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2026-08-11T15:53:29+02:00

Rappelle-moi, ma belle

Publié par Althéa

Je suis happée par le vortex Bogdanoff, et dans ce tourbillon mon besoin d'écrire rejoint celui de mon père : la fiction, pour oublier la douleur.

Dans l'angle de la cave, une porte en bois, jamais ouverte. Le souvenir de sa voix de conteur suinte des murs : « Anna ma belle, si tu ouvres cette porte à une heure bien précise de la nuit... tu te retrouveras alors transportée directement dans l'ancienne cuisine d'Esclignac ! Avec Youra, le cheval à la fenêtre, les carreaux blancs et bleus... On essaiera un jour, tu verras. » Je tourne la poignée de la porte temporelle, un espoir ridicule dans la main.

Je replie le papier où se trouve, tapée à la machine, la violence d'Istenne. Cette lettre atteste de la nature intrusive, aliénante, du lien qui lie Istenne à Maya. Une appartenance des êtres les uns aux autres.

« Je le revois en santiags , mon père, en blouson Avirex, mon père. Je le revois en hors-la-loi, en paysan, en cow-boy, en pilote d’hélicoptère, en prince russe, en escroc, en troubadour, en extraterrestre, en amuseur, en star, en contour. En héros.

Chaque famille a sa legende, entrons dans celle des frères Bogdanoff.

Un livre d’une grande sensibilité, une écriture touchante.

Un récit pudique, sans faux-semblants avec parfois l’impression d’être dans un temps parallèle face à certaines situations.

Des frères Bogdanoff,  je connaissais  leur combinaison blanche « aseptisée », un de leur livre qui m’est tombé des mains je ne suis pas scientifique et ce mariage de rêve à Chambord vu à la télé une nuit d’insomnie.

Les sentiments d’une fille de jumeaux vis-à-vis de cette entité à deux têtes, Igor et Grischka, sont criants de vérité. Je m’y suis retrouvée pour avoir une maman fille de jumelles.

Une famille et une vie dont j’ignorais tout. Quelle surprise ! Des personnages de légende réfugiés dans le futur, le rêve qui laissent de quoi alimenter toute une vie en questions. Mensonge ou vérité !

Finalement je me suis attachée à ces jumeaux, à Igor sa poésie, son univers merveilleux, ses faiblesses, ses secrets, cet homme-enfant.

Je vous conseille de rencontrer Istenne qui suivait ses pulsions en les justifiants d’une grande pureté d’intentions.

Maya, sa fille, partagée entre une mère abusive et ses propres désirs mais qui connaissait si bien ses jumeaux.

Et puis, Youra, le père taiseux, sa fuite de Russie en Espagne pendant la seconde guerre mondiale.

Reste l’histoire familiale reconstituée à travers des correspondances, des histoires, des membres de la famille encore vivants qui se souviennent et par-dessus tout Anna qui restitue ce puzzle avec certains moment de sa vie, à Saint-Lary avec son étrange cour, à Esclignac dans le gers. Plus tard, la petite maison , reproduction à petit échelle de Saint-Lary.

Reconstituer sa famille, démêler le vrai du faux ou pas.

De très belles page sur un père et une famille insaisissable.

« D’après la legende». « Paraît-il ». « Je sens que le romanesque m’emporte , m’écarte d’une certain vérité – qui ne restera jamais que la mienne.»

Au final un coup de cœur pour cette histoire d’Igor écrite avec sensibilité, emotion. Un grand talent de conteur, une plume qui m’a séduite par sa fraîcheur et sa spontanéité.

« Temps de refermer ce robinet de souvenirs, sensations, images qui s’écoulent de la nuit, du jour, d’une rue, d’un regard, d’une odeur, d’un bruissement.»

Sort le 19.08.2026

Merci aux editions JC Lattès

#Rappellemoimabelle #NetGalleyFrance

Je retrouve chez mon père mon effroi pour ce qu'il se passe à l'intérieur de la chair. Le corps contient la première science-fiction. Dans le sens où, malgré la science qui le définit, il comporte un tas de fiction, dans ce qui pourrait lui arriver, et qui serait incompréhensible, intolérable , effrayant, tout autant qu'une attaque soudaine de forme extraterrestre.

Depuis le premier mot de ce livre, toutes les nuits - et parfois le jour - je sens la terreur de trahir, déformer, dérober, piller, déranger, extorquer, soulever, creuser, exhumer, assumer, dire. Pourtant, je continue d'écrire mot après mot, à tâtons, depuis l'intérieur de moi-même. J'écris pour recracher toutes ces terreurs.

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2026-08-06T15:29:50+02:00

Roxanne

Publié par Althéa

Les entrelacs de tiges épineuses
deviennent un labyrinthe
où elle s'imagine minuscule
Sautant de feuille en feuille,
elle rencontre toutes sortes
d'insectes étranges
Puis elle glisse sur les pétales
multicolores au gré de son imagination.
Et dans un coin de son esprit,
une petite voix souffle que même
les plus belles fleurs finissent par faner.

Tous les jours la même partition
monotone.
Roxanne se lève, se lave.

Le riff est là

Le riff s’en va

De grands moments de joie et des manques, des vides que Roxanne tentera de combler avec la drogue.

D’une petite fille affectée par une blessure à la bouche, par la perte de sa maman, à une jeune femme qui trouve grâce à son amour de la musique et de la guitare sa véritable voix, mais aussi la voie à suivre.

C’est un premier roman prometteur de Romain Aguila avec une structure en forme de poème faite de flashback sur différents moments clefs de sa vie. De très beaux passages, des idées originales : La libellule, La mort d’Amy qui nous élèvent.

 Puis du très sombre avec la drogue, cette marque indélébile sur la bouche de Roxanne, Romain Aguila est infirmier et sait mettre les mots justes sur ces situations.        

Petit à petit, la musique sauvera Roxane de l’addiction, donnera un sens à sa vie et lui offrira son riff.

Je n’ai pu m’empêcher de repenser à la chanson de The Police : Roxanne

Roxanne you don’t have to…

Merci aux éditions Buchet.Chastel et à Babelio pour cette masse critique privilégiée.

En librairie le 20.08.2026

« Tu sais, transmettre, c'est parfois plus
difficile que briller... Derrière chaque musicien, il y a un professeur. »

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2026-08-06T08:04:58+02:00

Se souvenir

Publié par Althéa

La chaleur avait été effroyable : à 500 mètres les visages étaient si abîmés qu’on ne pouvait les reconnaître. A un kilomètre, les brûlures atomiques avaient lacéré la peau qui pendait en lambeaux, la colorant en brun-rouge. La première impression n’avait pas été semble-t-il, celle de chaleur, mais la douleur intense suivie d’un froid extrême. La peau soulevée était fragile et s’enlevait facilement. La plupart des victimes mouraient rapidement.

À une distance de un à trois kilomètres, on ne sentait pas tous la chaleur dès l’abord ; la sensation d’extrême chaleur et de douleur ne venait que plus tard, quand après une heure ou plus tard, quand après une heure ou plus, la peau rougissait et se couvrait d’ampoules. Mais les effets ultérieurs de ces brûlures restaient au moment même impossible à prévoir.

Les fragments de bombe variaient en volume : d’une bille à une tête d’enfant. Ils répandaient une lumière d’un blanc verdâtre et tombaient en sifflant, causant des blessures extrêmement sérieuses.

Quant aux cas d’écrasement sous les ruines, de blessures par des débris, de mort par le feu, ils ressemblaient aux cas similaires des raids habituels.

Les radiations produisaient outre une faiblesse générale, la diminution des sécrétions, salivaire, urinaire, etc…

Dans l’abri étroit, morts et blessés étaient étendus côte à côte. Les survivants ne pouvaient faire un mouvement. Quand un patient cessait de gémir, c’est qu’il avait trépassé…

Parce que certains évènements ne doivent pas être oubliés.

Lecture conseillées : Les cloches de Nagasaki Paul Nagaï

                                  Notes de Hiroshima Kenzaburo Oé

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2026-08-02T17:37:45+02:00

La messe n'est pas dite Le sursaut judéo-chrétien

Publié par Althéa

Cette jeunesse occidentale est la première depuis deux mille ans à n'avoir reçu aucun héritage religieux, et quasiment aucun héritage culturel. Elle est comme les premiers chrétiens qui, à Rome, ne connaissaient pas Jésus.

Jésus de Nazareth se situe dans cette lignée prestigieuse de prophètes juifs. Cette chaîne historique fonde ce que Renan a appelé le « judéo-christianisme ». Une évolution lente, mais inexorable, qui transforme un culte avant tout social et politique en une morale individuelle, le Dieu d'un peuple élu en un Dieu de l'humanité, une religion dont les rites extérieurs règlent la vie de la cité en une foi personnelle intérieure.

Un livre intelligent, cultivé qui répond aux questions que nous nous posons.

Bien écrit, clair, forcémment Éric Zemmour est journaliste.

Notre auteur se sert de ses lectures pour démontrer que nos racines sont judéo-chrétiennes nous le savons tous mais de là à l'expliquer.

J'ai apprécié ses arguments et cette manière qu'il a de nous donner envie de prolonger par d'autres lectures, exemple : Chateaubriand, Ernest Renan et de nombreux autres auteurs afin d'approfondir nos connaissances.

Un livre vite lu, compréhensible qui donne une vue d'ensemble passionnante  écrite par un homme qui n'est ni chrétien ni catholique.

C'est Napoléon qui a forgé de toutes pièces un clergé juif hiérarchisé sur le modèle de l'Église. Et c'est le même Napoléon qui a imposé le respect des libertés individuelles dans le fonctionnement communautaire. Ce qui ne signifie pas, bien sûr, qu'ils ont dû se convertir au catholicisme, mais que, dans leur approche de la religion, ils ont dû s'imprégner de cet individualisme moderne, à la fois spiritualiste et intériorisé, qui respecte les choix de chacun dans son approche de Dieu, de la Foi, et de la loi. Mais, en échange, la République française émancipa les Juifs, en fit des citoyens égaux aux autres Français, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Le jeu en valait la chandelle, ont-ils alors estimé.

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2026-07-31T08:18:22+02:00

Une enquête de l'inspecteur Pendergast La cité hantée

Publié par Althéa

Pendergast balaya la pièce des yeux
_ Cet hôtel est l'un des bâtiments les plus remarquables de la partie historique de Savannah. Ce qui n'est pas une gageure, sachant qu'une petite moitié des maisons de la ville font partie de son patrimoine architectural.
Il s'exprimait de façon légèrement pontifiante et Coldmoon ne l'avait jamais vu mieux dans son élément qu'au cœur de ce bastion du Vieux Sud. L'expression comme un porc dans une flaque de merde lui vint spontanément à l'esprit.

J'ai aussi lu, il y a quelques temps, en 2024, La cité hantée que je n'ai pas autant aimée.

J'y ai retrouvé Pendergast, Constance et  Coldmoon. Il y est question de vampires, d'une étrange femme et de son incroyable révélation.

Pendergast est plutôt absent sauf à la fin où il se livrera à un combat très spécial. Le fantastique n'est jamis bien loin avec notre inspecteur.

Un épisode qui éclaircit certains points mais qui n'est pas à la hauteur des trois autres romans que j'ai lus.

a manque de rythmes et de rebondissements, j'étais déçue mais j'ai bien fait de lire Le cabinet des curiosités.

Les auteurs ont eu un petit coup de mou.

Et comme j'ai l'habitude de le dire : lisez-le et faites-vous votre propre opinion.

Gannon, horrifiée, comprit qu'il ne s'agissait pas d'un effet spécial mis au point par Betts. Ce truc était vivant. Pavel reculait toujours.
_ Putain, murmura Gannon. Putain de merde...Sur son moniteur comme pétrifié, Moller se reprit brusquement. Elle le vit lâcher son appareil, les yeux exorbités, et , et pousser un hurlement étranglé qui déchira l'air méphitique du boyau. Il voulut s'enfuir, mais ses chaussures prisonnières de la boue le gênaient et il s'écroula, aussitôt rejoint par l'horrible créature. Betts, quelques pas derrière Moller, se retourna avant de perdre l'équilibre et de tomber à son tour en poussant un grognement digne d'une truie apeurée. Pavel fit volte-face et prit ses jambes à son cou, empêtré dans le harnais de sa Steadicam.

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