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litterature francaise

2025-10-06T09:08:20+02:00

La nuit du cœur

Publié par Althéa

J'ai faim de légèreté, sans doute parce que je vis sur un astre dont la densité d'indifférence de jour en jour s'accroît.

Un arbre s'est arraché un bras pour donner une porte à l'abbatiale. Une montagne ou une carrière ont donné des vertèbres pour que naissent les piliers. Le sable des rivières s'est dépouillé de sa blondeur pour colorer les murs. Des abeilles ont travaillé sans salaire pour qu'il y ait des bougies. La grâce est le fruit de milliers d'effacements.

Dans la clarté lunaire, entourée d’anges, assise sur une étoile, j’ai lu La nuit du cœur.

C’est une nuit lumineuse, un passage vers un univers parallèle.

Une prose douce, légère, un brin de fantaisie

Une promenade entre passé et présent

Un hommage aux bâtisseurs du XI ème siècle qui se laissaient guider, suivaient leur cœur.

C’est une approche de notre monde auquel il manque une dimension.

Lire Christian Bobin c’est être en apesanteur, s’élever, atteindre le merveilleux.

A lire absolument.

Les troubadouurs étaient ces guerriers qui avaient pour armure un poème. J'ai pris leur armure, j'ai adopté leur chant. C'est très simple, la morale des troubadours. Il suffit d'aimer et de mourir dans son amour inaccessible. Des christs à cheval, avec les pierres très nues des chapelles pour tombeau et pour livre.

Un pélerin, c'est quelqu'un qui tire son diable sur les chemins pour le faire maigrir.

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2025-08-28T13:29:16+02:00

Le bruit du rêve contre la vitre

Publié par Althéa

«Je ne sais pas si tu es un polyamoureux mais ce qui est sûr, c'est que tu es un mono-connard !».

Le père fabriquait les pipes, la mère s'occupait des finitions et les enfants qui grandissaient dans l'échoppe, tenaient la caisse En ce temps-là, si la vie était plus rude, elle était aussi plus simple : l'école permettait d'apprendre à lire et à compter mais c'est dans l'atelier qu'on découvrait la vie qui nous attendait, patiente, comme une chatte devant le trou d'une souris, certaine que sa proie ne pourrait lui échapper. À quinze ans, on savait confectionner une pipe en intégralité. Les dix années suivantes étaient consacrées au perfectionnement du geste puis les parents mouraient et, à son tour, on prenait la place qui nous revenait naturellement depuis toujours dans l'ordre des choses.

Un recueil de nouvelles, qui raconte le confinement et ceux qui l’ont vécu.

Je l’ai lu en prenant mon temps, en savourant cette écriture fluide, toute en finesse et rafraichissante.

J’ai beaucoup aimé, je me suis même amusée et puis quel talent !

Toutes les nouvelles montrent différentes facettes et nous touchent ou pas. On y voit des êtres perdus, en quête de sens, de reconnaissance, chacun essaie de tirer son épingle du jeu mais on voit aussi que « chassez le naturel, il revient au galop » et nos petits travers sont bien présents. Le confinement passé, ce sera un retour aux habitudes pour beaucoup.

Solitude, apparence, fantaisie, routine, de nombreux thèmes traités avec humour, ironie, cynisme et bienveillance.

Mes préférées :

Les murs porteurs

Le chemin de l’école

Le bruit du rêve contre la vitre

Sauvage

Marée noire

M’ont amusée :

Intégration

Fashion faux pas

Fermentation lente

Je n’ai pas aimé :

Verre solitaire

Axel Sénéquier est un auteur éclectique au style contemporain, aux expressions bien loin des clichés mais si justes et belles. Des dialogues avec des mots du quotidien, d’une grande modernité, Axel Sénéquier a un grand talent d’observateur de la nature humaine. Dans un tout autre registre, j’ai lu « Décrochez les étoiles : Une invitation à se lancer et vivre ses rêves ».

Je ne peux que remercier l’auteur pour un excellent service de presse.

 

« Vous êtes en détresse respiratoire, m'a dit le médecin pendant qu'on me poussait dans le véhicule. Il faut vous transférer d'urgence à l'hôpital. »
J'eu la sensation d'être une baguette qu'on enfournait.

« Pour un relooking, lui avait-il demandé, qu'est-ce que vous me conseilleriez de changer ? La technique d'approche ou le sourire ?
_ Je ne m'occupe que des vêtements.
_ Les vêtements sont du papier cadeau. Chez vous ils mettent en valeur, chez moi ils cachent la misère.
_ Vous n'avez pas l'air particulièrement dans la misère.» Elle avait esquissé un sourire. « Et le plaisir du papier cadeau, c'est qu'on le déchire... »

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2025-08-04T18:48:39+02:00

L'homme qui rit

Publié par Althéa

Être aveugle et amoureux, c'est être deux fois aveugle.

C'était cette minute d'anxiété préalable où il semble que les éléments vont devenir des personnes, et qu'on va assister à la transfiguration mystérieuse du vent en aquilon. La mer va être Océan, les forces vont révéler volontés, ce qu'on prend pour une chose est une âme. On va le voir. De là l'horreur. L'âme de l'homme redoute cette confrontation avec l'âme de la nature.

Éblouie, émerveillée mais aussi touchée car ayant lu quelques biographies de l'auteur, j’y ai vu plus qu’un roman.

Le 31 août 1881, Victor Hugo rédigea d’une main ferme son testament :

« Dieu. L’âme. La responsabilité. Cette triple notion suffit à l’homme. Elle m’a suffi. C’est la religion vraie. J’ai vécu en elle. Je meurs en elle. Vérité, lumière, justice, conscience, c’est Dieu. Deus, dies. »

Olympio ou La vie de Victor Hugo André Maurois

J’ai lu ce roman et du début à la fin, j’ai vu l’accord entre l’homme et l’écrivain. Sa vie, ses pensées, ses idéaux politiques mais aussi sa dualité, les deuils ainsi qu’un formidable témoignage.

Tout commence avec l’incroyable histoire des comprachicos, de la tempête et de cet enfant de dix ans Gwynplaine abandonné, perdu dans la neige en pleine nuit et je n’ai pu m’empêcher de penser à Cosette apeurée allant chercher l’eau du puits.

C’est une œuvre de maturité où nous découvrons les aristocrates, le parlement, les lois, le peuple anglais, la misère, l’injustice juste un aperçu sans commentaire sans jugement.

« Accuser est inutile. Constater suffit. »

C’est aussi la vie d’Ursus et d’Homo (clin d’œil de l’auteur) qui se sont exilés de Londres et de la folie des hommes. Ursus serait un Gwynplaine âgé, désillusionné, sage et pourtant il commettra une erreur fatale.

Gwynplaine parce qu’il n’avait rien à perdre a sauvé un bébé Déa dont la mère est morte dans la tempête. Pureté des sentiments, innocence, Déa, aveugle, ne sent que l’âme des autres. Tous deux s’aiment tendrement.

«Ils se suffisaient, ils n’imaginaient rien au-delà d’eux-mêmes ; se parler était un délice, s’approcher était une béatitude ; à force d’intuition réciproque, ils en étaient venus à l’unité de rêverie ; ils pensaient à deux la même pensée. »

Gwynplaine connaîtra la richesse, le pouvoir mais sa seule ambition sera d’aider les plus faibles, il y voit sa destinée.

« Je suis prédestiné ! J’ai une mission. Je serai le lord des pauvres. Je parlerai pour tous les taciturnes désespérés. Je traduirai les bégaiements. Je traduirai les grondements, les hurlements, les murmures, la rumeur des foules, les plaintes mal prononcées, les voix inintelligibles, et tous ces cris de bêtes qu’à force d’ignorance et de souffrance on fait pousser aux hommes. Le bruit des hommes est inarticulé comme le bruit du vent ; ils crient. Mais on ne les comprend pas, crier ainsi équivaut à se taire est leur désarmement. Désarmement forcé qui réclame le secours. Moi, je serai le Verbe du Peuple. Grâce à moi, on comprendra. Je serai la bouche sanglante dont le bâillon est arraché. Je dirai tout. Ce sera grand. »

De très beaux passages : n’est pas Victor Hugo qui veut. L’auteur s'est énormément documenté.

La fin de ce livre m’a laissé sans voix, sans mots, tant ce livre est mêlé à sa vie. Je percevais Victor Hugo et sa vie, son œuvre derrière chaque mot. J’y ai vu ses doutes quant à son engagement politique qui lui a couté l’exil et une vie familiale perturbée. Et par-dessus tout j’y ai vu cet hommage à Léopoldine, son ange, et à son gendre partis trop tôt.

_ Le roucoulement est pour les jeunes et le gémissement pour les vieux. Hélas ! Je gémis.
Éaque répliqua :
_ Soyez averti de ceci : si un malade est soigné par vous, et s'il meurt, vous serez puni de mort.
Ursus hasarda une question.
_ Et s'il guérit ?
_ En ce cas là, répondit le docteur, adoucissant sa voix, vous serez puni de mort.
_ C'est peu varié, dit Ursus.
Le docteur reprit :
_ S'il y a mort, on punit l'ânerie. S'il y a guérison, on punit l'outrecuidance. La potence dans les deux cas.
_ J'ignorais ce détail, murmura Ursus. Je vous remercie de me renseigner. On ne connaît pas toutes les beautés de la législation.

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2025-07-15T14:50:56+02:00

Frumentarius : Tome 3 : Le glaive de César

Publié par Althéa

En observant une carte de la province, j'évaluais qu'il me faudrait au moins trois jours avec un bon cheval pour rejoindre Londinium et au moins six de plus pour rallier Eburacum et autant pour atteindre Coriosopitum, au pied du mur d'Hadrien. Enfin, après une halte afin de me préparer, je traverserais les portes et m'engagerais sur les terres des Calédoniens, ces barbares tatoués de pigments bleus...
En toute sincérité, je dois reconnaître que la perspective de faire face à ces guerriers du Nord ne m'enchantait guère...

 

De Rome… et de Britannia …

Quintus Lupus, mon espion romain préféré est chargé de franchir le mur d’Hadrien et de récupérer l’épée de César dont l’acier provient de l’arme de son plus grand ennemi.

Une mission qui ne l’enchante guère car le Septentrion ce sont les barbares, l’humidité, le froid et un Sol qui brille par son absence.

Ainsi commence le long voyage sans entrain de notre frumentarius qui ressent une certaine lassitude après différentes missions (forts divertissantes pour la lectrice). Il commence à vieillir et souhaite s’occuper de son fils Caïus qu’il ne voit que trop peu.

Cet aventure est une occasion de découvrir de nouvelles contrées, d’autres cultures et un peuple rude et frustre comme sa terre.

Si nous sommes ce que notre environnement fait de nous,  je dois dire qu’entre Mare Nostrum et Britannia, les deux peuples n’ont rien à s’envier quand il s’agit de barbarie : match nul.

Être un espion au service de Rome et de l’empereur n’empêche pas Quintus d’avoir un sens critique bien acéré et de se forger un certain code moral car l’empire romain n’est plus ce qu’il était. Commode ne fait pas l’unanimité chez les frumentarii.

Nous retrouvons aussi notre jeune universitaire Emilio toujours passionné par les aventures de son lointain aïeul, il devra faire face à la jalousie qu’engendre son succès mais aussi à la nouvelle déconcertante de sa petite amie.

Encore un très bon opus, avec les locutions latines expliquées, deux cartes permettent de trouver son chemin.

Au final,  Alex Speri nous fait remonter le temps mais on s’aperçoit que rien n’est bien différent de nos jours. Y aura-t-il un prochain opus ? Certaines allusions le laissent entendre.

Encore un excellent moment de lecture !

Merci pour ce service de presse via Simplementpro.

Régulièrement, lorsque je m'apprêtais à embarquer pour un voyage sur les flots, je visitais le temple de Neptune et priais le Seigneur des Mers pour la bonne santé de ses créatures.

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2025-06-30T19:13:40+02:00

Berezina

Publié par Althéa

Fous de souffrance, décharnés, gelés, mangés de vermine, ils allaient devant eux, des champs couverts de morts vers d'autres champs de linceuls. Chaque pas arraché constituait le salut en même temps que la perte. Ils marchaient et ils étaient maudits;

...

Fallait-il que Napoléon irradiât d'une force galvanique pour que ces hommes ne lui tiennent pas rancune de leur infortune et , mieux ! perdent toute amertume à son apparition !

Ils furent les grands martyrs de la Retraite. On les creva sous les charges, on les écorcha vifs, ... Personne n'a célébré la souffrance des chevaux de 1812 à la juste hauteur de leurs souffrance.
...S'il y a une innocence fauchée par la guerre, c'est bien celle des animaux : ils se seraient passés de la violence des hommes.
...Pourquoi m'avez-vous conduit ici ? Vous autres, Hommes, avez failli, car aucune de vos guerres n'est celle des bêtes. Les français possédaient près de cent cinquante mille bêtes en commençant la guerre : cent mille chevaux de trait et quarante-cinq milles montures. Les Russes en disposaient d'à peu près autant . Sur ces trois cent mille bêtes, deux cent mille moururent pendant les six mois de campagne.

Il y a ceux qui reconstituent les batailles de l'Empereur avec des soldats de plomb. Et puis il y a Sylvain Tesson qui à bord d'une Oural, aux mêmes dates, nous fait suivre la route empruntée par la grande armée.
L'auteur nous emmène sur son side-car et nous fait découvrir à l'aide de nombreux documents, le trajet suivi pour revenir en France, la description des lieux et les réflexions qu'imposent le retour sur ces hauts lieux chargés d'histoire sont émouvants, tant de détresse, de souffrances humaines et animales. Sylvain Tesson cherche d'une certaine façon des raisons pour cette guerre, ces hommes qui suivaient l'Empereur de campagnes en campagnes. A la page 203, il nous dit : " L'Empereur avait réussi une entreprise de propagande exceptionnelle. Il avait imposé son rêve par le verbe. Sa vision s'était incarnée. La France, l'Empire et lui-même étaient devenus l'objet d'un désir, d'un fantasme. Il avait réussi à étourdir les hommes, à les enthousiasmer, puis à les associer tous à son projet : du plus modeste des conscrits au mieux né des aristocrates." Les français avaient fait un rêve qui s'achevait avec la Bérézina.
C'est un livre que j'ai énormément apprécié pour les connaissances qu'il m'a apporté et puis qui n'aurait pas envie de faire la route sur une Oural, cheveux aux vents, sur les traces de l'auteur. Je me dois aussi de remercier une e amie, sans ses critiques de Sylvain Tesson, je n'aurais peut-être pas rencontré cet auteur auquel je laisse le mot de la fin :
"Qui était Napoléon ? Un rêveur éveillé qui avait cru que la vie ne suffisait pas. Qu'était l'histoire ? Un rêve effacé, d'aucune utilité pour notre présent trop petit."

_ Nous nous contenterons de répéter l'itinéraire de la Retraite.
_ En mesurant au plus profond de nous..
_ ... la charge de malheur...
_ ... la somme de souffrances...
_ ... ce que coûte en chagrin un songe de grandeur.
_ ... et ce qu'il faut de larmes pour réformer le monde.

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