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2025-04-14T14:39:16+02:00

Everglades

Publié par Althéa

Les détenus avaient commis des crimes suffisants pour mériter d'être isolés de la société, et le principe qui les avait poussés à faire ce qu'ils avaient fait était toujours en eux. Ils étaient venus avec les ténèbres, et celles-ci imprégnaient l'atmosphère de leur noirceur contagieuse. HS était une casserole sur le feu qui, d'un instant à l'autre, pouvait déborder.

Un roman qui remue et qui interroge.

Entre tuer ou exécuter.

Entre morale et éthique. L'univers carcéral, sa noirceur et parfois cette étincelle d'humanité vus par R. J. Ellory.

Garett Nelson blessé lors d'une fusillade a perdu son poste d'adjoint du shérif. C'est un solitaire, un homme hanté par le suicide de son père. Sa rencontre avec Hannah, kinésithérapeute, lui ouvrira la possibilité d'un poste de gardien pénitentiaire par l'entremise de son père.

Il va découvrir les différents quartiers :   , haute sécurité et ses monstres qui n'ont plus rien à perdre (car enfermés à vie) et le couloir de la mort. Il va se retrouver enfermé comme les prisonniers.

C'est un univers lourd oppressant, où il faut toujours avoir des yeux dans le dos et où l'on finit par soupçonner tout le monde dedans comme dehors.

L'instinct policier de Garett, épris de vérité et de justice ne tardera pas à faire surface. Novice et respectueux des lois, il obéira aux ordres malgré ses profondes convictions. Tout ceci mènera à une émeute, une chasse à l'homme dans les Everglades et la cavale meurtrière qui suivra et prendra des proportions incroyables.

En parallèle, il y a son amour pour Hannah et sa folle idée d'avoir un enfant dans un monde pareil. Et puis survient ce jeune condamné à mort si différent, qu'il croit innocent et tout va changer. 

Un monde bien sombre mais quelques bouffées d'espoir et surtout la fin surprenante que j'avais vu venir mais qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout.

Décidemment R. J. Ellory est un auteur qui ne me déçoit jamais.

Un grand merci aux éditions Sonatine pour la confiance qu'elles m'accordent. Cet avis n'engage que moi.

# Everglades # NetGalleyFrance

 

 

 

 

 

Rien de mieux pour dissuader un type de s'évader, dit Frank. La nature est plus difficile à surmonter que toute installation humaine. Bien sûr, on a plus que ce qu'il faut de clôtures, de fil barbelé et de portails, mais ici un homme seul peut pas faire un kilomètre sans se faire dévorer par un alligator. Et s'il tombe pas sur des alligators ou sur des crocodiles, il y a des tas de crotales, de diamantins, de mocassins d'eau ou à tête cuivrée, et de serpents à sonnette.

Du même auteur, j'ai lu :

Une saison pour les ombres

Le carnaval des ombres

Il me reste de nombreux bons moments à passer avec lui car il a écrit une quarantaine de roman et le courant passe (sans vouloir faire de mauvais jeux de mots après cette lecture).

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2025-04-12T09:43:27+02:00

Croix de cendre

Publié par Althéa

Laudes

Languedoc. Monastère de Verfeil. 11 février 1367

_ On se gèle les couilles, frère Antonin.
_ Ce ne sont pas des paroles de moine.
_ Ce ne sont pas les paroles qui font le moine, mais la vérité... et la vérité c'est qu'on se gèle les couilles.
_ Il fait effectivement très froid.
_ « Effectivement très froid...» C'est sûr, on n'a pas été élevés dans les mêmes étables, frère Antonin. Maudit froid d'Anglais.
_ Je dirais plutôt « froid de Franciscain ».
_ Ces merdeux.
Arrête, Robert.
_ Heureusement, Dieu les protège pas plus que nous et donne bonne récompense à leurs leçons de misère. Hiver maudit mais juste, on dit qu'ils crèvent comme des sauterelles, sous la bénédiction de leur chère mère nature, cette cargne...

« ….  Je te porterai comme une croix de cendre,

Une croix de vent et de néant.

Je te porterai au cœur même de ma fin, dans ma nuit,

Au point où défaite de matière et de temps

Ne subsistera de moi que la longue étreinte de ta grâce.

Et au cœur même de cette étreinte,

Le secret de ton amour et de mon éternité :

Le long désir. »

 

 Tout commence par la discussion de deux jeunes moines, qui laisse paraître une certaine animosité entre les différents ordres.

Le prieur Guillaume sentant sa mort venir à décidé d’écrire ses mémoires et de raconter les années qu’il a passé auprès de Maître Eckhart. C’est ainsi que nous allons connaître les aventures des chiens de Dieu (des dominicains) moines prêcheurs qui empruntaient la route de la soie.

A partir de ce moment une incroyable aventure nous attend qui se terminera par un bras de fer entre le prieur et un inquisiteur. Les personnages se dévoileront petit à petit.

Un Moyen-âge qui porte les stigmates de la peste, où sévit la lèpre. Différents ordres viennent en aide aux miséreux et parmi eux les fameux béguinages qui suscitent beaucoup d’animosité.

Des êtres mystiques d’une grande spiritualité comme Maître Eckart et quelques autres seront la proie des médisances et des membres de l’inquisition.

Des hommes bons seront persécutés, acculés, sombreront dans la folie ou commettront l’irréparable.

Haine, ambition, cruauté, abus de pouvoir, vengeance mais aussi loyauté tissent une œuvre romanesque de grande qualité.

Un suspense qui va crescendo et une atmosphère envoutante qui m’ont laissée scotchée au livre.

Une trame toute à la fois romanesque et historique qui nous réserve de grands moments. Je ne connaissais pas Antoine Sénanque mais quel auteur ! Quelle érudition !

Un roman à lire et à offrir assurément.

Merci aux éditions Grasset.

#Croixdecendre #NetGalleyFrance

Le plomb, c'est l'homme misérable que nous sommes lorsque nous vivons selon les désirs terrestres. L'or, c'est l'homme spirituel, enrichi de Dieu. Et la pierre philosophale qui transforme l'un en l'autre s'appelle le détachement. Lorsque tu auras abandonné la volonté d'obtenir quelque chose , tu auras gravi la première marche du détachement.

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2025-04-09T10:39:47+02:00

Dernière lutte avant l'aube

Publié par Althéa

J'ai eu le privilège d'aborder les rives lointaines du Dratoun par une volonté de la providence - ou de quelque chose qui y ressemble : si le hasard ne m'avait pas fait croiser la route du capitain Ha Ha et de la bande de ruffians dépenaillés qu'il avait embarquée sur son fameux cargo, le Hourra, je n'aurais jamais atteint ces parages et ma vie aurait été bien différente. Maintenant que tout est achevé et que j'entreprends l'écriture de mes souvenirs, je me demande si cela n'aurait pas mieux valu, en fin de compte ; il est des destins qu'il faudrait pouvoir révoquer si le choix nous en était donné.

Aventure et amitié sont au rendez-vous avec cette superbe quête.

Ce roman est un hommage à ces lectures qui nous élèvent. Qui n'a pas eu envie de partir sur les traces d'un aventurier, d'un explorateur. De découvrir une cité perdue ou un trésor perdu depuis des siècles.

Parfois il suffit d'une rencontre pour que la vie change de sens. Lorsque Sophie, sa jeune sœur et le narrateur croisent la route de Mathilde, leur soif d'aventure les poussera à la suivre à la recherche du Dratoun. 

 Le hasard les mènera vers le capitaine Ha Ha et son étrange équipage.

Si la lecture de Pindare a motivée Mathilde à trouver la mer de toutes les mers, la mer de tous les possibles. Le Capitaine Haha et son cargo le Hourra, quant à eux naviguent à la poursuite de la lance de Don Quichotte. Ils feront un bout de chemin ensemble.

Une quête qui nous fera prendre de nombreuses routes et nous tiendra en haleine jusqu'au bout. La fin est abrupte et très symbolique. Mais au final qu'est ce qui importe le plus : les pérégrinations et les obstacles affrontés ou le but à atteindre.

je viens de découvrir Patrice Franceschi avec Lettre à la petite fille qui vient de naître. J'avais aimé le style, les réflexions et j'ai décidé de poursuivre la découverte de cet auteur. Je ne suis pas du tout décue avec cet autre texte. C'est à la fois poétique, mystérieux, captivant.

Merci aux éditions Grasset. Cet avis n'engage que moi.

# Dernièrelutteavantlaube #NetGalleyFrance

 

 

Ce fut une période heureuse ; nous étions là où nous avions toujours rêvé d'être, sur l'immensité de l'océan où rien de mal ne peut vous atteindre, et nous nous sentions hors du monde, comme suspendus dans le temps.

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2025-04-05T19:48:57+02:00

TIOHTIÀ:KE

Publié par Althéa

Dix ans de réclusion, voilà le prix de sa liberté selon les Blancs. Pour les Innus, c'est le banissement à vie de sa communauté. Une sentence définitive. Jugé coupable du meurtre de son père, il ne pourra jamais retourner chez lui.

J’avais très envie de lire ce roman et puis avec l’interview de Michel Jean sur Babelio c’est devenu une évidence. Partir à la rencontre des peuples autochtones, de leurs histoires, de Montréal et plus particulièrement du Square Cabot et de ses sans-abris. Ce sont les ombres de Montréal, ignorées des citadins.

Tiohtià:ke c’est l’histoire d’Élie qui a purgé une peine de dix ans de prison pour le meurtre de son père et est banni à vie de sa tribu. Il a peur du monstre en lui et cache son secret, au gré de ses rencontres et avec un coup de pouce du destin nous découvrirons une belle personne.

Michel Jean raconte l’histoire de ces peuples du Canada, on leur a pris leur terre, leurs enfants, on a tué leurs chiens (ça je l’ignorais) pourtant ils sont toujours là, se reconstruisent, réapprennent leur mode de vie ancestral, font face à l’alcoolisme, aux piqueries et au racisme.

Dans Tiohtià:ke, ils n’ont rien mais sont là les uns pour les autres, et c’est peut-être le plus important cette entraide.

C’est aussi un rapport à la nature omniprésent :

« Du gris et du bleu. Du roc et de l’eau. Entre les deux, là où le continent s’arrête, vivent six cents âmes dans un décor dantesque.

Démesurée, la nature déconcerte ceux qui viennent du sud. L’horizon prend de la distance, impose un silence à la fois beau et terrifiant. »

Et puis c’est l’écriture de Michel Jean empreinte de poésie, qui témoigne d’une dure réalité mais est porteuse d’espoir.

Merci aux éditions Seuil et à sa collection Voix Autochtones pour ce coup de cœur.

#Tiohtià:ke # NetGalleyFrance   

Plus l'hiver avance, plus le temps semble ralentir dans la rue. Quand le jour se lève enfin, la température ne monte pas. Élie a connu le froid dans le bois. Moins trente même. Mais en ville, l'air glacial s'insinue sous les vêtements les plus chauds et s'amuse à ronger les humains.
Marcher dans Montréal leur permet de se réchauffer, mais ils se résignent à chercher un abri plus sûr que leurs tentes. Tous les refuges sont pleins. L'humidité transperce les os, bleuit les chairs. Élie sent la peur le gagner. A-t-il passé au travers de tout ce qu'il a vécu pour mourir de froid dans une ville insensible ?

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2025-04-03T09:00:10+02:00

La saison des papillons noirs

Publié par Althéa

Deux jeunes hommes en uniforme descendent le cercueil dans la fosse. Sa petite taille a quelque chose d'obscène. Le bois est mince et pâle, et les nœuds suintent encore de sève. Quelque chose remue en Zora. Comme un grand effondrement mouillé. Attendez, a-t-elle envie de dire, il n'y a pas de prêtre, pas de sermon. Ça va trop vite. Elle est convaincue qu'il y a erreur. Certaine que s'ils remontent le cercueil et ouvrent le couvercle, Una sera là, la poitrine soulevée par un souffle, les yeux brillants.

La saison des papillons noirs est une chronique de la vie des habitants d'un immeuble alors que le siège de Sarajevo débute avec la guerre pour toile de fond.

Soudain des snipers tirent sur les passants, des obus ouvrent les immeubles. Au fur et à mesure la guerre s'installe. 

La vie continue, l'improbable c'est produit pour cette ville cosmopolite où tous vivaient en harmonie. 

" Sarajevo est un modèle de tolérance. Zora ne peut pas croire que les combats se prolongent, que le véritable esprit de la ville ne va pas se relever et triompher. "

Petit à petit, le téléphone , l'électricité, l'eau vont être coupés. Il n'y aura plus d'argent et plus de travail pour certains. La ville est assiégée la nourriture manque. Les conditions de vie sont sont de plus en plus difficiles.

" L'appartement se replie sur lui-même, songe Zora tandis que chaque soir elle se rapproche un peu plus du poêle. Son logement est peu à peu conquis, une pièce après l'autre, par la glace, le vent et la neige. Par le dehors. Par la guerre. "

Pourtant il y a des moments fugaces qui réunissent les habitants : le partage des aliments qui décongèlent, un anniversaire, le retour impromptu de l'électricité, des petits riens qui ramènent à la normalité le temps de quelques heures. Quelques amourettes s'ébauchent.

" Mirsad accueille chacun avec un bol de soupe. Quelqu'un monte le volume de la musique, et les bavardages et les rires s'intensifient aussi. Chaque fois qu'une explosion résonne à proximité, tout le monde hausse encore la voix."

Mais il y a aussi ce jeune homme qui se cache pour ne pas se battre et tuer des amis, cette petite fille qui paiera cher sa petite escapade. Et par-dessus tout l'incendie de la bibliothèque où tout le monde se précipite pour sauver ce qui peut l'être malgré les bombardements.

" On y est allés sans hésiter. Tu avais déjà entendu parler d'une chose pareille ? Une chaîne humaine pour sauver des livres. Un moment d'unité, de résistance. "

Priscilla Morris a choisi de rester floue sur les causes de la guerre ainsi que sur le destin des habitants de l'immeuble. Nous partageons juste quelques mois de la vie de Zora, Samir, Mirsad, Una et les autres.... Une vision de ce que subisse les populations victimes innocentes de la guerre.

Merci aux éditions Phébus et à Babelio pour cette masse critique privilégiée.

 

Samir secoue la tête, furieux.
_ Ça ne sert à rien, tu sais. Ils ont des armes, mais pas assez d'hommes. Nous on a les effectifs mais pas les armes. Un point partout, la balle au centre. Le problème, c'est ce foutu embargo. À quoi ils pensaient, à l'ouest, quand ils ont reconu la souveraineté de la Bosnie tout en nous privant des moyens de nous défendre ? On n'arrivera jamais à se libérer.

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