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2026-04-04T13:36:51+02:00

Taras Boulba

Publié par Althéa

Nous ne troublerons pas l'âme du lecteur par le tableau de tortures infernales dont la seule pensée ferait dresser les cheveux sur la tête. C'était le produit de temps grossiers et barbares, alors que l'homme menait encore une vie sanglante, consacrée aux exploits guerriers, et qu'il y avait endurci toute son âme sans nulle idée d'humanité. En vain quelques hommes isolés, faisant exception à leur siècle, se montraient les adversaires de ces horribles coutumes ; en vain le roi et plusieurs chevaliers d'intelligence et de cœur représentaient qu'une semblable cruauté dans les châtiments ne servait qu'à enflammer la vengeance de la nation cosaque.

Pour poursuivre ma découverte de la littérature Russe, je me suis plongée dans la lecture de Taras Boulba de Nicolaï Gogol. C'est un texte violent et sans états d'âmes, les cosaques sont avant tout des guerriers, l'esprit de corps règne.
 

J'y ai découvert toute une organisation et une façon de penser qu'il m'a été difficile d'admettre mais autre temps, autres mœurs. J'ai été sidérée par cet homme qui fier de ses fils part avec eux rejoindre les troupes cosaques. Voir la malice qu'il met à créer une opportunité pour ses fils de combattre, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. L'un d'eux commettra une faute et mourra de bien triste façon. Quand à l'autre, son triste destin ne provoquera qu'un surplus de haine des polonais, une envie d'en découdre et un désir de vengeance qui mènera Tarass à sa propre perte, jamais il ne se sentira coupable de tout ce gâchis.
 

J'ai bien aimé la plume de Gogol et ses descriptions, par contre je ne me suis pas attachée à ses personnages, j'ai tendance à penser que par son style l'auteur voulait surtout nous montrer des guerriers purs et durs qui font ce qu'ils ont à faire : se battre sans se poser de questions.

 

À cette heure, Balaban inclina sa tête, sentant les poignantes approches de la mort, et dit d'une voix faible :
"Il me semble, seigneurs frères, que je meurs, d'une bonne mort. J'en ai sabré sept, j'en ai traversé neufs de ma lance, j'en ai suffisamment écrasé sous les pieds de mon cheval, et je ne sais combien j'en ai atteint de mes balles. Fleurisse donc éternellement la terre russe !"
Et son âme s'envola.

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2026-04-01T10:10:01+02:00

De le dignité des pauvres et des devoirs des riches

Publié par Althéa

Vous raconterai-je ici tous les maux que ce maudit désir des richesses a apportés au genre humain ? les fraudes, les voleries, les usures, les injustices, les oppressions, les inimitiés, les parjures, les perfidies, c'est le désir des richesses qui les a ordinairement amenés sur la terre. Aussi l'Apôtre a-t-il raison de dire, que « le désir des richesses est la racine de tous les maux :» Radix omnium malorum est cupiditas.

Les mauvais riches sont des « pauvres intérieurs (...) toujours avides, toujours affamés dans la profusion et dans l'excès même ». Dans leur âme et dans celle de leurs imitateurs, « où la raison a perdu l'empire, où les lois n'ont plus de vigueur, l'ambition, l'avarice, la délicatesse, toutes les passions, troupe mutine et emportée, font repartir de toutes parts un cri séditieux, où l'on n'entend que ces mots : "Apporte, apporte"». Toute sa vie, l'homme cupide a dit en son cœur : «Je suis : il n'y a que moi ; toute cette multitude, ce des têtes de nul prix, et, comme on parle, des gens de néant.«À l'approche de la mort, il sera seul et sans secours face à son propre néant.

Attention petit bijou, madeleine de Proust.

Jacques Bégnine Bossuet met beaucoup  de malice dans ses sermons. Il interpelle :

Ô pauvres ! que vous êtes riches ! mais ô riches ! que vous êtes pauvres !

Il intrigue, il inquiète :

Voici, messieurs, un grand spectacle : venez considérer les saints anges dans la chambre d’un mauvais riche mourant.

Bien sûr, ce texte date d’une époque, le dix-septième siècle, où l’homme croyait en Dieu et en la justice divine mais où, déjà, certains cherchaient à s’en émanciper.

Bossuet a écrit de nombreux sermons et prêchait à la cour. C’était la conscience des grands, il les ramenait sur terre leur montrant la vacuité de la richesse utilisée à mauvais escient au fil de ses deux sermons et de son panégyrique sur Saint François d’Assise.

Il se sert de textes de Tertullien, d’arguments tirés de la bible pour que les riches aident les pauvres.

Il (Dieu) a voulu que vous eussiez l’honneur de faire vivre vos semblables.

Eloquence, effet de manche, argumentation, ses sermons ont tout de plaidoyers. C’est du grand art. Le texte est très agréable à lire mais je n’en attendais pas moins après avoir lu « Les oraisons funèbres » qui remet les hommes même les plus grands à leur juste place.

Avant le texte, une préface d’une soixantaine de pages, d’Alain Supiot de connaître les différentes théories sur la pauvreté à travers les âges.

 Las, les siècles ont passé, ce qui est dit sur les pauvres et les riches est toujours d’actualité même si la loi divine et la mort sont de plus en plus rejetées de nos jours, à de rares exceptions.

Un texte à lire absolument, tant pour le fond que pour la forme.



 

L'orgueil, comme vous savez, chrétiens, a cela de propre, qu'il prend son accroissement de lui-même, si petits que puissent être ses commencements, parce qu'il enchérit toujours sur ces premières complaisances par ses flatteuses réflexions.

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2026-03-30T11:35:33+02:00

L'Odyssée du Veneur : Le Chant de l'Eveil

Publié par Althéa

Quand les ingénieurs de la flotte et l'amirauté découvrirent ce changement majeur à la structure technologique de l'armature, ils restèrent circonspects. La présence du dragon, alimentant le vaisseau avec son énergie onirique, était bien au-delà de tout ce qu’ils n’avaient jamais rencontré. Plutôt que de mettre le navire en cale sèche, et constatant qu'aucun des experts dépêchés pour résoudre l'énigme qui permettrait de transformer cette situation grotesque en une arme secrète exploitable pour l'ensemble de la flotte, l'amirauté décida d'une solution radicale.

François Vanhille introduit une nouvelle approche de la locomotion et une alternative à la guerre.

Fan de science-fiction, de Star Trek (une de mes séries culte) ou juste curieux voici une façon originale de résoudre de nombreux problèmes  grâce à un dragon endormi. La rêveuse impénitente que je suis à beaucoup aimé cet usage de l’énergie onirique dégagée.

Face aux Scarsses, la situation est compliquée mais ce n’est pas pour décourager un équipage plein d’astuces et de créativité.

C’est une bien jolie façon d’inciter un peuple opprimé à prendre en main sa destinée et de lui adjoindre un personnage hors du commun : rien moins que Don Quichotte.

Le texte est court et rythmé, chaque chapitre commence avec une carte du tarot qui ne manquent pas d’importance. Un bon space opéra, des personnages bien campés, on en redemande. Faites-vous plaisir.

Merci pour ce SP via Simplementpro.

Nous étions capables de littéralement voir où naissaient les inspirations artistiques et scientifiques, simultanément à plusieurs endroits du globe terrestre. C'est fascinant ! Un individu saisi d'une soudaine inspiration pour une invention technologique ou une œuvre susceptible de toucher l'âme de tout un pays a souvent cette inspiration au même moment qu'un ou plusieurs autres, à différents lieux de la planète. C'est ainsi que nous est venue l'idée que plutôt qu'agir et intervenir physiquement, il nous était possible d'inspirer les bons choix à cette civilisation, de manière à ce qu'elle s'extirpe des manigances des Scarsses."

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2026-03-25T13:47:15+01:00

Écris-le ou Les mémoires du maître du monde

Publié par Althéa

Mon visage typiquement chinois pourrait vous amener à me juger plutôt ordinaire, excepté mon énigmatique regard filtrant au travers de lunettes rondes cerclées d'or. Beaucoup ont qualifié ce dernier d'insoutenable et d'animal. Peut-être parce qu'il reflète tous mes crimes et qu'il entraîne ses observateurs dans la spirale de mon caractère implacable...

J'ai ainsi prêté le serment traditionnel d'engagement à l'égard de la triade, mentionnant à plusieurs reprises la mort par cinq cents coups de foudre en cas de parjure. Puis, j'ai scellé ma promesse de fidélité par quelques gouttes de mon propre sang. Wen, bien qu'impressionné, m'a imité. À mes yeux, cet engagement n'avait guère de valeur. Toutefois, la notion d'honneur qu'il revêtait aux yeux des témoins présents me plaisait, car je pensais qu'elle contribuerait à me faire respecter.

Dès les premières pages, j’ai eu du mal avec le narrateur Xiong Xuang, chef de la Griffe d’Or qui nous raconte sa pitoyable existence.

Un homme avide, qui veut toujours plus, plus d’argent, plus de pouvoir, qui écrase les autres, qui vit dans la méfiance et est prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut. Un pauvre type à mes yeux.

Pourtant au fil de ma lecture, j’ai découvert une faille, son amour des animaux (les crocodiles et un cheval), cette infime part d’humanité ou de lumière qui l’habite apportant une infime note d'espoir.

À l’heure où il écrit les remords, la honte, la solitude et un vide incommensurable le ronge. Il va petit à petit nous amener à découvrir les raisons ou plutôt les êtres qui ont modifié sa vie.

C’est un récit où tout est très bien décrit les lieux, les personnages, le monde des affaires avec d’un côté la triade et de l’autre un empire high-tech à la tête du progrès qui lui permet d’avoir un temps d’avance et une emprise sur tous ces proches à l’exception de Bornéo, le fils adoptif de son jumeau.

J’ai beaucoup aimé le revirement de situation qui se produit après une longue suite de méfaits et de meurtres. Ainsi va débuter un cheminement haletant pour Xiong Xiang ainsi que la lectrice.

De grands mercis à Philomène Frébault pour ce SP via Simplementpro.

Le jiāo lóng, véritable symbole de mon désir de conquête, est un dragon chinois emblématique de la mer et des inondations. J’avais le dessein d’inonder la Chine, et plus largement la planète, de mon matériel informatique novateur pour mieux asservir ses habitants et développer mon hégémonie. Je souhaitais reconquérir la Chine continentale, et, par-delà l’empire du Milieu, gagner le monde entier.
Mais avant tout, j’ai adopté le terme jiāo 蛟 comme appellation de ma société parce qu’il faisait également référence au crocodile

Tu n’es qu’une injure vivante, rien de plus qu’une pièce rapportée, sans rien dans la cervelle ni dans les tripes ! J’ai, avec mon frère, fait de toi l’héritier le plus riche du monde, mais je peux également refaire de toi le néant absolu ! Sache bien une chose : si tu n’acceptes pas mes agissements, tu seras mon ennemi ! Et comme tous, tu seras écrasé ! »
Mon discours marquait le début de la terrible tombée en disgrâce de Bornéo.

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2026-03-23T09:15:54+01:00

La guérisseuse de Catane

Publié par Althéa

C'était en l'an 1302.
Catane était la plus belle des villes. Populeuse. Gargouillante. Remplie de juifs, de musulmans, d'Arabes, de chrétiens. Personne ne parlait qu'une seule langue, tout le monde se débrouillait un peu dans tous les dialectes. On se comprenait en souriant, en aimant, en haïssant. En invectivant ou en priant le Dieu des autres.

J'étais citoyenne, mais aussi étrangère. J'avais un nom, mais personne ne voulait le prononcer.
J'étais peut-être de l'espèce invisible des prophètes qui, comme Jérémie hurlaient que nous sommes tous couverts du sang de l'enfant ?
Non, je n'étais qu'une femme. Race de rejetés, de licornes, de monstres.

 

Bien que romancée voici l’histoire de la doctoresse Virdimura, la première femme à se voir accorder la licentia curandi

Entre loi du cœur et loi du pouvoir et de l’argent, quatre médecins iront jusqu’au bout de leur amour des autres et de leur curiosité pour la médecine malgré les coups du destin dont ils sont les proies, ils ne failliront pas. J’ai adoré ces personnages.

Le 14ème siècle à Catane (Sicile) est une époque de misère, d’ignorance, de superstitions et de préjugés et Simona Lo Iacono a su en faire sa toile de fond. Les détails ne manquent pas. La plume est addictive.

Ce n’est pas un coup de cœur pour moi parce que trop de misère et de haine fini pas rendre les lectures éprouvantes et fatiguantes. Hélas !

 Un grand bravo à ces belles personnes : Virdimura, Urìa, Pasquale et Josef de Medico dont notre monde aurait tant besoin ! Des êtres que rien ne dévie de leur chemin si ce n’est la mort.

« La médecine ne requiert pas du talent.

Seulement du courage. »

Merci aux éditions Métailié

#LaguérisseusedeCatane # NetGalleyFrance

Pour la troisième fois, ma maison avait été détruite. Pour la troisième fois, je vis combien est fragile notre passage dans le monde.
Je ne me troublais pas. J'étais habituée aux retournements imprévus, aux mutations d'époques. Je savais que Dieu se laisse découvrir seulement par celui qui traverse plusieurs fois la mort.

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