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2025-09-27T07:26:10+02:00

La dame aux oiseaux

Publié par Althéa

De l'amour je n'avais découvert que les gestes et le plaisir, non ce brasier qui ravage et consume une vie.

Un récit sans prétention, bien écrit, on se laisse prendre à ce roman choral.

La Bretagne à la morte saison, un petit village et son café.

Quelques habitants, leurs secrets et un tragique accident de voiture qui bouleversera bien des vies.

Thomas, le patron du bar le Cap Horn, qui va découvrir son père.

« Cette absence faisait partie de moi. Je n'en souffrais pas, puisque je n'avait jamais connu autre chose. Et voilà que la dame aux oiseaux faisait apparaître cet inconnu au détour d'une phrase. »

Annie, sa mère, veuve trop jeune qui porte un lourd secret.

« Ce matin, j'épluchais des carottes dans la cuisine, et je vois par la fenêtre une voiture qui se gare devant le Cap Horn. Cette femme en descend. Je ne l'ai pas revu depuis trente ans. »

Elise, la dame aux oiseaux, son côté mystérieux, cette passion qu'elle a connue et ses confidences à Thomas.

« Comme Juliette au tombeau de Roméo, comme Isolde après la mort de Tristan, j'étais condamnée à ne plus pouvoir vivre vraiment sans Valentin. »

Et puis, Léon, ancien d'Algérie, dont il parle par bribe.

« ... Je suis un passeur. Je fais contrebande de mots entre les morts et les vivants. Rien de plus. Je regarde. J'entends. Je réfléchis. Je garde tout pour moi. »

Une histoire où la nostalgie et la curiosité des uns ravivera une vieille haine destructrice.

Un récit qui donne aussi la vedette à la Bretagne, ses paysages, ses oiseaux et la mer. 

Un roman agréable à lire où l'on a envie de cheminer avec les personnages et de savoir ce qu'il adviendra d'eux.

Merci aux éditions Grasset

# Ladameauxoiseaux # NetGalleyFrance

Je prends la sente à peine au bout de la plage des Alleux, traverse la zone humide dos à l'océan, et je vais m'asseoir sur les ruines. Les massettes des roseaux strient l'horizon. Des grenouilles sautent, comme si je les avais dérangées. Je ne m'approche pas du nid du héron cendré. Un scarabée vert émeraude se faufile entre les gravats. L'odeur de la tourbe se substitue peu à peu à celle de la plage. Des oisillons invisibles réclament sans cesse leur pitance à des parents absents. Une couleuvre à collier montre sa tête et nage en zigzaguant. Je suis au cœur des marais.

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2025-09-23T08:39:23+02:00

La maison aux neuf serrures

Publié par Althéa

Désormais elle savait pourquoi Sebastian l'avait emmenée dans cette maison : parce qu'il savait qu'elle écouterait son projet. C'était un rêve qui comptait pour lui, aussi irréaliste pouvait-il sembler. Elle ressentait une pointe de fierté à l'idée que c'était à elle, rien qu'à elle, qu'il avait confié ce secret précieux.

Après la lecture très intense que fut "Comme si nous étions des fantômes", je récidive avec le dernier roman de Philip Gray.

Ce n'est  pas un coup de cœur il y a des longueurs, un tiers du roman pour arriver à la maison aux neuf serrures. Par contre la dernière partie est prenante.

J'ai aimé le fait que l'histoire se passe en Belgique bien que j'ai eu beaucoup de mal a mémoriser les noms, un contexte historique plus présent m'aurai bien plu aussi.

Donc, dans la Belgique de l'après-guerre, un corps est retrouvé carbonisé, le commandant De Smet est chargé de l'enquête.

En parallèle, nous allons suivre la traque de De Smet et la vie d'Adelaïs De Wolf, jeune fille au grand cœur, qui bien qu'handicapée sauvera un jeune homme de la noyade.

Que s'est-il passé à Anderlecht qui fera se croiser les routes d'Adélaïs et de Smet. 

Des êtres égoïstes, manipulateurs, cupides tournent autour d'Adélaïs qui devient leur jouet, l'un d'eux détruira sa famille.

Mais à l'heure de la vengeance, l'élève dépassera le maître. Quelle fin jubilatoire, même si...

Merci aux éditions Sonatine pour ce service de presse.

# LaMaisonauxneufserrures # NetGalleyFrance

 

Aucun doute, il sentait l'argent, sauf que - c'était difficile à expliquer - le tenir, le toucher lui donnait un frisson que le véritable argent ne lui avait jamais procuré. Bizarrement, cet art de transformer le papier en or était plus magique, plus mystérieux, lorsqu'il était exercé illégalement.

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2025-09-20T19:15:52+02:00

Anima Une pastorale sauvage

Publié par Althéa

Et enfin, au crépuscule, une masse indistincte se déverse depuis le bosquet de pins nains. Bêêêêêê. Van-van-van. L'énergie change aussitôt, comme si la lave avait envahi la coupelle vide de la vallée. Les moutons reviennent des lacs.

« Bébé Hector deviendra un grand bouc. Mais qu'importe on l'aimera quand même ! »
L'amertume de la mère se dissipait instantanément au contact des animaux. Bébé Hector était trop beau et trop malin pour servir l'humain dans quelque activité pragmatique que ce soit, et j'espérais... J'étais juste emplie d'espoir pour lui.

« Fouler la surface de la Terre hors du temps impérial et industriel revient à résister au système qui emprisonne les corps et les âmes. Je le sens dans mes os, ici, à l’endroit où les ruines de l’entreprise ottomane, sur lesquelles trônent les ruines du projet communiste, surveillées par les montagnes désertes symbolisant l’absence actuelle de tout projet. »

Kapka et les karakachans … là haut dans la montagne…

Anima, ce chant de la vie, de la terre, ce lien entre les hommes et les animaux indestructible, indissoluble chez certains

Un chant choral pour une seule voix : l’âme du monde.

« Les grands pâtres d’antan nourrissaient et habillaient tout le monde en s’assurant que la montagne demeurait saine, et ce, comme leurs ruminants, sans laisser la moindre empreinte. Pas de monuments, pas de bâtiments, pas de fouilles. Pas même de cimetières. Rien que des animaux. Vaste et vulnérable héritage. Un coffre-fort de banque renfermant l’or de la vie même. »

Je me suis fondue dans cette nature, cette beauté, cette harmonie. Cette vie simple et rude que menait mes ancêtres.

 Anima est l’occasion pour les cynophiles de découvrir une race de chiens de berger, magnifiques, eux aussi, les karakachans faits pour les grands espaces.

Un retour aux  sources et à de nombreuses races endémiques de la Bulgarie ou des Balkans en voie de disparition (il y en avait cent trente sept il y a cent ans), une quête d’un passé détruit par le communisme, une recherche d’harmonie : hommes, bêtes, nature encore encore bien fragile malgré les efforts de Kámen, Stamen  et Marina qui ont initié ce retour,  puis Sásho le berger.

 Kapka donne vie à la montagne et fait le lien entre le monde d’en haut et sa vie simple qui n’est pas du tout synonyme de facilité et le monde d’en bas avec sa matérialité et les tracas administratifs de l’Europe et ses lois.

Les karakachans c’est le nomadisme, la transhumance, bien des usages et une culture perdue.  N’est pas berger qui veut, Sásho et quelques autres ont choisi cette vie

« D’où te vient ce don avec les animaux ?  interrogeai-je

Sásho

_ Pas besoin d’un don. Faut juste avoir la fibre. » Au cours de mes recherches, je découvris que les ancêtres de sa mère étaient très probablement des nomades sédentarisés. Du côté de son père, il s’agissait de pâtres déplacés de force. Leurs chemins s’étaient croisés pour donner  naissance à Sácho puis le livrer aux vents de la fortune sur les chemins d’antan. Sur la carte intérieure, certains traits sont indélébiles. »

Bien que les karakachans connaissent une certaine harmonie, tout n’est pas rose il y a beaucoup de contraintes à vivre au plus proche de la nature, loin des hommes.

Je n’ai pu m’empêcher de penser à mon village où il y a deux ans un troupeau de mouton s’est installé les voir changer de pâture, entendre les cloches et les bêlements la nuit a fait remonter mes souvenirs de vacances sur le causse Méjean, la beauté des lieux, les nombreux troupeaux, tout un univers dans lequel j’aimais me promener.

C’est pourquoi ce texte écrit par Kapka Kassabova a pris une immense valeur à mes yeux tant par sa beauté que par ce retour aux origines.

Cette histoire serait idyllique sans l’affrontement de deux mondes, on souhaiterait une issue heureuse pour les karakachans. Qui sait ?

Un rappel de la beauté de l’âme du monde sans laquelle nous ne pouvons vivre.

Anima, une pastorale sauvage met fin au cycle Bulgare de Kapka Kassabova, par chance je n’ai pas encore lu Lisière.

Merci aux éditions Marchialy.

# Anima # NetGalleyFrance

À Orelek, les gens des hauts plateaux avaient un rituel pour invoquer la pluie en temps de sécheresse. Ils désignaient une orpheline, lui couvraient la tête de branches de sureau et l'emmenaient de maison en maison, aspergeant tout d'eau sur son passage. Ils récitaient ceci :
Dieu, donne-nous de la pluie !
Pour nous fournir du blé et du seigle,
Pour nourrir les orphelins et les indigents et les métayers,
les métayers et les bergers,
les chevriers et les vachers.

Cet épisode avait été prédit par les voyants karakachans. « Si les Karakachans meurent, tout le monde meurt », disaient-ils. Moutons, chiens, chevaux, ânes et humains. Ce n'est pas une coïncidence si les animaux qu'ils élevaient ont adopté leur nom
Fin 1958, le nombre de moutons de montagne avait chuté à 158 896. Tous les moutons karakachans furent happés dans dans le projet industriel productiviste : toujours plus de viande, de lait, de laine.

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2025-09-16T07:41:32+02:00

Tiberea, tome 1 : Les protecteurs

Publié par Althéa

_ Mais pourquoi ? pourquoi voudrait-il que les habitants du Royaume se croient ennemis ?
_ Parce ce que le pouvoir se nourrit de la division. Tu sais que le Grand Cataclysme a littéralement séparé les cinq Provinces. Auparavant, on pouvait se déplacer librement entre les différentes régions sans passer par les ponts qui relient désormais ces îles séparées par le gouffre. Le Roi a profité de cette séparation géographique pour ancrer une division dans les mentalités.

Cinq provinces séparées par des ponts sont sous la domination d’un roi qui a inventé une nouvelle histoire le valorisant après le Grand Cataclysme mais les protecteurs, un groupe de mages a conservé quelques textes sur le monde d’avant ainsi qu’une prophétie.

Depuis quelques temps, les signes font penser que le moment est venu de se débarrasser du roi mais ce dernier est particulièrement perspicace et retors.

Si Ned un adolescent semble avoir certaines qualités pour faire parti des Protecteurs aux yeux de Phionepe, la mage rien n’est encore joué. Il faut avertir les autres et surtout s’occuper de son apprentissage.

Pendant ce temps, un autre adolescent Sig le fils du roi fait montre de certains pouvoirs (il communique avec les animaux). Il désire découvrir les provinces malgré le véto de son père. Il s’enfuira avec la complicité.

Cet événement fera boule de neige, le Roi y voyant un signe lui aussi avancera quelques pions pour trouver les Protecteurs.

Mensonge, pouvoir, trahison sont au rendez-vous mais c’est aussi un récit écologique et humaniste avec des personnages humains et animaux attachants.

Que l’on aime la magie, l’aventure ou la réflexion il n’y a qu’à se laisser porter par cette histoire.

J’ai apprécié l’écriture fluide de David Tschopp ainsi que l’intelligence de son texte qui aborde de nombreux thèmes.

Tout s’arrête avec beaucoup de personnages dans des situations peu enviables et le désir d’en savoir plus.

Merci à David Tschopp pour ce SP via Simplementpro.

C'était un garçon qui aurait pu être banal s'il n'avait pas eu cette flamme et ce charisme si particuliers. Il ne se souciait guère du regard des autres et ne se donnait pas la peine de se façonner une image. Il était de taille moyenne et musclé comme un travailleur. Ses yeux gris pétillaient au milieu de son visage ovale. En y regardant de plus près, on pouvait toutefois percevoir une ombre, tapie au fond. Il avait les cheveux ras et châtains. Son visage était asymétrique, un sourcil plus haut que l'autre, un nez fin mais légèrement tordu vers la droite et les oreilles un peu décollées. Comme tous les habitants de la Province de Ralep, il avait une morphologie humaine incorporant quelques traits félins.

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2025-09-11T10:21:04+02:00

Gandhi la force de la non-violence

Publié par Althéa

L'enfant continua :
_ Tu crois que j'aurai un ami comme ça, un jour ? J'aimerais tellement...
Rambha répondit :
_ Je l'espère. Tu as un cœur d'or, tu es fait pour donner et recevoir...

Au plus profond de la nuit glaciale, Gandhi se sentit perdu. En même temps, il prit conscience qu'il n'était qu'un parmi les millions d'hommes vivant avec un seul droit : être une ombre courbée devant les puissants. Et si toutes ces ombres formaient une armée ? Une armée sans armes, juste des humains en marche, réclamant l'égalité de traitement avec leurs occupants. La dignité à laquelle tout être humain a droit, quelle que soit sa couleur de peau.
Seul, on ne peut rien.
Ensemble, on peut tout.

Un livre qui devrait être distribué à tous les jeunes, il est très important pour eux de savoir que la force et la guerre ne sont pas la seule façon d'obtenir gain de cause.

Gandhi est doté d'une grande force morale, d'une intelligence vive, d'une curiosité sans limite et surtout il s'insurge contre toutes les injustices.

Tout au long de sa vie il tirera un enseignement de toutes les rencontres et les expériences qu'il fera. 

La détermination de Gandhi depuis son plus jeune âge de libérer l'Inde des anglais sera inébranlable car comme son père et tous les indiens sa vie est faite d'humiliations.

« Comment 10 000 Anglais pouvaient-ils asservir 350 millions d'Indiens ? C'était si injuste ! Presque incroyable, au fond. »

Ce livre narre les étapes décisives de sa vie qui feront de lui l'homme vénéré qu'il deviendra. Pourtant il est passé par bien des épreuves mais il en est toujours sorti plus fort et conforté dans sa volonté de poursuivre un combat non-violent. Désobeissance civile, dépouillement matériel, action collective tous les moyens seront bons.

Chaque étape de sa vie a déterminé ses actions et ses choix.

La mort de son père l'affectera profondément.

Marié tôt ses relations avec sa femme seront parfois conflictuelles mais elles le feront réfléchir.

Il partira en Angleterre, apprendra la langue, deviendra avocat .

Il ira en prison de nombreuses fois en Afrique du Sud et en Inde.

« Quand les soldats vinrent finalement le chercher dans son ashram, il fut surpris que l'évènement ait tant tardé. Il avait déjà été en prison. Il pourrait lire, écrire, réfléchir : rien d'effrayant pour lui tant sa liberté intérieure était grande. Il déclara même à ses geôliers, avec un sourire : « je vais enfin pouvoir dormir ! ».

Une façon de penser qui n'est pas sans me rappeler Madiba (Nelson Mandela) autre prisonnier célèbre en Afrique du Sud, quelques années plus tard.

C'est aussi une vision complète de l'Inde, de son système de castes, de ses religions : hindouisme et islamisme que le Mahatma (Gandhi) fera tout pour garder unies.

« Si les deux communautés religieuses se divisaient, ce serait une catastrophe pour le pays, et les occupants jouaient sur cette mésentente pour continuer à régner ! »

Finalement en 1945, l'Angleterre accepte que l'Inde soit indépendante, c'est ainsi que Gandhi petit homme frêle, aux lunettes rondes, vêtu d'un pagne blanc montra la force de la non-violence.

Il y a bien années, j'ai vu par hasard, Gandhi, un film de Richard Attenborough, interprété par l'admirable Ben Kingsley, ce fut un choc, de ce jour ce petit homme est devenu un de mes héros, un grand homme mais par-dessus tout un exemple à suivre, ce qui m'a incité à de nombreuses lectures sur l'homme et la non-violence.

Lire la biographie de Sylvie Baussier était une évidence. L'auteure nous offre un texte clair, lumineux, des moments décisifs de sa vie à chaque chapitre. Depuis son enfance avec ses questionnements, ses découvertes et cette volonté de rendre son peuple indépendant qui ne faiblira jamais jusqu'à sa fin tragique.

Une lecture qui permettra aux plus jeunes et aux adultes de prendre conscience du pouvoir que nous avons :

« Le pouvoir de choisir.

Le pouvoir de dire non. »

Un livre à lire et à offrir.

Merci aux éditions Scrineo / Destinées

# Gandhilaforcedelanonviolence # NetGalleyFrance

 

 

 

 

Chacun devait à son tour nettoyer les latrines, mais sa femme n'était pas du tout d'accord :
_ Ce n'est pas mon rôle !
Gandhi fronça les sourcils et rétorqua :
_ C'est le rôle de qui alors ?
_ Des intouchables ! Tu le sais bien. C'est comme ça dans la société hindoue.
_ Mais comment veux-tu encourager à l'égalité si nous ne montrons pas l'exemple dans notrez ashram ? Je les nettoie bien, moi, les latrines !
_ Je ne le ferai pas.
Et Kasturba lui tourna le dos, bras croisés sur sa poitrine.

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