Le premier février 1835, les esclaves sont libres. Une liberté qui durera une demi-journée.
En tout et pour tout.
Seul changement : vous ne vous appelez plus esclaves, vous êtes maintenant des zapranti, leur annonce-t-on.
Ne souscris surtout pas aux règles des hommes. Elles ne servent qu'à les rendre plus petits.
Chaque coup de fouet était une manière de perpétuer les crimes du passé, non de les racheter.
La vengeance, je te le dis, et ce sera là peut-être mon unique message, n'a jamais été une consolation ni une réparation. Juste la continuité de ce cycle de violence qui a fait de nous tous, humains, les esclaves de notre nature.
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« Le Vieux Bouc était arrivé sur la propriété Dumontais à l’âge de vingt ans, enchaîné. Il n’en est reparti, libre, que pour rejoindre les montagnes. Entre-temps, il a donné naissance à une légende. »
C’est une bien jolie chronique que nous offre Ananda Devi.
J’aime beaucoup cette écriture empreinte de réalisme magique, d’humanité, parfois un brin triviale et fantaisiste aussi.
Pendant que l’île Maurice se débat pour conserver pouvoir, argent à la fin de l’esclavage, un petit morceau de terre « le Bouchon » deviendra le domaine de deux fratries bien particulières les Dumontais et les Félicité.
Ces derniers vivront d’amour et d’eau fraîche (c’est presque ça) mais ils garderont la mémoire de qui ils sont. Sur des générations ils subiront les tempêtes, la violence mais vivront simplement de ce qu’ils produisent. Quelle sagesse dans ces vies.
C’est l’occasion pour l’auteure d’une grande réflexion sur le métissage, la vengeance, l’esclavage, la transmission et la mémoire.
« Il faut la patience de fourmi du chroniqueur pour reconnaître les évènements qui comptent. Les véritables causes et les véritables conséquences. Ne pas non plus laisser de côté les ombres et les fantômes, qui ont aussi leur rôle à jouer, tu le sais mieux que moi. »
N’hésitez pas partez à la rencontre des habitants du Bouchon et de leur histoire.
Mon deuxième coup de cœur pour Ananda Devi après « Le jour du caméléon ».
Merci aux éditions Grasset.
# ChroniquedunRoyaumeperdu #NetGalleyFrance
Ils ne comprenaient pas la signification ni la beauté des gestes du quotidien, comme autant de veilleuses qu'on allume sans se rendre compte qu'on écarte ainsi, d'un geste magique, le sortilège des ténèbres.
Aucun paradis ne peut exister sans la possibilité de la chute. Le Bouchon le savait.
Eh oui. Petite, l'île, mais tumultueuse, acérée, volcanique. Grande, au fond.
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