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2025-07-15T14:50:56+02:00

Frumentarius : Tome 3 : Le glaive de César

Publié par Althéa

En observant une carte de la province, j'évaluais qu'il me faudrait au moins trois jours avec un bon cheval pour rejoindre Londinium et au moins six de plus pour rallier Eburacum et autant pour atteindre Coriosopitum, au pied du mur d'Hadrien. Enfin, après une halte afin de me préparer, je traverserais les portes et m'engagerais sur les terres des Calédoniens, ces barbares tatoués de pigments bleus...
En toute sincérité, je dois reconnaître que la perspective de faire face à ces guerriers du Nord ne m'enchantait guère...

 

De Rome… et de Britannia …

Quintus Lupus, mon espion romain préféré est chargé de franchir le mur d’Hadrien et de récupérer l’épée de César dont l’acier provient de l’arme de son plus grand ennemi.

Une mission qui ne l’enchante guère car le Septentrion ce sont les barbares, l’humidité, le froid et un Sol qui brille par son absence.

Ainsi commence le long voyage sans entrain de notre frumentarius qui ressent une certaine lassitude après différentes missions (forts divertissantes pour la lectrice). Il commence à vieillir et souhaite s’occuper de son fils Caïus qu’il ne voit que trop peu.

Cet aventure est une occasion de découvrir de nouvelles contrées, d’autres cultures et un peuple rude et frustre comme sa terre.

Si nous sommes ce que notre environnement fait de nous,  je dois dire qu’entre Mare Nostrum et Britannia, les deux peuples n’ont rien à s’envier quand il s’agit de barbarie : match nul.

Être un espion au service de Rome et de l’empereur n’empêche pas Quintus d’avoir un sens critique bien acéré et de se forger un certain code moral car l’empire romain n’est plus ce qu’il était. Commode ne fait pas l’unanimité chez les frumentarii.

Nous retrouvons aussi notre jeune universitaire Emilio toujours passionné par les aventures de son lointain aïeul, il devra faire face à la jalousie qu’engendre son succès mais aussi à la nouvelle déconcertante de sa petite amie.

Encore un très bon opus, avec les locutions latines expliquées, deux cartes permettent de trouver son chemin.

Au final,  Alex Speri nous fait remonter le temps mais on s’aperçoit que rien n’est bien différent de nos jours. Y aura-t-il un prochain opus ? Certaines allusions le laissent entendre.

Encore un excellent moment de lecture !

Merci pour ce service de presse via Simplementpro.

Régulièrement, lorsque je m'apprêtais à embarquer pour un voyage sur les flots, je visitais le temple de Neptune et priais le Seigneur des Mers pour la bonne santé de ses créatures.

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2025-07-12T11:31:17+02:00

Vis et souviens-toi

Publié par Althéa

« C'est encore la guerre, c'est toujours elle, recommença-t-il à se justifier et à maudire, ele n'en a pas assez avec tous les tués, les estropiés, il lui faut encore des types comme moi ? D'où nous vient, à tous à la fois, cet horrible, horrible châtiment ?...

Lorsque j’ai lu le résumé, j’ai pensé de suite à la chanson de Boris Vian  « Le déserteur » :

Je ne suis pas sur terre

Pour tuer des pauvres gens

Mais hélas il n’en est rien. Je m’attendais à un être qui a le courage de dire non à la guerre même si cela risque de lui coûter la vie.

Mais non ! Andreï Gouskov est parti en haïssant ceux qui restait, revient en ayant trop honte pour se montrer et menace sa pauvre femme, Nastiona qui prendra beaucoup de risques pour lui. Sans parler de  l’épisode du veau qui m’est resté en travers de la gorge. Comme vous pouvez le deviner je n’ai pas aimé ce personnage.

À l’examen clinique, ce roman présente un électro-encéphalogramme plat. Il est monotone et m’a semblé bien long malgré ses deux cent quatre vingt huit pages.

Je suis restée sur ma faim, ce n’est ni une charge ni une apologie envers les déserteurs qui furent assez nombreux somme toute en Russie lors de la seconde guerre mondiale.

Et en fait, la guerre sert de toile de fond, ce serait plutôt la chronique d’un village même si le texte est minimaliste.

Par contre Nastiona est une belle personne qui relève cette histoire même si son comportement est étonnant, car bien qu’elle ne comprenne pas toujours AndreÏ et qu’elle ait des doutes :

« Bon dieu, que les sentiments humains sont capricieux et confus, qu’ils sont exigeants et inconstants. Était-ce bien vers cet homme qu’elle avait ramé, pour lui qu’elle souffrait, était-ce lui qui possédait sur elle cette emprise épouvantable et tant souhaitée ? Elle avait du mal à y croire. »

Elle lui restera fidèle jusqu’au bout et subira l’opprobre des villageois.

Mon avis quand à Valentin Raspoutine est mitigé, je souhaitais découvrir un nouvel auteur russe. Je ressors déçue de cette lecture donc il ne vous reste plus qu’à le lire et à vous forger votre propre opinion.

Merci aux éditions Noir sur Blanc. Cet avis ne concerne que moi.

# Visetsouvienstoi # NetGalleyFrance

Et l'homme prétend encore que l'âme d'autrui est ténèbre, comme s'il avait une idée de ce qui se passe dans la sienne.

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2025-07-09T13:09:06+02:00

Les orphelins de Löwengold 2 L'héritier d'Ézéquiel

Publié par Althéa

À cinq cents kilomètres du château de Löwengold, le Fléau méphistophélique allait bientôt éprouver une minuscule gêne, un fourmillement, à peine une légère griffure sur le dos de cette main décharnée, posée sur l'accoudoir de son trône de plomb. Bientôt, l'ombre d'un doute allait s'incruster dans l'esprit de l'éternel ennemi.

Après mon coup de cœur pour le premier tome, je ressors éblouie par une suite superbe. La suite que j’attendais et que j’ai eu l’immense chance de découvrir grâce aux éditions JLB et à Nathan de Babelio.

Roxane, Suzanne, Nicolas, Jean-Louis et Enzo vont revenir à Löwengold, après deux ans de captivité dans le Pandémonium.  Le monde n’est plus que ténèbres et l’humanité est asservie par le Seigneur des Ombres.

Si au début Nicolas tâtonne dans ses rapports avec les autres, ses amis et leurs réflexions lui permettront de rester ce qu’il est un jeune homme débrouillard, plein d’empathie et  de ressources.

Grâce à l’abnégation de certains, sa Sérendipité va pouvoir mener à bien sa mission et les astres s’aligneront. De nombreuses personnes lui accorderont leur aide et des soutiens inattendus se joindront à eux .

Une aventure pleine de rebondissements, de combats, de magie  mais aussi d’humour. Avec de nombreuses références telle cette messagerie tellement insolite à l’heure de l’informatique qui rend un bel hommage aux chouettes de Poudlard.

 Si certains livres nommés peuvent trouver une étrange résonnance chez le lecteur. Les symboles, l’école des mystères et la machine d’Anticythère offrent aussi de quoi aiguiser l’appétit des plus curieux.

Un récit qui connaîtra sa conclusion en Égypte, là où tout a commencé. La vengeance trouvera sa juste place,  les héros auront la sagesse de rester dans l’ombre et de laisser place aux légendes. Je n’en dirai pas plus…

Encore merci à Kaminsky/Stéphane Nançoz pour cette énorme coup de cœur. J’espère que si suite il y a, ce sera très bientôt.

 

_ L'alchimie intérieure ne se nourrit pas des futilités fantasmées par les rois de jadis ou les hommes avides de conquêtes. Elle est une aventure humaine, un chemin d'élevation intime ; une quête menant à la connaissance parfaite. La richesse est la compagne des charlatans, elle n'a jamais été le graal de l'alchimie, bien au contraire. Seul le cinabre d'or occupe nos pensées : l'élixir de longue vie. Ce breuvage nous procure l'unique ingrédient permettant d'atteindre le trésor le plus précieux : du temps pour la quête de connaissance.

Cet été, je serai moins présente deux petits êtres récemment arrivés dans la famille m'ont convaincue de lire un petit peu moins donc je vais partager avec vous des nouveautés et des coups de coeur d'il y a quelques années.

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2025-07-04T15:51:24+02:00

L'archipel d'une autre vie

Publié par Althéa

Dans ce monde confus, l'unique constante s'imposait : la haine. Elle pouvait résulter du désir, de la peur ou bien des idées apparemment nobles et, curieusement, les plus meurtrières.

Il faut absolument lire L'archipel d'une autre vie, c'est magnifique, c'est grandiose, ça vous laisse sans voix.
Au début du livre qui est fort bien écrit et nous fait découvrir la vie en Sibérie, le régime de Staline et l'immensité de la taïga, on s'interroge sur ce fugitif plutôt inoffensif et on se demande pourquoi malgré une lecture agréable tout le monde en dit tant de bien, puis à la page 120 après une certaine révélation, la lecture s'emballe et le temps est aboli jusqu'à la toute dernière phrase.
Ce livre est un questionnement sur la civilisation : nous rend-elle plus humain ou fait-elle de nous des pantins déshumanisés incapables de réfléchir par nous- mêmes.
Une chose est sûre je suis tombée sous le charme de la plume d'Andreï Makine et si ce ne sont plus les îles Chantars, je visiterais d'autres coins de Russie et d'autres époques avec plaisir grâce à lui. Merci pour un si beau livre.

A la chute du jour, en dévorant la chair grillée sur les braises, je pris conscience de n'avoir jamais pensé avec un tel chagrin et une telle reconnaissance, à une parcelle de vivant qui m'épargnait la mort. En vérité, jamais je ne m'étais senti aussi uni à cette vie dite sauvage et à laquelle à présent j'appartenais...

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2025-06-30T19:13:40+02:00

Berezina

Publié par Althéa

Fous de souffrance, décharnés, gelés, mangés de vermine, ils allaient devant eux, des champs couverts de morts vers d'autres champs de linceuls. Chaque pas arraché constituait le salut en même temps que la perte. Ils marchaient et ils étaient maudits;

...

Fallait-il que Napoléon irradiât d'une force galvanique pour que ces hommes ne lui tiennent pas rancune de leur infortune et , mieux ! perdent toute amertume à son apparition !

Ils furent les grands martyrs de la Retraite. On les creva sous les charges, on les écorcha vifs, ... Personne n'a célébré la souffrance des chevaux de 1812 à la juste hauteur de leurs souffrance.
...S'il y a une innocence fauchée par la guerre, c'est bien celle des animaux : ils se seraient passés de la violence des hommes.
...Pourquoi m'avez-vous conduit ici ? Vous autres, Hommes, avez failli, car aucune de vos guerres n'est celle des bêtes. Les français possédaient près de cent cinquante mille bêtes en commençant la guerre : cent mille chevaux de trait et quarante-cinq milles montures. Les Russes en disposaient d'à peu près autant . Sur ces trois cent mille bêtes, deux cent mille moururent pendant les six mois de campagne.

Il y a ceux qui reconstituent les batailles de l'Empereur avec des soldats de plomb. Et puis il y a Sylvain Tesson qui à bord d'une Oural, aux mêmes dates, nous fait suivre la route empruntée par la grande armée.
L'auteur nous emmène sur son side-car et nous fait découvrir à l'aide de nombreux documents, le trajet suivi pour revenir en France, la description des lieux et les réflexions qu'imposent le retour sur ces hauts lieux chargés d'histoire sont émouvants, tant de détresse, de souffrances humaines et animales. Sylvain Tesson cherche d'une certaine façon des raisons pour cette guerre, ces hommes qui suivaient l'Empereur de campagnes en campagnes. A la page 203, il nous dit : " L'Empereur avait réussi une entreprise de propagande exceptionnelle. Il avait imposé son rêve par le verbe. Sa vision s'était incarnée. La France, l'Empire et lui-même étaient devenus l'objet d'un désir, d'un fantasme. Il avait réussi à étourdir les hommes, à les enthousiasmer, puis à les associer tous à son projet : du plus modeste des conscrits au mieux né des aristocrates." Les français avaient fait un rêve qui s'achevait avec la Bérézina.
C'est un livre que j'ai énormément apprécié pour les connaissances qu'il m'a apporté et puis qui n'aurait pas envie de faire la route sur une Oural, cheveux aux vents, sur les traces de l'auteur. Je me dois aussi de remercier une e amie, sans ses critiques de Sylvain Tesson, je n'aurais peut-être pas rencontré cet auteur auquel je laisse le mot de la fin :
"Qui était Napoléon ? Un rêveur éveillé qui avait cru que la vie ne suffisait pas. Qu'était l'histoire ? Un rêve effacé, d'aucune utilité pour notre présent trop petit."

_ Nous nous contenterons de répéter l'itinéraire de la Retraite.
_ En mesurant au plus profond de nous..
_ ... la charge de malheur...
_ ... la somme de souffrances...
_ ... ce que coûte en chagrin un songe de grandeur.
_ ... et ce qu'il faut de larmes pour réformer le monde.

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