagne demeurait saine, et ce, comme leurs ruminants, sans laisser la moindre empreinte. Pas de monuments, pas de bâtiments, pas de fouilles. Pas même de cimetières. Rien que des animaux. Vaste et vulnérable héritage. Un coffre-fort de banque renfermant l’or de la vie même. »

Je me suis fondue dans cette nature, cette beauté, cette harmonie. Cette vie simple et rude que menait mes ancêtres.

 Anima est l’occasion pour les cynophiles de découvrir une race de chiens de berger, magnifiques, eux aussi, les karakachans faits pour les grands espaces.

Un retour aux  sources et à de nombreuses races endémiques de la Bulgarie ou des Balkans en voie de disparition (il y en avait cent trente sept il y a cent ans), une quête d’un passé détruit par le communisme, une recherche d’harmonie : hommes, bêtes, nature encore encore bien fragile malgré les efforts de Kámen, Stamen  et Marina qui ont initié ce retour,  puis Sásho le berger.

 Kapka donne vie à la montagne et fait le lien entre le monde d’en haut et sa vie simple qui n’est pas du tout synonyme de facilité et le monde d’en bas avec sa matérialité et les tracas administratifs de l’Europe et ses lois.

Les karakachans c’est le nomadisme, la transhumance, bien des usages et une culture perdue.  N’est pas berger qui veut, Sásho et quelques autres ont choisi cette vie

« D’où te vient ce don avec les animaux ?  interrogeai-je

Sásho

_ Pas besoin d’un don. Faut juste avoir la fibre. » Au cours de mes recherches, je découvris que les ancêtres de sa mère étaient très probablement des nomades sédentarisés. Du côté de son père, il s’agissait de pâtres déplacés de force. Leurs chemins s’étaient croisés pour donner  naissance à Sácho puis le livrer aux vents de la fortune sur les chemins d’antan. Sur la carte intérieure, certains traits sont indélébiles. »

Bien que les karakachans connaissent une certaine harmonie, tout n’est pas rose il y a beaucoup de contraintes à vivre au plus proche de la nature, loin des hommes.

Je n’ai pu m’empêcher de penser à mon village où il y a deux ans un troupeau de mouton s’est installé les voir changer de pâture, entendre les cloches et les bêlements la nuit a fait remonter mes souvenirs de vacances sur le causse Méjean, la beauté des lieux, les nombreux troupeaux, tout un univers dans lequel j’aimais me promener.

C’est pourquoi ce texte écrit par Kapka Kassabova a pris une immense valeur à mes yeux tant par sa beauté que par ce retour aux origines.

Cette histoire serait idyllique sans l’affrontement de deux mondes, on souhaiterait une issue heureuse pour les karakachans. Qui sait ?

Un rappel de la beauté de l’âme du monde sans laquelle nous ne pouvons vivre.

Anima, une pastorale sauvage met fin au cycle Bulgare de Kapka Kassabova, par chance je n’ai pas encore lu Lisière.

Merci aux éditions Marchialy.

# Anima # NetGalleyFrance

À Orelek, les gens des hauts plateaux avaient un rituel pour invoquer la pluie en temps de sécheresse. Ils désignaient une orpheline, lui couvraient la tête de branches de sureau et l'emmenaient de maison en maison, aspergeant tout d'eau sur son passage. Ils récitaient ceci :
Dieu, donne-nous de la pluie !
Pour nous fournir du blé et du seigle,
Pour nourrir les orphelins et les indigents et les métayers,
les métayers et les bergers,
les chevriers et les vachers.

Cet épisode avait été prédit par les voyants karakachans. « Si les Karakachans meurent, tout le monde meurt », disaient-ils. Moutons, chiens, chevaux, ânes et humains. Ce n'est pas une coïncidence si les animaux qu'ils élevaient ont adopté leur nom
Fin 1958, le nombre de moutons de montagne avait chuté à 158 896. Tous les moutons karakachans furent happés dans dans le projet industriel productiviste : toujours plus de viande, de lait, de laine.

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